Jean-Jacques Tizié : «Le championnat tunisien motive les gardiens africains»





Le dernier rempart sang et or, Jean-Jacques Tizié, le meilleur à son poste dans notre compétition, analyse ci-après la situation actuelle de l’Espérance, revient sur la victoire obtenue en Ligue des Champions à Pretoria et présente avec lucidité le rendez-vous de ce samedi avec Jeanne d’Arc. * L’Espérance vient d'entamer de belle manière la Ligue des Champions en ramenant une victoire de Pretoria. Que retenez-vous aujourd’hui de cette conquête ? - J’estime que nous venons de réaliser une très bonne affaire dans la mesure où l’adversaire sud-africain est robuste et coriace. Mais notre expérience des grands rendez-vous nous a permis d’avoir le dernier mot et je suis pleinement satisfait. * Maintenant, vous vous apprêtez à rencontrer le club sénégalais de Jeanne d’Arc. Vous attendez-vous à une rude opposition de sa part ? - Certainement. Le football sénégalais est connu pour ses qualités physiques. Ses joueurs sont forts dans les duels et ils sont très combatifs. A nous de savoir rivaliser avec eux et les surprendre dans d’autres aspects du jeu. * Estimez-vous qu’aujourd’hui l’Espérance est assez bien armée pour réussir cette édition ? - Je crois que notre équipe est capable de s’en sortir sans dégâts. On continue toujours à chercher la bonne formule et j’espère que d’ici les derniers tours on arrivera à nous tirer d’affaire. * Ceux qui ont suivi le match de Pretoria ont remarqué une certaine hésitation au niveau de l’axe central de la défense. Cela n’inquiète-t-il pas à quelques jours du second rendez-vous ? - Il faut bien se rendre à l’évidence. On ne remplace pas facilement un défenseur de la trempe de Jaïdi. Chaâbani ou Azaïez sont de bons joueurs, mais ils manquent de compétition et ils ont besoin de compétition pour progresser. * Après deux saisons à l’Espérance couronnées par deux titres de champions, gardez-vous la même envie de gagner ? - Absolument, je suis un vrai gagneur. Il est vrai que, sur le terrain, les gens ne le remarquent pas car je donne l’impression d’être très calme mais croyez-moi, je cache ma joie, question de donner un certain équilibre et de permettre aux jeunes euphoriques de se reconcentrer sur le jeu au plus vite. * Où réside, d’après vous, l’importance de ce match face à Jeanne d’Arc ? - Comme les deux clubs ont gagné lors de la première journée, j’estime que le vainqueur se détachera à la tête du groupe B et j’espère que ce sera l’Espérance. On prendra ainsi une option sur la qualification et on pourra gérer tranquillement notre avance lors des prochaines journées. * Jouer à Sfax, après avoir reçu vos adversaires à Monastir crée-t-il en vous un sentiment particulier ? - Non. Seul le cadre va changer. Nous serons toujours en Tunisie et je suis certains que tous les Tunisiens sont solidaires. Et les Sfaxiens, comme les Monastiriens, vont nous soutenir. * Après Tizié à l’Espérance et Austin à l’Etoile, voilà le Ghanéen Adjei au Club Africain. Comment jugez-vous ce nouveau phénomène dans le championnat tunisien et ne pensez-vous pas que ce recours aux gardiens étrangers est de nature à bloquer les jeunes keepers locaux ? - D’abord, si les grands gardiens d’Afrique acceptent de venir ici, c’est parce qu’ils sont convaincus que le championnat tunisien est d’un bon niveau. Ils peuvent ainsi progresser et viser plus haut, à savoir une expérience en Europe. Cela dit, si les responsables des clubs font appel à nos services, c’est parce qu’ils cherchent à obtenir des résultats et c’est logique, mais il ne faut pas oublier qu’en Tunisie, il y a de bons gardiens qui ont tout l’avenir devant eux. Ils ont seulement besoin de compétition pour progresser. * D’aucuns estiment que vous vous ennuyez parfois dans la cage et que vous n’êtes pas très sollicité, ce qui rend votre tâche plus aisée. Qu’en pensez-vous ? - Au contraire, un gardien doit être toujours concentré sur son sujet, sinon il peut être surpris. Mais cette impression d’aisance, je la dois à ma bonne lecture du jeu et c’est ce qui me permet souvent de faire le geste qu’il faut. Et puis, le rôle du gardien ne s’arrête pas là. Il est appelé à diriger sa défense, à corriger le placement de ses équipiers. Et les jeunes défenseurs qui œuvrent avec moi à l’Espérance tels que Bhaïri ou Yaken, ont besoin d’être bien orientés. Propos recueillis par Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com