Mahrès : Le nouveau temple d’Apollon





Dans le maelstr?m des festivals d’été, Mahrès a choisi de jouer sa propre symphonie… Une symphonie de couleurs et de formes où les rêves des plasticiens venant des quatre coins du monde se sont croisés pour raconter l’histoire de l’existence humaine. Pimpante et coquette, Mahrès ne semble laisser personne insensible; sous les yeux de son visiteur, cette bourgade déploie son charme avec réserve et finesse. Sur la longue route droite qui relie Sfax à Mahrès, on voit surgir tout d’un coup, bien au-dessus des oliveraies grises et des maisons blanches, d’immenses installations qui relient le ciel et la terre dans une superbe harmonie. C’est votre passeport pour commercer un suave voyage au pays des merveilles. C’est dans ce cadre naturel impressionnant, dans ce petit paradis qui a rejeté la civilisation de béton, que des artistes de divers horizons ont fait le point pour libérer leurs imaginaires, leurs âmes… pour se libérer d’un quotidien pesant. Le Festival International des arts plastiques à Mahrès est un rendez-vous annuel des artistes tunisiens et étrangers qui veulent enrichir leur palette par d’autres couleurs, par d’autres saveurs de l’existence. Là où tu mets les pieds, à chaque coin de ce village, flotte un parfum exotique de créativité aussi envoûtant que celui de ces jolis et minuscules bouquets de jasmin qui ornent les têtes. * For - mi - da - ble! La célébration du 17ème anniversaire de ce festival a été grandiose. Pour l’artiste Youssef Rekik, cette fête a un autre goût: la joie se croise avec la fierté. Les yeux pleins d’espoir et de rêves, Youssef Rekik, entouré d’artistes, n’a pas caché son plaisir intense de savourer la paternité de ce festival. Les défilés se sont succédé devant les yeux éblouis des visiteurs de ce village et des milliers des spectateurs; les amoureux des arts plastiques n’ont pas raté cette aubaine pour goûter à ces plaisirs visuels. Les amateurs de tout âge, et surtout les étudiants en Beaux Arts, qui sont nombreux dans ce village, ont profité de l’occasion pour lancer des esquisses et pour commencer de nouvelles aventures sur la plage de Mahrès. Musée à ciel ouvert, la plage regroupe une dizaine d’œuvres qui ont vu le jour des mains des artistes qui avaient effectué auparavant, des séjours dans ce beau village. L’artiste français, Patrick Mellet n’a pas caché la fascination qu’a exercé sur lui la plage de Mahrès «Comment élaborer une image dans cet endroit-là? La terre noire, le vert des algues, ces quelques barques éparpillées sur la mer bleue et ces oiseaux qui se reposent sur les installations nous donnent mille et une idées, mille et une sensations, comment les saisir?». C’’est la question que cet artiste s’est posée à travers sa conférence. Patrick Mellet n’est pas le seul qui soit tombé sous le charme de ce village. C’est tout une sensation collective car Mahrès, avec sa beauté naturelle, a le don de perturber les esprits créateurs. L’horizontalité vous choque, la lumière subjugue votre esprit… et voilà les palettes de couleurs caressant les toiles qui sont autant de déclarations d’amour à ce village qui les a libérées des clichés et de la routine. «L’art de peindre n’est que l’art d’exprimer l’invisible par le visible», disait le peintre Eugène Fromentin depuis déjà deux siècles. Cette définition donnée par ce peintre-voyageur, qui a visité l’Afrique du Nord, nous revient en tête, en contemplant Mahrès et surtout ces œuvres exposées sur la mer. L’invisible est-il le destin humain? Ces émotions qui nous habitent et que nous sommes incapables de transcrire via les mots et les verbes, ces idées qui logent dans nos esprits et que nous pouvons trahir quand on cherche à les expliquer. C’est quoi le visible? Est-ce qu’on peut le voir avec les yeux, le toucher et dialoguer avec lui via les sens? Plus important que peindre, c’est croire en le génie de l’homme, croire en l’amour et en la beauté. Imen Abderrahmani


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com