Nouvelle vague de clips arabes : Les jeunes contestent !





Les nouveaux clips arabes dédiés presque à la nudité ont provoqué une polémique menée par des contestataires au nom de l’art noble. Nos jeunes concitoyens les rejoignent et condamnent avec véhémence. Tunis - Le Quotidien Encore une fois, Haïfa Wahbi, Ruby et Elissa sont interdites sur les chaînes de télévision égyptiennes. Trois clips de ces «chanteuses» ne peuvent désormais être diffusés à cause de leur atteinte aux mœurs. Cette vague de clips «nudistes» continue à faire couler de l’encre et à susciter une vive polémique. C’est devenu le cheval de bataille de quelques dinosaures défenseurs de l’art, le véritable. Dans cette foulée, les jeunes téléspectateurs ont aussi leur mot à dire à propos de cette «déformation» artistique et cette nouvelle vocation qui valorise l’image aux dépens de tout le reste. Résumant son idée en une phrase, Naoufel Bahri dit tout simplement «je suis obligé de zapper». Parce que ces clips ne peuvent être regardés en famille ou en présence d’enfants. «Je ne les regarde pas» abonde Saber Selmi dans le même sens. A son avis, les images que montrent ces clips s’opposent à «nos traditions et nos principes». Révolté contre ces scènes, il boycotte alors ces chaînes de télévision. «Du moment qu’on n’écoute plus de voix et qu’on doit supporter de masses de chair, je préfère regarder autre chose». Par ailleurs, Saber souligne le rôle du public dans la prolifération d'un tel niveau de la chanson. «Le public est appelé à prendre conscience de ce striptease et de rompre donc avec cette médiocrité qui n’est point de l’art». Sur les différentes chaînes musicales et privées, on assiste tous à un bouleversement total du champ de la chanson arabe. C’est la loi des clips qui impose ses règles. Khouloud Ben Mim trouve que «c’est trop débile. D’autant que les Arabes et les Musulmans doivent normalement véhiculer une image meilleure». Cette élève s’est emportée pour donner l’exemple du dernier clip de Ruby dans lequel le premier rôle revient à son bassin et à rien d’autre. «C’est scandaleux. Cette vague augure d’une prochaine étape d’érotisme pur et dur qui n’a rien à voir avec l’art». Tout-à-fait d’accord avec sa sœur, Amira s’énerve à chaque fois qu’elle voit le spectacle désolant de ces créatures. Ce qu’elle n’arrive pas à comprendre c’est la politique menée par ces chaînes privées. «Au moment où elles censurent des clips étrangers, elles passent ces scènes plus choquantes venant de chanteuses arabes». Ce qui enfonce le couteau dans la plaie c’est que la plupart, si ce n’est la totalité de ces chansons sont ineptes et dénuées du moindre message. L’art noble ayant une mission à accomplir c’est fini. Un déluge est venu aujourd’hui plonger la musique arabe dans une logique incontestablement commerciale. «Il n’y a pas d’art, il n’y a pas de texte, c’est le néant, une absurdité monstre», estime Abir Rezgui. Cette bachelière pense que les chaînes arabes doivent être soucieuses de préserver les bonnes mœurs et barrer tant bien que mal le chemin devant les héroïnes de ces clips. Seule Abir G a un avis différent sur cette question «Pour un artiste, tout est permis». Mais à condition qu’il s’agisse d’un artiste conforme aux normes selon lesquelles se définit l’art depuis la nuit des temps. A préciser finalement que Ruby, Elissa et Haïfa ne forment que la face apparente de l’iceberg parce que la liste de ces stars de clips est encore longue. La décision d’interdire trois de leurs clips est une goutte d’eau dans l’océan. Mais peut-être est-ce le début d’un remue-ménage à plus large échelle! M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com