Paris hausse le ton : Sharon persona non grata en France





Paris a marqué son irritation à l’égard du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, en indiquant qu’il n’était pas le bienvenu en France. Sharon a, pour sa part, tenté d’apaiser la tension. Le Quotidien-Agences L'actuelle tension entre la France et l'Etat hébreu marque un nouvel épisode des relations difficiles de Paris avec Sharon, dont les méthodes privilégiant la force à l'égard des Palestiniens sont jugées inopérantes par les responsables français. La Présidence française a annoncé avant-hier que Sharon ne serait pas le bienvenu en France tant qu'il n'aura pas expliqué son récent appel aux juifs français à immigrer rapidement vers Israël pour fuir ce qu'il considère comme un antisémitisme "déchaîné". "Je ne vais pas faire une polémique sur un projet de visite, mais il y a un malentendu sérieux", a reconnu hier le ministre français des Affaires Etrangères Michel Barnier. Il a également tenu à faire une claire différence entre Sharon, promoteur d'une politique de confrontation avec les Palestiniens, et "le peuple ami" d'Israël avec lequel Paris veut préserver des liens étroits. La veille, les responsables israéliens avaient également choisi de minimiser l'incident, assurant que l'appel de Sharon n'était que l'expression d'une position de principe selon laquelle la patrie des juifs du monde entier est en Israël. L'appel de Sharon, fait devant des représentants de la communauté juive américaine, où la perception d'une France antisémite est largement répandue, a provoqué une indignation unanime en France parmi les responsables politiques, les organisations juives et la presse. Ce regain de tension intervient après de sérieuses mises en garde israéliennes au lendemain de la récente visite de Barnier au président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat. Le 29 juin, à Ramallah, où il avait rencontré Arafat, Barnier avait qualifié d'"indigne" le siège qui lui est imposé par Israël depuis décembre 2001. Pour Paris, Arafat reste le représentant élu du peuple palestinien et s'interdire tout dialogue avec lui est contre-productif. Toutefois, comme l'a rappelé Barnier hier, Paris continue d'insister auprès de l'Autorité palestinienne pour qu'elle remette de l'ordre dans sa gestion, qui est accusée de népotisme et corruption, et s'engage à assurer la sécurité d'Israël. "Il faut que Yasser Arafat prenne les bonnes décisions pour rétablir une situation normale" a-t-il indiqué rappelant que "la France ne transigera jamais sur la sécurité d'Israël". * Désamorcer la crise Pour sa part, le Premier ministre a tenté de désamorcer la crise avec Paris. "Il n'y a pas de crise entre les deux pays, mais plutôt un malentendu culturel qu'il faut s'efforcer de dissiper en se donnant le temps de la réflexion", a affirmé un porte-parole du gouvernement israélien Avi Pazner. "Pour nous, l'appel du Premier ministre aux juifs du monde entier et pas seulement de France constitue un des fondements idéologiques de l'Etat d'Israël, alors que les Français y voient autre chose", a ajouté Pazner, ancien ambassadeur d'Israël à Paris. "Le Premier ministre n'avait aucune intention de blesser qui que ce soit, il a d'ailleurs rendu hommage à l'action ferme menée par le président Jacques Chirac contre l'antisémitisme", a-t-il poursuivi. A propos d'une éventuelle visite de Sharon en France, Pazner a indiqué que des contacts avaient été pris "au début de l'année lors du séjour du président israélien Moshé Katzav à Paris, mais ces discussions ont été interrompues ces dernières semaines et aucune date n'a été fixée".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com