Ahmed Hamza à La Marsa : Charme et métier





Devant un public bigarré, le crooner sfaxien Ahmed Hamza a gardé intact le répertoire populaire national. Les spectateurs étaient ravis. C’est le moins qu’on puisse dire. La voix a un peu perdu de sa puissance, mais le métier est intact ainsi que la prestance et la présence scénique. A soixante-dix ans dépassés, Ahmed Hamza et son art n’ont pas pris une ride. Le public nombreux qui a assisté avant-hier à son concert au parc du palais Essaâda, en a eu encore une fois la preuve. Le chanteur populaire qui a chanté pour la première fois en public à l’orée des années cinquante et dont le talent a éclaté au sein de la Troupe de la Radio de Sfax au début des années 1960, n’a jamais cessé depuis d’écrire, de composer et de chanter avec son cachet inimitable de bedoui urbanisé, des tubes inoubliables. De «Moulet Elkhella El Khamria», à «Chahloula» en passant par «Cheddouha Elkhannaba», «Ya dada», «Jari Ya Hammouda», «Ya Zahwet Bali Dhalmek», «Ya rommana», «Dabbar Alaya»…, un pan entier du répertoire musical tunisien contemporain porte la signature de cet artiste incomparable qui a su créer son style propre, révolutionnant, tout en préservant le répertoire populaire national. Mardi dernier, l’artiste sfaxien, accompagné de la troupe Ali Bousamra (composée seulement de sept musiciens, et c’est dommage) a repris ses grands succès qui étaient repris en chœur par un public aux anges. Les youyous sonores qui fusaient de temps en temps parmi les spectateurs témoignaient du bonheur des retrouvailles du chanteur avec son public. Ce dernier était assez hétéroclite, le septuagénaire côtoyait les adolescents, les aînés, les jeunes, les femmes, les hommes, des individus d’origines sociales diverses unis par la fidélité à l’une des voix les plus précieuses de la chanson tunisienne. Zohra Abid _______________ * Il vaut mieux le dire Les Nuits de la Marsa est le festival annuel de cette ville. Il porte aussi le nom de Festival Ali Riahi. Les Marsois ne sont pas peu fiers de voir un des leurs devenir un artiste de référence de la chanson tunisienne. Mais ils ne se sont rendus compte de sa vraie valeur qu’après sa mort (comme cela se passe souvent un peu partout: nul n’est prophète en son pays, hélas!). La mairie a certes fait beaucoup d’efforts pour la ville et son animation, mais elle a oublié de mettre en exergue l’itinéraire distingué de ce grand monsieur. Et cependant, elle aurait pu penser non pas à fleurir sa tombe, sise au cimetière de Sidi Abdelaziz, mais au moins à désherber tout autour. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com