Assimilant la résolution de l’ONU à une déclaration de guerre : Le Soudan se mobilise





• Khartoum accuse l’Erythrée Le porte-parole de l'armée soudanaise a assimilé hier la résolution de l'Onu sur le Darfour à une "déclaration de guerre", alors que les autorités soudanaises multiplient les réactions apparemment contradictoires à ce sujet depuis vendredi. Le Quotidien-Agences "La résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur la question du Darfour est une déclaration de guerre contre le Soudan et son peuple", a déclaré le général Mohamed Béchir Souleimane. "L'armée soudanaise est maintenant prête à faire face aux ennemis du Soudan sur terre, sur mer et dans le ciel", a ajouté le porte-parole, cité par le quotidien gouvernemental Al-Anbaa. Le Soudan "est visé par des forces étrangères", a pourtant affirmé le porte-parole de l'armée, en accusant les Etats-Unis et d'autres forces occidentales de se préparer à attaquer militairement le Soudan après l'échec des sanctions économiques et des boycotts diplomatiques imposés à Khartoum. "Nous n'accueillerons pas les Américains avec des fleurs ou avec des drapeaux blancs, mais nous sommes prêts à les combattre d'une manière qui sera divulguée le moment venu", a-t-il affirmé. Le Conseil des ministres soudanais avait annoncé dimanche qu'il regrettait la résolution, tout en y notant des aspects positifs. * Khartoum accuse Khartoum a dans la foulée accusé à nouveau Asmara d’appuyer un complot des rebelles du Darfour visant notamment des oléoducs, a affirmé le général Farouk Hassan Mohamed Nour, gouverneur de l’Etat de Kassala, cité hier par le quotidien soudanais indépendant Akhbar Al-Youm. Le gouverneur a affirmé posséder les informations sur «un complot subversif appuyé par le gouvernement érythréen» visant à faire exploser les oléoducs, à couper l’autoroute reliant Khartoum à Port-Soudan (sur la Mer rouge) et à détruire d’autres installations importantes situées à l’Est du Soudan. * Double langage Les analystes politiques soudanais ont pour leur part minimisé le discours du responsable militaire, estimant qu'il était surtout à usage interne. "Je crois que le porte-parole de l'armée a exprimé un point de vue personnel et non officiel", a ainsi déclaré l'analyste politique soudanais Hassan Mekki. Il s'est déclaré convaincu que ces paroles "seront suivies d'une déclaration officielle les minimisant, pour absorber l'impact qu'elles pourraient avoir sur la scène internationale". "La position officielle du gouvernement reste donc celle exprimée par le Conseil des ministres", a-t-il dit. "Le gouvernement entretient deux discours: un destiné au public (soudanais) pour attiser l'émotion du peuple, et l'autre, officiel, destiné à la communauté internationale, à l'Onu et aux superpuissances", a pour sa part estimé l'éditorialiste soudanais Osmane Mirghani. "La déclaration du porte-parole de l'armée, qui pousse le problème à une situation extrême, celle de la guerre, s'inscrit dans le discours destiné +à la galerie+", a-t-il estimé dans un entretien avec la chaîne Al-Jazira du Qatar. Le but du général Souleimane était de "rallier l'appui de l'opinion publique soudanaise à toute décision que le gouvernement serait susceptible de prendre", a-t-il estimé. Mirghani a en outre jugé le discours du responsable militaire "prématuré", la résolution ayant implicitement menacé le Soudan de sanctions économiques et non de guerre.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com