Les jeunes et la mode : Quand la pudeur est battue à plate couture





Elles ont entre treize et dix-huit ans et déjà elles ont adopté les manières des grandes. Encore gamines, ces petites minettes se prennent pour des starlettes, brûlant ainsi les étapes de la vie et perdant leur innocence. Elles exposent ainsi à des risques, aussi bien elles-mêmes que ceux qui les fréquentent. Témoignages. Tunis - Le Quotidien Difficile de passer par un café, un resto, une boîte de nuit ... sans remarquer la présence de ces mineures tirées à quatre épingles. Qu’elles soient seules ou accompagnées de leurs amis, ces jeunes filles n’ayant pas encore atteint l’âge de la majorité se prennent pour les reines des lieux. Il ne suffit pas qu’elles en fassent un peu trop avec leurs tenues très «in» et souvent provocantes, mais elles en rajoutent encore avec les gestes, les mimiques. A ce propos Hafedh Bouguerra, 27 ans, 4ème année pharmacie, trouve qu’il existe beaucoup d'exagération au niveau de l’attitude vestimentaire de ces adolescentes. «C’est à la limite de l’exhibition», dit-il. Hafedh explique qu’il n’est pas contre la mode ni l’élégance féminine. Mais il dénonce plutôt le paraître de ces jeunes filles qui ne tient compte ni de leur jeune âge ni de l’endroit où elles se trouvent. «Elles sont presque constamment en tenues de soirées, prêtes à partir à n’importe quel moment». Elles sont de réelles victimes de la mode. A les voir on se croirait devant l’une des stars du showbiz, tous accessoires compris». Dans ce sens Hichem Bouguerra, 26 ans, 3ème cycle commerce international, trouve que ces adolescentes en phase de construire leur propre personnalité se retrouvent en train de singer ce qui nous vient d’ailleurs, de consommer passivement ce qui se présente devant elles à la télé. «S’habiller branché et sexy, parler un français sans accent, sortir le soir, fumer une clope, voire boire un verre, constitue pour elle le summum de la modernité et de l’ouverture. * Le matraquage médiatique Sans modération, ces nouvelles lolitas consomment inconsciemment cette culture occidentale. A ce propos Soumaya Beltifa, 26 ans, cadre, pense que l’émergence de cette nouvelle catégorie d’ados est due à tout un processus de modernisation où frime et superficiel sont les maîtres mots. «En fait ce phénomène social est le fruit d’un matraquage médiatique sans précédent, très puissant. Presque la plupart des jeunes disposent d’un poste de télé dans leur chambre. Ils peuvent zapper à longueur de journée en l’absence de leur parents», dit-elle. Des parents sensés orienter leur enfants et leur apprendre à réfléchir, se trouvent le plus souvent à l’extérieur du foyer. Le boulot, le stress du train de vie quotidien, la course derrière l’argent fait que les parents n’ont plus le temps nécessaire pour éduquer leur progéniture et l’assister. C’est l’avis de Hichem qui pense que l’autorité parentale est en train de s’estomper faute de temps et face à la puissance de l’impact des médias sur les jeunes. «Car finalement on peut être sexy sans tomber dans l’exhibition et la vulgarité. On peut tout consommer à la télé tout en ayant un filtre pour ne prendre que ce qui peut aller avec notre culture et notre esprit. Les parents doivent sensibiliser leur enfants face à tous les effets de la mondialisation», affirme-t-il. Inconscientes de leur provocation vestimentaire et verbale, ces fillettes se retrouvent souvent abordées par des loups qui profitent de la fragilité d’esprit de certaines d’entre-elles. Celles-ci finissent par s’embarquer dans de sales histoires dont les conséquences sont parfois incommensurables. Wissal Hasnaoui


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com