M. Mohamed Nasha Shibi, membre du bureau exécutif de l’OLP : Sharon constitue une entrave à la paix





M. Mohamed Nasha Shibi , membre du bureau exécutif de l’OLP, était parmi nous. Au cours de l’entretien accordé à notre journal, M. Nasha Shibi analyse la situation difficile dans les Territoires occupés et lance un appel pressant à la Communauté internationale en vue d’exercer les pressions nécessaires pour contraindre l’Etat hébreu à se soumettre à la volonté internationale. * Le Quotidien: Comment se présente la situation dans les territoires palestiniens au vu du développement de l’actualité? - M. Mohamed Nasha Shibi: Nous passons par une étape très difficile caractérisée par la destruction méthodique de notre infrastructure agricole, industrielle, énergétique, touristique. Le gouvernement israélien ne cesse de mettre les embûches pour paralyser le secteur de l’investissement en confisquant les ressources financières de l’Autorité palestinienne et en dressant des barrages empêchant les ouvriers palestiniens de rejoindre leur lieu de travail. Toutes les mesures coercitives ont engendré un taux de chômage de 55% en Cisjordanie et 50% à Gaza. Il est regrettable que l’action des pays arabes et islamiques reste insuffisante pour nous permettre de faire face à ces défis. Certains pays n’ont pas honoré les engagements financiers pris lors des Sommets arabes. De ce fait, les ressources de l’Autorité palestinienne ne couvrent plus les besoins de l’appareil administratif et sécuritaire. * Quelles sont les actions pratiques et concrètes qu’il faut entreprendre? - Il faut entreprendre deux actions sur le plan officiel et sur le plan populaire. Sur le plan officiel, nous lançons un appel aux pays arabes et islamiques afin qu’ils accordent l’aide matérielle et morale nécessaire pour faire face aux agressions israéliennes et contraindre l’Etat hébreu à s’impliquer dans le processus de paix notamment en appliquant les résolutions internationales. Sur le plan populaire, notre peuple demeure déterminé à combattre l’occupation grâce à sa volonté et aux moyens modestes dont il dispose. Je saisis cette occasion pour rappeler que le peuple palestinien exprime toute sa fierté pour la position de la Tunisie et celle de son président Zine El Abidine Ben Ali à l’égard de la Cause palestinienne. La Tunisie s’est toujours placée du côté de la justice et nous en sommes très reconnaissants. * Peut-on parler de dérapage sécuritaire dans les territoires occupés? - Israël a rendu difficile la tâche des services de sécurité palestiniens. Durant les cinq dernières années, des centres de décisions ont émergé introduisant de nouvelles donnes. Il s’avère urgent de coordonner toutes les structures et d’unifier la direction. Il faut que les nouvelles structures soient capables de rétablir l’ordre dans les Territoires occupés. * Après la décision de la CIJ concernant l’illégalité de la construction du mur de séparation, quelles actions envisager pour contraindre l’Etat hébreu à se soumettre à la volonté internationale? - La décision de la CIJ concernant la construction unilatérale par Israël du mur de séparation constitue un point important pour nous permettre d’agir et de mettre sur pied des mécanismes à même de mettre fin à cet ouvrage et à toute l’occupation. L’arrêt de la CIJ a insisté sur la légalité de la lutte du peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits et sur l’illégalité de la construction du mur de la honte. L’Assemblée générale de l’ONU est appelée à prendre ses responsabilités en créant les mécanismes nécessaires pour contraindre l’Etat hébreu à appliquer les résolutions internationales. Sharon constitue une entrave à la paix. Il faut que la Communauté internationale exerce sur lui les pressions pour le contraindre à s’inscrire dans le processus de paix. * Dans ce contexte, comment analyseriez-vous les garanties accordées par le président américain à Sharon? - Nous refusons ces prétendues garanties qui sont à plus forte raison en contradiction avec la légalité internationale. Ce sont des garanties qui confirment l’occupation et émanent d’une partie qui ne possède aucun droit à ce propos. Le président américain ne doit pas nier le droit au retour des réfugiés. Paradoxalement, Sharon lance un appel aux Juifs du monde entier, pour s’établir dans nos territoires. C’est à peine croyable. Entretien réalisé par Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com