Darfour : “Dialogue ouvert” du Soudan avec l’Onu pour éviter des sanctions





Le Soudan a engagé un "dialogue ouvert" avec les Nations unies et les organisations humanitaires pour prévenir d'éventuelles sanctions et résoudre la crise du Darfour, tout en cherchant en même temps à unir le "front intérieur" contre une intervention étrangère occidentale. Le Quotidien-Agences Khartoum a annoncé que le désarmement des milices pro-gouvernementales, notamment les milices arabes djandjawids, responsables d'exactions contre les sédentaires d'origine africaine, commencera la semaine prochaine au Darfour. Le général Jamal El-Houerees, directeur de la police du Nord Darfour, cité hier par le centre des médias soudanais (SMC - gouvernemental), a indiqué que "les commissions sécuritaires et judiciaires vont commencer la semaine prochaine l'opération de désarmement des milices incontrôlées au Darfour". Il a ajouté que "le désarmement se fera sur une base volontaire ou à la suite de perquisitions menées par la police". * Powell menace Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a appelé hier le Soudan à “prendre des mesures décisives pour mettre un terme à la violence au Darfour”, estimant qu’il n’y a “pas d’alternatives à la paix sur tous les fronts”, dans un commentaire paru au Wall Street Journal. Rappelant les efforts de la communauté internationale et les “14 actions spécifiques” préconisées en juin par le président américain George W. Bush pour résoudre la crise dans cette région du Soudan, Colin Powell fait le bilan de ce que les autorités de Khartoum ont entrepris. Le désarmement des milices est une des conditions posées par les Nations unies pour renoncer à imposer des sanctions contre le Soudan. C'est aussi une condition posée par les mouvements rebelles du Darfour pour reprendre les négociations avec le gouvernement central, interrompues à Addis-Abeba. "Les autorités soudanaises ont engagé un dialogue ouvert avec l'Onu pour répondre aux exigences de la communauté internationale au Darfour", a déclaré le représentant d'un pays de l'Union européenne, qui a requis l'anonymat. Le ministre d'Etat aux Affaires étrangères soudanais Tigani Saleh Fadel a de son côté indiqué qu'il se réunissait une fois tous les quinze jours avec les représentants de l'Onu à Khartoum pour "évaluer les besoins au Darfour, faire le point et avancer vers une solution des problèmes". "Nous avons regretté la résolution du Conseil de sécurité, que nous estimons injuste, mais nous allons continuer à travailler avec l'Onu pour appliquer les accords conclus avec son secrétaire général Kofi Annan en juillet. Nous souhaitons que dans son prochain rapport, Annan note les progrès accomplis et les bonnes dispositions du gouvernement soudanais", a souligné Fadel. Selon les organisations humanitaires, l'accès leur est "désormais ouvert sans restrictions" au Darfour depuis juillet. Le président Omar al-Béchir a chargé son ministre de l'Intérieur, le général Abdel Rahim Mohamed Hussein, d'être son "représentant personnel" au Darfour pour faciliter les opérations humanitaires et le désarmement, ont affirmé des sources occidentales. Il a en même temps cherché à "unir le front intérieur" contre une éventuelle intervention étrangère, en organisant une marche de plusieurs dizaines de milliers de personnes mercredi à Khartoum pour dénoncer la résolution du Conseil de sécurité sur le Darfour. Il a aussi libéré plusieurs opposants islamistes, mais pas "les grosses pointures" du mouvement islamiste ni leur chef de file, Hassan Tourabi, a-t-on indiqué de source occidentale. ______________ * Vers une participation arabe à la force de paix Des pays arabes sont prêts à dépêcher des observateurs dans le cadre de la mission de l’Union africaine (UA) dans la province soudanaise du Darfour, a déclaré hier au Caire Samir Hosni, responsable des Affaires soudanaises à la Ligue arabe. Hosni s’est abstenu de préciser le nom de ces pays, en attendant qu’ils l’annoncent “de leur propre chef” car “c’est une question qui relève de la souveraineté de chaque pays”, a-t-il dit. Les ministères des Affaires étrangères arabes tiendront demain une réunion “urgente” sur la crise au Darfour au siège de la Ligue arabe au Caire. “La participation d’une force arabe dans le cadre de la force de protection de l’UA au Darfour sera l’un des principaux dossiers à l’ordre du jour de la réunion”, avait déclaré le 2 août un diplomate arabe de haut niveau. Entre temps, le secrétaire général de la ligue arabe Amr Moussa a appelé les pays arabes à acheminer rapidement une aide humanitaire pour les sinistrés du Darfour.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com