Animation : La balade des gens heureux





Pas l’ombre d’un véhicule. Il y a eu de l’air frais, de la musique, de la danse au cœur de la capitale. Pourvu que ça dure! Au bonheur du piéton et de la ville qui respirent… Dans le cadre de l’animation de la Ville de Tunis et en partenariat avec une entreprise industrielle privée, la mairie de la capitale a décidé de fermer le 25 juillet (jour de la Fête de la République) une bonne partie de l’avenue Habib Bourguiba à la circulation des voitures. 16h00 pile, toutes les voies adjacentes à la grande artère, de la Fontaine jusqu’à la statue Ibn Khaldoun se ferment par des balises rouges et blanches en plastique. Il n’y a plus l’ombre d’une voiture. Seul le métro serpente paisiblement. La chaussée brille de propreté au grand bonheur des piétons qui se pavanent comme des rois. Les uns viennent du côté du TGM, le teint fraîchement bronzé après une heureuse baignade ou une épanouissante promenade. Les autres sont sortis de chez eux pour prendre un peu d’air. Ils étaient en solo, en couple ou en bande de copains. L’avenue était offerte calme pour eux et rien que pour eux. Il n’y avait ni le bruit assourdissant d’un klaxon, ni les gaz polluants qui se dégagent habituellement des tuyaux d’échappement des voitures, ni un brin d’énervement. 19 heures moins quinze minutes, devant le Théâtre Municipal, il y a eu foule. Et pour cause: il s’agit d’une première. La première promotion de l’Ecole Nationale du cirque qui a vu le jour en 2003, a investi la chaussée pour donner un spectacle haut en couleur. Ils étaient dans l’espace comme des oiseaux, des filles et garçons, habillés de blanc, rouge, noir ou jaune. Ils ont impressionné les passants qui ont essaimé spontanément sur la place, les admirant dans leurs jongleries (massues, balles), acrobaties (tissu, trapèze), dans des figures de danse d’une grande habilité et une grande aisance. Il y a eu aussi un fond musical qui a accompagné délicieusement ces différents tableaux. «On a repris la musique de Hamadi Ben Othman dans les pièces de «Dahdah» et de «Rajel ou mar’a», raconte Mohamed Driss, le directeur général du Théâtre National qui s’apprête à prendre ses vacances le mois d’août. Ces élèves qui ont brillé ce soir devant des spectateurs spontanés se préparent sous la houlette de leur directeur Farid El Elmi pour le spectacle du 30 juillet. Ils accompagneront Hédi Habouba à Carthage. Le 31 juillet, ils lanceront un produit commercial à Hammamet. Mais le grand événement, c’est leur participation dans la Caravane du millénaire qui se déroulera du 12 au 19 août dans sept gouvernorats, un programme lancé par le PNUD. De l’autre côté de l’avenue, sur la chaussée d’en face, un groupe de jeunes joue de la trompette ou la tabla, et chante des airs afro-tunisiens, s’arrêtent à chaque café pour le plus grand plaisir de ces gens qui sirotent tranquillement un thé, un café ou d’autres boissons gazeuses. Il y a eu un monde fou. Des enfants dévalant sur des trottinettes, des mamans avec des poussettes, des couples et des familles qui respirent l’air frais d’un dimanche sans pollution et joliment animé. C’était l’objectif des responsables de la mairie. Mais ce n’était hélas! que le temps d’un après-midi. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com