Ligne de séparation : Sharon défie l’ONU





Israël était déterminé hier à poursuivre la construction de la ligne de séparation en Cisjordanie, malgré le vote à une écrasante majorité de l'Assemblée générale de l'ONU contre ce "mur". Les Palestiniens ont au contraire salué une "résolution historique" et réclamé des sanctions internationales contre Israël s'il refuse de s'y plier. Le Quotidien-Agences "La résolution adoptée par l'Onu vise à nous priver du bouclier que constitue cette clôture de sécurité sans nous offrir une protection alternative contre le terrorisme" palestinien, a déclaré Dore Gold, un conseiller diplomatique du Premier ministre Ariel Sharon. "Nous avons tout le droit de nous défendre et sommes bien décidés à construire cette ligne", a-t-il ajouté. Qualifiée de "mur de l'apartheid" par les Palestiniens, de "clôture de sécurité" par Israël, la ligne, dont 196 km ont été achevés, doit être longue de 730 km une fois finie. Elle s'enfonce en Cisjordanie occupée. Le ministère israélien des Affaires étrangères s'est déclaré quant à lui "particulièrement déçu" par la position européenne à l'Onu estimant quelle "faisait planer un doute quant à la possibilité de l'Union européenne de faire avancer" le processus de paix au Proche Orient. L'ambassadeur israélien à l'Onu Dan Gillerman a fustigé lui le "soutien honteux" de l'UE et particulièrement de la France à la résolution des Nations unies. * Décision historique En revanche, le ministre palestinien chargé des Négociations Saëb Erakat a estimé qu'il "ne s'agit pas seulement d'une décision historique mais de la décision la plus importante pour la cause palestinienne depuis 1947". Il faisait référence à la résolution du Partage de l'Onu du 29 novembre 1947 créant un Etat juif aux côtés d'un Etat arabe palestinien, rejetée à l'époque par les Palestiniens et les pays arabes. "Nous demandons à la communauté internationale d'imposer des sanctions à Israël s'il ne se plie pas à la loi internationale", a renchéri le principal conseiller de Arafat, Nabil Abou Roudeina. L'Assemblée générale de l'Onu a infligé avant-hier un désaveu cuisant, mais de portée symbolique à Israël, en adoptant à une écrasante majorité une résolution exigeant que l'Etat hébreu démantèle la barrière controversée qu'il construit actuellement en Cisjordanie, conformément à l'avis de la Cour Internationale de Justice (CIJ). Lorsque l'Assemblée générale avait saisi le 8 décembre la CIJ de la ligne de séparation, les pays européens s'étaient abstenus. La résolution, présentée par un groupe de pays majoritairement arabes ou musulmans, a été adoptée par 150 voix contre 6 et 10 abstentions. Outre Israël, les Etats-Unis et l'Australie ont voté contre. L'UE a voté unanimement en faveur du texte. _______________ * Mesures nécessaires L’Egypte a estimé que l’ONU devait prendre les mesures nécessaires pour un démantèlement futur de la barrière de séparation érigée par Israël en Cisjordanie, après le vote par l’Assemblée générale. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboulgheïth a déclaré que «la résolution de l’AG offre l’occasion à l’ONU de prévoir à terme des mesures le démantèlement» de la barrière de séparation. Il a qualifié d’ «illégitime» cet ouvrage et appelé «tous les pays à ne pas reconnaître la situation illégitime qui résulte de la construction de ce mur».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com