Alya Belaïd : Les ailes du désir





Pour son premier gala individuel sur la scène du théâtre de Carthage, devant un public assez hétéroclite mais acquis, Alya Belaïd n’a pas démérité. Alya Belaïd appréhendait ce rendez-vous. Elle parut même un peu nerveuse, intimidée, en proie au trac avant de se libérer progressivement de ses appréhensions et d’entrer en communion totale avec les spectateurs. Au fil des chansons qu’elle égrenait presque religieusement, elle prit de l’assurance et sa voix devint juste, généreuse, amicale... Celle qui a été toujours considérée comme une interprète assez moyenne, voire une chanteuse de seconde catégorie, a su se bonifier, gagner en expérience et en aisance, au point de s’imposer désormais comme l’une des valeurs sûres de la chanson tunisienne actuelle. Son gala de jeudi dernier a marqué la fin d’une époque d’apprentissage et de quête de soi et la naissance d’une grande chanteuse dont le répertoire déjà assez riche, le style typé et authentique et la voix à la fois puissante et satinée sont autant d’atouts sur la voie d’un succès renouvelé. Alya Belaïd qui s’est refait une beauté en subissant quelques opérations de chirurgie esthétique (toutes les stars y ont recours aujourd’hui) était rayonnante de charme et de bonheur. On sentait pousser en elle des ailes... Qu’elle chante des pots-pourris d’Oum Kalthoum, des «mawawil» tunisiens ou ses propres chansons (environ une dizaine) en majorité composées par Adel Bondka, la chanteuse montre une maîtrise vocale et une rigueur de tempo qui n’empêchent pas quelques envolées, improvisations, digressions portées par un feeling de diva. Voilà qui nous change un peu des stars de pacotille que le festival de Carthage est en train de nous fourguer par fournées entières. Commentaire d’un spectateur : «Quand on a la chance d’avoir des interprètes de cette envergure, je ne comprends pas pourquoi on va chercher des pseudo stars ailleurs». Zohra ABID ________________ * Anecdotes à la Pelle - Que de cigarettes grillées ! Alya Belaïd doit ce succès en premier lieu à son mari Chakib Abid qui ne cesse d’être derrière elle. Chapeau pour la communication. Ce médecin de formation est très sensible, il avait les nerfs à fleur de peau. Les cigarettes qu’il a brûlées ce dernier jeudi soir ne se comptent plus. - Les fleurs de l’amitié Alya peut compter aussi (et comment !) sur l’amitié. Najet Attia, Olfa Ben Romdhane, Lamia Riahi, Chokri Omar Hannachi, Houcine Ifrit, Hassen Dahmani, Aïda Boubaker (Aïdouda) entre autres ont répondu à l’invitation et ont tout fait pour la soutenir. Hassen Dahmani l’a secourue d’un mouchoir pour qu’elle essuie la sueur qui la trempait au début du gala. Omar Chokri Hannachi qui croit fermement aux capacités vocales de sa collègue a longuement dansé au rythme d’une tabla qui a accompagné la chanteuse. - Dépité ! Moncef Mezghani, le parolier d’une des chansons de Alya «Ana ma echtaquit» était vexé et pour cause : Alya a remercié tous ceux qui ont collaboré pour la réussite de son spectacle mais elle a oublié de citer le nom du directeur de la Maison de Poésie. - Chance manifeste toi ! Le voyant Charni n’est pas passé inaperçu. Chakib Abid, le mari de la vedette de la soirée est allé jusqu’aux gradins pour le saluer chaleureusement. - Les oiseaux du paradis Les petits de plusieurs colonies de vacances notamment de Sfax étaient heureux d’assister au spectacle. Ils ont rempli pas mal de places sur les gradins pour écouter bien sagement. - Des doigts de fée La magnifique tenue que portait Alya Belaïd toute en paillettes a fasciné tous les présents. C’était un genre de «fouta et blousa» de chez nous, mais généreusement brodée par une note très moderne. Bravo pour les mains de fée qui l’ont confectionnée. Z.A.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com