Autorité palestinienne : Le chaos





Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï était de nouveau sur la sellette au parlement après une fusillade qui a pris pour cible un ancien ministre à Ramallah et l’enlèvement d’un responsable, nouvelle illustration du chaos qui s'installe peu à peu dans les territoires palestiniens. Un comité représentatif au sein du Conseil législatif palestinien a appelé à la création d'un nouveau gouvernement suite à la démission de Qoreï, qui n'a toujours pas été acceptée par le leader palestinien Yasser Arafat. Le Quotidien-Agences Le comité, dirigé par le député Marouan Kanafani, a demandé au président de l'Autorité palestinienne d'accepter cette démission et la formation d'un nouveau gouvernement, apprend-on de source parlementaire. Le comité a accusé, dans un rapport, le gouvernement Qoreï d'avoir failli dans sa tâche sécuritaire, avant tout dans la Bande de Gaza, seul territoire où l'Autorité palestinienne exerce encore un contrôle, l'armée israélienne ayant pratiquement réoccupé toute la Cisjordanie. * Agression La dégradation de la situation sécuritaire et le risque d'anarchie interne ont encore été illustrés avant-hier soir par une agression armée contre un ancien ministre l'une des rares personnalités palestiniennes à critiquer ouvertement depuis deux ans Yasser Arafat. L'ancien ministre de l'Information Nabil Amr a été blessé de plusieurs balles à la jambe par un tireur palestinien à Ramallah. C'est la première fois qu'une personnalité d'un tel rang est blessée dans le cadre des conflits internes palestiniens de ces derniers jours. Amr était ministre dans le gouvernement de Mahmoud Abbas, auquel a succédé en novembre 2003 le gouvernement actuellement dirigé par Ahmad Qoreï qui a présenté sa démission samedi à Yasser Arafat "en raison du chaos" régnant dans les territoires. Il y a un an, des Palestiniens avaient déjà tiré sur la maison de Amr, après que celui-ci eut sévèrement critiqué la façon dont Arafat gérait les affaires. Amr est aujourd'hui député au Parlement palestinien, où il siège pour le Fatah, le mouvement de Arafat. "Cette tentative d'assassinat ne me fera pas taire", a déclaré Amr, qui a affirmé ignorer qui en voulait à sa vie. Qoreï a dénoncé une "lâche agression" qui, selon lui, traduit la "grave crise sécuritaire au sein de la société palestinienne et sa direction". Le président Arafat a ordonné quant à lui l'ouverture d'une enquête. En outre, un responsable palestinien local a été enlevé par des hommes masqués armés hier à Nabouls, dans le nord de la Cisjordanie, ont indiqué des sources sécuritaires palestiniens. Le responsable a ensuite été libéré. Qoreï a refusé mardi de retirer sa démission mais reste à son poste dans la mesure où Arafat a refusé d'accepter son départ. * Réactions immédiates Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a demandé avant hier au président Arafat de donner le "vrai pouvoir" à son Premier ministre afin que celui-ci puisse faire progresser la +Feuille de route+, le dernier plan de paix international pour régler le conflit du Proche-Orient. Dans le même sens, le Haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne Javier Solana a recommandé à Arafat d'accorder plus de pouvoirs en matière de sécurité et d'économie à son Premier ministre. De son coté, le Chef suprême du Mouvement palestinien Hamas Khaled Mechaal, basé à Damas, a appelé, hier, le dirigeant palestinien et l’ancien Premier ministre à mettre fin au chaos sécuritaire actuel, apprend-on auprès de Hamas. Par ailleurs, l’Egypte a affirmé que le Premier ministre palestinien devait avoir un rôle accru dans la supervision de la police palestinienne «parallèle à celui de Yasser Arafat». ________________ * Arafat s’engage à consolider l’unité nationale Le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat s’est engagé hier à poursuivre ses efforts pour consolider l’unité palestinienne, dans une intervention téléphonique retransmise devant des milliers de ses partisans rassemblés dans un camp de réfugiés du Liban Sud. Arafat a renouvelé son engagement à “préserver le droit au retour des réfugiés palestiniens disséminés de par le monde”. “Nous continuerons à lutter pour la réalisation de l'Etat souverain et libre et à défendre notre terre”, a ajouté Arafat sous les acclamations de la foule qui scandait “Nous sommes tes hommes, Arafat”, “par notre âme et par notre sang, nous te défendrons”.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com