Entre Rafraf et ses estivants : La passion toujours ardente





Le lever du soleil à Rafraf est un spectacle sublime en son genre. On a l’impression que le disque solaire fait son éruption du cœur de l’îlot rocheux situé en pleine mer. Mais ce n’est là qu’un aspect du charme et de la splendeur de ce coin de rêves. Tunis - Le Quotidien Rafraf doit son originalité en premier lieu à son îlot impressionnant au profil du sphynx qui domine le paysage maritime de cette localité. Les spécialistes de la géomorphologie vous diront qu’à l’aube des temps cet îlot était rattaché au relief côtier. Mais au fil des millénaires et probablement depuis l’ère tertiaire l’érosion maritime a fini par isoler à jamais cet îlot de son environnement naturel. Nonobstant ces remarques géomorphologiques, la baie de Rafraf s’étend au pied des collines couvertes d’une forêt de conifères où s’entremêlent les arbres de pignon et de pin d’Alep. La vaste plage de sable blanc et fin ouvre sur le grand large d’une couleur turquoise merveilleuse. Rien de plus séduisant que cette beauté naturelle pour drainer une ruée de milliers d’estivants sur cette localité, surtout après l’aménagement de la corniche avec ses nombreux cafés restaurants et boutiques... Heureusement que la saison estivale n’a pas affecté l’originalité de cette localité. Rafraf conserve toujours ses spécificités d’origine. Il faut dire que les habitants du village n’ont pas le contact facile avec les étrangers et semblent plutôt réservés. Un tempérament hérité probablement d’une longue période où le premier pas pour communiquer avec les Rafrafis on découvre leurs qualités humaines de gens simples, bons, généreux et d’une confiance infaillible. * Les nourritures terrestres La tradition ancestrale du travail méticuleux et soigné, l’une des vertus les plus précieuses chez ses habitants qui gagnent leur vie à la sueur de leurs fronts. En observant la diversité des activités professionnelles chez les femmes et les hommes de Rafraf, on ne peut point se tromper sur l’origine ethnique de cette communauté d’ascendance andalouse. Les femmes sont des spécialistes d’une broderie luxueuse. Les hommes ne manquent point également de savoir-faire et d’habilité dans diverses activités agricoles et artisanales. Ils sont passés maîtres dans les plantations d’arbres fruitiers qu’ils cultivent avec beaucoup de soins et de patience. Leurs propriétés subdivisées le plus souvent en petites parcelles qui s’apparentent plutôt à des jardins qu’à des vergers sont des plus productives aussi bien quantitativement que qualitativement. Beaucoup de ces parcelles ont été gagnées pied par pied sur les versants forestiers au prix de rudes épreuves de labeur. Les conditions pluviométriques aidant, les plantations ne sont pas irriguées. Elles sont du genre «Baâli». Cela explique sans doute les saveurs et les parfums des produits agricoles de Rafraf et qui sont 100% bio! Car, il n’y a pas que les raisins de Rafraf dont le goût et la réputation sont bien connus. Il y a aussi les figues, les poires parfumés, les amandes, les mûres. La pêche demeure cependant une activité artisanale. Elle fournit néanmoins selon les saisons plusieurs variétés de poissons dont notamment le «bichi limoni» au goût succulent. A ces nourritures terrestres, on ne manquera pas d’ajouter le pain fait à la «Tabouna», promu à une véritable industrie locale, tellement la demande en est grande pendant la saison estivale. * Comme La Goulette d’antan ... Située à 60 km seulement de la capitale, était naguère la destination choyée de quelques familles tunisoises qui venaient y passer leur séjour estivale et profiter de ses charmes multiples. C’était en quelque sorte leur jardin secret. Actuellement, avec le développement du tourisme local, Rafraf draine une population d’estivants toujours plus nombreuse et plus disparate. Aux nostalgiques d’antan, sont venus s’ajouter des estivants des quatre coins de la Tunisie et de Tunisiens résidant à l’étranger. «Rafraf est aux estivants de nos jours, ce que La Goulette fut à ses passionnés d’antan», nous confie Mme Atika Badri (50 ans, femme au foyer). «Je fréquente Rafraf depuis les années 90. Chaque année je désire changer de destination, mais je ne sais quelle attraction secrète me pousse à renoncer pour me ramener ici. Outre la beauté naturelle du lieu, je suis séduite par les qualités humaines des habitants de Rafraf : la modernité, la confiance et la bonté». Pour M. Faouzi Ben Setthom (30) enseignant résidant en France «c’est surtout l’ambiance conviviale qui l’attire à Rafraf. «C’est un lieu de rencontre de plusieurs générations et plusieurs milieux. «Par ailleurs, la vie n’est pas chère à Rafraf «remarque-t-il». Pour sa part, Mme Atifa Liman (32 ans) technicienne à Tunisie Telecom considère que les soirées de Rafraf lui permettent de «sortir du cadre familial pour se détendre et discuter de divers sujets avec ses amis»... Ainsi, Rafraf demeure le lieu du tourisme familial par excellence. L’ambiance familiale y est consacrée de jour comme de nuit. Le jour, c’est la baignade en commun, la nuit c’est la promenade collective sur la corniche bien animée jusqu’à l’aube. Les cafés et les restaurants sont archicombles. La cohabitation entre les diverses générations ainsi qu’entre les familles des estivants est conviviale. L’ambiance paisible et agréable ne manque point d’intimité et de chaleur humaine. Deux mois durant (juillet et août), Rafraf vit au rythme de cette fête collective. Au terme de la saison estivale Rafraf retrouve son rythme habituel de village paisible et calme entouré de ses hauteurs toujours vertes débouchant sur une mer splendide. Il y a là sans doute tous les ingrédients pour émerveiller les visiteurs romantiques. Abdelmajid Haouachi


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com