J.C.C 2004 : Cinéphiles, attachez vos ceintures!





Pour les cinéphiles qui sont un peu déçus de la programmation cinématographique de nos festivals, les Journées cinématographiques de Carthage (J.C.C), prévues du 1er au 9 octobre, seront une sacrée aubaine pour étancher leur soif filmique… Un menu consistant est déjà en préparation. La plus ancienne manifestation cinématographique de la rive Sud de la Méditerranée mais aussi de l’Afrique, les Journées cinématographiques de Carthage, créées en 1966, a réussi, au fil des jours, à atteindre ses objectifs. Présenter le meilleur de la production cinématographique africaine et arabe ainsi que les différentes expériences en effervescence et promouvoir l’industrie cinématographique ont été les objectifs de ce festival à vocation arabe et africaine. C’est d’ailleurs grâce à plusieurs initiatives que les J.C.C se sont ouvertes sur d’autres horizons. Les «Ateliers de projets» qui distribuent des bourses de différentes origines et subventionnent une partie des productions cinématographiques des jeunes talents ont donné à ces derniers une belle opportunité de s’exprimer et d’effectuer leurs premiers pas. Célébrant cette année leur 20ème anniversaire, les J.C.C qui ont vu défiler depuis plusieurs sessions de grosses pointures du cinéma arabe, africain et mondial comme Rachid Masharawi, Daoud Abdel-Sayed, Ahmed Zaki, Raghda, Ilhème Chahine, Amina Rezq, Borhane Alaoui, Mohamed Khan, J-Khaïri Bichara, Atef Ettayeb, Tata Amaral, Sergio Rezende, Assane Kouyate, Abderrahmane Sissako… continuent à attirer les grands noms. * De toutes les couleurs… Pour réussir cette édition spéciale, le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs a choisi de réunir les professionnels du métier et les administrateurs dans un seul comité d’organisation afin de garantir le succès de cette nouvelle session. Tarek Ben Aammar, Ahmed Bahaeddine Attia, Férid Boughdir et Ridha Béhi seront à la tête de ce comité. En outre, un catalogue spécial résumant le parcours de cette manifestation cinématographique, enrichi par des témoignages des artistes de divers horizons qui ont participé aux différentes sessions fera le bonheur des cinéphiles. Projection des films lauréats du Tanit d’or depuis le lancement de ce festival en 1966 et invitation des comédiens, réalisateurs, producteurs, critiques du cinéma sont déjà à l’ordre du jour de cette manifestation qui rendra, comme d’habitude, hommage à plusieurs figures de proue du 7ème art. Au programme, la projection de 300 films des quatre coins du monde. Pour le jury, on croit savoir que le comité sera composé de Mohamed Malass (Syrie), Mansour Sora Wade (Sénégal), Abdellatif Laâbi (Maroc), Nadège Beausson-Diagne (Côte d’Ivoire), Faouzia Zouari (Tunisie), Dominique Cabrera (France) et Tamineh Milani (Iran). D’autres surprises seront au menu de ce festival qui a permis aux cinéphiles et aux professionnels de s’ouvrir à d’autres expériences cinématographiques… C’est en parlant des J.C.C qu’une jolie image défile devant nos yeux: des cinéastes et des acteurs de diverses nationalités déambulant dans tous les coins de l’Avenue Habib Bourguiba, entre les différentes salles obscures éparpillées tout au long de cette artère principale de la capitale, parlant de leurs rêves… discutant des films qui ont bercé leur imaginaire. Imen Abderrahmani _________________ C’est à eux de juger : * Faouzia Zouari (Tunisie) Ecrivaine et journaliste originaire du Kef, Faouzia Zouari, titulaire d’un doctorat en littérature française et comparée et d’un DEA d’études théâtrales, a déjà à son actif plusieurs publications: «La caravane des chimères» (1989), «Ce pays dont je meurs» (1999), «Pour en finir avec Shéhérazade», «L’Islam en France» (1985), «La Méditerranée des femmes» (1998)… Avec «La Retournée», Faouzia Zouari a décroché le Prix des cinq continents de la francophonie. * Mansour Sora Wade (Sénégal) Cinéaste sénégalais de talent, Mansour Sora Wade est déjà connu en Tunisie grâce à son film «Le Prix du pardon». Né dans un petit village à quelques kilomètres de Dakar, cet artiste sénégalais n’a jamais pensé devenir cinéaste… «Je suis venu au cinéma, par hasard ou par le destin…», dit-il toujours. Inspiré des traditions africaines et de sa vie quotidienne, Mansour Sora Wade ne cache pas sa fascination du ciné japonais. Enraciné dans sa culture-mère, ce cinéaste sénégalais a toujours dans la tête la réplique de Amadou Hampatê Bat qui disait «Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle» et celle de Leopold Sedar Senghor qui parlait toujours «d’enracinement et d’ouverture», deux répliques qui mettent en exergue l’obligation de conserver le patrimoine … et que Mansour Sora Wade essaye de concrétiser via son cinéma. * Taminek Milani (Iran) Cinéaste iranienne engagée, Taminek Milani a réussi grâce à une grande volonté à imposer sa vision cinématographique. Courageuse, cette cinéaste, comme d’ailleurs quelques uns de ses contemporains, a délaissé les clichés en dénonçant plusieurs situations tout en revalorisant la femme iranienne. Elle constitue d’ailleurs, comme Abbas Kiarostami et Samina Makhmalbaf, le maillon fort du cinéma iranien. * Nadège Beausson-Diagne (Côte d’Ivoire) Artiste à multiples casquettes, Nadège Beausson-Diagne est une valeur sûre du paysage culturel. «La femme fantôme», sa nouvelle pièce de théâtre, mise en scène de Mickael Batz, et jouée par le talentueux Julien Goualo, témoigne de l’originalité de la vision de cet artiste africain. * Mohamed Malass (Syrie) Habitué de la Tunisie, Mohamed Malass est l’image de marque d’un cinéma syrien en pleine effervescence. Un long parcours et diverses expériences ponctuent la carrière de ce grand cinéaste qui a réussi à casser les carcans d’un cinéma iconoclaste. Mohamed Malass est un maître dans la cour des grands du cinéma arabe. * Abdellatif Laâbi (Maroc) Ecrivain marocain de langue française, Abdellatif Laâbi est l’un des symboles du renouvellement culturel et littéraire au Maroc. Né en 1942 à Fès, A. Laâbi est le fondateur, avec des poètes marocains en 1966, de la revue Souffles (Anfas) et avec Abraham Serfaty de l’Association de Recherche Culturelle ARC. Résident en France, Abdellatif Laâbi est, depuis 1988, membre de l'Académie Mallarmé. * Dominique Cabrera (France) Plusieurs œuvres marquent la démarche de Dominique Cabrera. Née le 21 décembre 1957 à Rézilane (Algérie) et diplômée de l’IDHEC, cette scénariste a publié déjà deux ouvrages «Rester là-bas» et «La Treuille» et a réalisé plusieurs documentaires dont nous citons: «J’ai droit à la parole», «L’art d’aimer», «A trois pas, trésor caché», «Demain et encore demain»… I.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com