Les jeunes et la réussite professionnelle : L’ordre des priorités chambardé





L’école est le chemin classique pour réussir dans la vie. Du moins c’est ce que pense la majorité de nos concitoyens. Mais il est des jeunes qui préfèrent flâner dans leur existence et emprunter un chemin autre que celui de l’école. Ils y voient un moyen autrement plus efficace, plus rapide et plus rentable pour accéder à la réussite. Tunis - Le Quotidien Les études supérieures sont importantes pour presque tous les parents qui passent des années à imaginer leur progéniture accéder à des hauts postes de responsabilités. Ces mêmes parents attendent tous avec impatience le moment où ils peuvent accrocher au mur le diplôme de cet enfant qui a réussi et prouver ainsi à tout le monde que leurs efforts ont été bien récompensés. Pourtant, les diplômes n’ont plus aujourd’hui la valeur qu’ils avaient auparavant. C’est du moins ce que pensent plusieurs jeunes diplômés. Les temps ont changé et la réussite professionnelle ne se décline plus seulement en termes de parchemins universitaires. Cependant les filles s’accrochent plus aux études. Ayant reçu une éducation dans ce sens, elles s’efforcent d’arriver au terme de leur cursus et rentrer avec un diplôme. Mais elles restent quand même lucides. “Mais ce n’est pas le garant de la réussite” remarque Souheïla Chammam. C’est vrai qu’elle est allée jusqu’au bout de ses études de marketing. “Mais depuis un an et demi, je moisis à la maison sans regretter cependant d’avoir terminé mes études”. Avec son diplôme en poche, Souheïla pense qu’elle a plus de chances de décrocher un travail que si elle n’en avait pas. “En plus, j’ai pu faire plaisir à ma mère”. Abondant dans le même sens, Houda El Farah est aussi attachée aux diplômes universitaires. Partageant l’avis de son père qui considère que le savoir est sacré, cette jeune maîtrisarde en gestion va s’inscrire en masters. “Je veux avoir le maximum de diplômes. C’est une réussite inégalable pour moi. Ensuite, peu importe ce qui se passera”. Le provisoire qui dure La gent masculine a, quant à elle une autre attitude à l’égard des diplômes. Pour les jeunes gens, il n’est pas évident que le diplôme constitue une clé de la réussite. D’après Jawher Abdelkarim “C’est plutôt une question d’expérience”. En effet, Jawher est diplômé en commerce international, spécialité censée être prisée. Mais pourtant il n’a pas encore trouvé un emploi à sa mesure. Il a décidé de suivre une formation en informatique afin de meubler son temps. “Même avec cette formation, je nage dans du provisoire et je ne sais pas ce qui va arriver”. Jawher estime que la réussite ne passe pas du tout par les diplômes. “C’est insuffisant!”. Dans les sociétés ou les entreprises qui recrutent, l’expérience est exigée “sans compter les petits coups de piston”, souligne-t-il. Dans ce cas, “tant mieux pour celui qui a un métier qui lui permette de monter un petit projet”. N’empêche que sans diplômes, ce n’est pas rose non plus. Mais que faire ? Les jeunes essaient tant bien que mal de composer avec ces difficultés. Moadh Zaghden est en chômage. Technicien Supérieur en Gestion, il n’arrive toujours pas à dénicher un boulot. C’est pourquoi la réussite pour lui est en rapport avec “la personnalité, la compétence, la chance, la culture et d’autres facteurs en sus du diplôme”. A son avis, il fût un temps où avoir son bac est une réalisation hors pair qui mérite de chaleureux éloges. Actuellement, ce n’est plus le cas et la réussite dans les études n’est plus monnaie rare. Moadh pense par aileurs que l’éducation est contraignante dans le déroulement ultérieur de la vie. “On a évolué dans des familles très conservatrices qui imposent plusieurs limites. Après avoir grandi dans un tel environnement, la société nous impose à son tour d’autres valeurs et d’autres principes qui handicapent le succès”. Quant à Sameh Torkhani, il trouve que dans la vie, diplômes ou absence de diplômes, cela ne veut rien dire. Après avoir obtenu un diplôme en prothèse dentaire, il a pu dénicher un travail dans un laboratoire. Par contre, il a des amis, diplômés aussi, qui cherchent encore du boulot. Aujourd’hui donc, le diplôme et les études ont perdu de leur aura aux yeux de plusieurs jeunes. Seules, les filles résistent encore à la tentation de prendre un autre chemin en dehors du cursus universitaire. Car, dans d’autres cas, de nombreux jeunes investissent dans leur intelligence et leur rouerie et semblent bien réussir. M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com