Souk Sidi Bou-Mendil : Plage et mariage en vedette





Quand on évoque le commerce parallèle, nombreux sont ceux qui tiquent. Ils n’ont pas digéré son émergence dans le circuit économique du pays. Par contre d’autres y trouvent un grand intérêt. Le souk de Sidi “Bou-Mendil” en est la meilleure illustration. Reportage Tunis - Le Quotidien Pour ceux qui cherchent à comprendre le principe macro-économique du “dumping” qui fait les beaux jours des économies de quelques pays asiatiques, cela ne vaut aucunement la peine de faire le voyage à l’autre bout du monde. Il suffit simplement d’aller faire un tout petit tour du côté du fameux souk de Sidi Bou-Mendil. Dans cette rue étroite constellée de boutiques très particulières reliant la place de “Cheikh El Mizouli” à celle de “Bab El Jazira”, le visiteur risque facilement de se laisser convaincre qu’il a atterri sur quelque îlot situé du côté de Hong-Kong, Singapour ou en Chine, du fait que tout ce qui y est exposé ou presque porte le label de l’un de ces pays. A vrai dire le visiteur des lieux, soit-il le plus hostile à ce qui est communément appelé commerce parallèle ou anarchique, aura à faire de grands efforts pour résister à l’attraction des prix proposés mais aussi à la grande variété des marchandises. * Place à l’ordre Sur la longueur de ce souk les habitués des lieux auront vite fait de remarquer que l’anarchie qui caractérisait auparavant cet endroit a cédé la place à l’ordre. Les commerces à l’étalage qui investissaient les deux côtés de la rue et même les voies réservées aux piétons ont en effet disparu de la circulation. Une aubaine pour les commerçants qui tiennent boutique sur rue et qui semblent s’adapter à cette nouvelle donne en faisant preuve d’un sens de l’organisation qui se développe de plus en plus, même si cela s’oppose à première vue avec la nature de leur commerce qui repose sur la quantité. * Electronique et plage A l’instar des grands espaces du commerce moderne, les marchands de Sidi Bou-Mendil versent dans la spécialisation. Ainsi on trouve que chacun a choisi un domaine spécifique de commerce. Les uns vendent tout ce que les Hong-Kongais inventent dans le domaine de l’électronique bon marché. Des téléviseurs de nombreuses marques à des prix ne dépassant pas les trois cents dinars, des récepteurs numériques, des lecteurs de CD et DVD à cinquante dinars, des camescopes, des ventilateurs... Autant d’articles qui suscitent la curiosité de bon nombre de clients. Pour d’autres marchands, saison des mariages oblige, l’accent est mis sur les petits articles de décoration, des bouquets de fleurs en plastique, des accessoires de cuisine et des articles de maquillage. Le tout proposé à des prix très alléchants mais dont on ignore l’origine. Outre les articles de mariage, certains commerçants ont encombré leur boutiques de marchandises 100% plage: des parasols à 5 dinars l’unité, des glacières, des jouets... Et pour boucler la boucle, les invétérés de la trempette disposent d’une panoplie de choix de maillots de bain pour les deux sexes. Dans ce volet, justement les Chinois ne manquent pas d’imagination pour nous faire parvenir quelques collections pratiques pour les vacances sur la plage. Pour les prix, toujours la même logique: le bradage. Enfin disons que si le commerce parallèle est une technique pour attirer le client en cassant les prix, la formule adoptée par les commerçants de Sidi Bou-Mendil semble prendre une dimension encore plus intelligente: inonder l’espace en produits en vue d’inciter les visiteurs à acheter. Les prix alléchants feront le reste et viendront à bout des éventuels “récalcitrants”. H.G


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com