Festival International de Hammamet : Sons et lumières de la Corée





La troupe «Woorisori» a donné avant-hier son premier concert sur le continent africain. Sept tableaux de pur jus folklorique, tirés du fin fond asiatique, teintés légèrement d’une couche moderniste ont enveloppé avec poésie et grâce le théâtre de Hammamet. Et lui ont donné beaucoup d’aura. Cette année, la Corée du Sud est fortement représentée dans les Festivals d’été. Après l’Opéra de King Uru —la troupe nationale de Corée— donné au théâtre romain de Carthage le 15 juillet, le public de Hammamet a découvert un autre aspect de la culture coréenne: la danse et le chant populaires. La troupe «Woorisori» (un nom qui signifie sons de la Corée) a présenté mardi sur le théâtre de plein air de la ville des jasmins un bouquet aux couleurs chatoyantes. Cette jeune troupe, créée il y a à peine quatre ans, a déjà donné une soixantaine de spectacles de par le monde et deux cents autres à travers la Corée. Elle a pour mission la préservation des traditions de chant et de danse et leur mise en valeur constante. Costumes richement colorés, chorégraphies tout en mouvements circulaires, acrobaties exécutées avec une précision de métronome avec un recours à des accessoires divers (éventails, chapeaux, fleurs, serpentins, foulards…), et surtout avec beaucoup de grâce et de poésie qui traduisent un riche héritage d’une civilisation rafinée. La troupe «Woorisori» nous vient de Suwon, capitale de la province de Gyeonggi qui compte un million d’habitants. Cette ville historique située à l’entrée de Séoul, capitale de la Corée du Sud, renferme de nombreux sites historiques datant du 18ème siècle. Elle est célèbre pour sa forteresse de Hwaseong de 5,7 km de périmètre, figurant sur la liste de l'héritage culturel mondial de l’Unesco. Avec ce spectacle riche en rythmes, en couleurs et en sons venus de si loin, le Festival International de Hammamet renoue avec l’une de ses fonctions premières: servir de pont entre les cultures et les civilisations. Zohra Abid ________________ * Un petit accent sur fond de volontariat La troupe «Woorisori» est venue volontairement donner une série de 8 concerts en Tunisie. Après Hammamet, elle se produira à Ezzahra, Monastir, Sousse, Sfax, Gafsa, Gabès et Mahdia. Cette «société civile» dépend d’une organisation non gouvernementale FAVOR. Elle s’intéresse au domaine de l’éducation. L’Association est représentée en Tunisie par Youn Joo Cheung, qui a étudié le parler tunisien chez nous. Depuis 1993, elle ne cesse de visiter notre pays et d'essayer de s’intégrer dans les milieux scolaires aussi bien urbains que ruraux. Avant-hier, elle a servi d’interprète pour l’animation qui accompagne la troupe «Woorisori». Avec son petit accent à la fois satiné et timide, Youn Joo a semé beaucoup de joie sur les gradins qui étaient mi-vides ou plutôt, soyons optimistes, mi-pleins. * Finale en éventail Après avoir donné les 7 tableaux, Taepyunsungdae, Samulnori, Sogochum, Chungsug gok, Gyeong-giminjo, Buchaechum et Samulpangut, la troupe «Woorisori» a invité le public sur scène pour continuer en rythmes et couleurs la fête. Quelques heureux ont eu de la chance d’avoir un éventail artisanal comme une petite pensée de la Corée. * Un constat Les instruments utilisés par la troupe ressemblent énormément à nos anciens instruments à base de cuivre, bois et peau de bêtes. Tabla, deff, zokra, bendir… * Bientôt à Tunis Il y aura, au début du mois de décembre, une exposition d’arts plastiques contemporains. La Maison des Arts du Parc du Belvédère abritera une somme de tableaux réalisés par des grands maîtres coréens reprenant avec bonheur l’environnement d’un cadre harmonieux de ce pays géographiquement lointain. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com