Najoua Karam à Carthage : Une montagne de talent





Najoua Karam et Wadiî Essafi ont succédé dignement à Amina Fakhet et Kadhem Essaher sur la scène de Carthage. Pourvu que la bonne série ne s’arrête pas là. Najoua Karam est une habituée du Festival international de Carthage où elle s’est déjà produite à plusieurs reprises. Son dernier concert date de l’an 2000. Chanteuse populaire qui affectionne le genre «jabali» (chant et rythme de la montagne libanaise) enrichi d’une rythmique moderne, Najoua Karam a drainé un grand public jeudi dernier au théâtre romain de la cité punique. Belle élégante, habillée d’une robe fleurie, à traîne rosâtre en biais, rayonnante de joie, elle a chanté pendant deux heures, égrenant ses tubes («Chou mghaer», «Saharni, «Ma yardha ghirek, Lahbaeb», «Ya Ghali», «Maghrouma», «Dhalamouni», «Rouh rouh rouhi», «Mahboubi», «Ana ma fi hobbek akthar men aynay», «Ana brassi mawal» et autres «mawawils») qui étaient repris par un public aux anges. La chanteuse qui était accompagnée d’un ballet libanais alternant une chorégraphie orientale et occidentale, a montré une très grande maîtrise, menant son concert avec assurance et une volonté d’être à la hauteur de l’événement. A l’instar de toutes les stars de la chanson arabe, Najoua Karam sait qu’un concert réussi à Carthage est un nouveau jalon dans une carrière artistique à succès. Comme pour inscrire la sienne dans la lignée des grands interprètes orientaux, la chanteuse a invité son prestigieux aîné Wadiî Essafi à se produire dans la seconde partie de la soirée. Les puristes adeptes des mawal et maqam arabes classiques ont beaucoup apprécié. Zohra ABID _______________ * Coulisses - Jalousement Najoua Bon gré, mal gré, et peu importe le tout autour qui a fait le tour dans les médias, Najoua Karam était bien au rendez-vous. Il s’agit de son énième gala carthaginois qu’elle a assuré comme il se doit. Et comme son public s’y attendait. Toujours égale à elle-même. «Dalouaât Rotana» ou «Chams Rotana» n’est pas n’importe qui. Elle chante avec ses tripes, le populaire et le genre «jabali» qui lui va à merveille. Sa voix fait craquer les montagnes. Jetez un coup d’œil sur ces gradins, posez la question, ils vous répondront tous, anonymes comme moi : ils ne sont pas là pour son look comme ce fut le cas avec Nancy Ajram ou Wael Kafouri. Ils sont là pour sa voix, son talent et tout l’art scénique qu’elle dégage de ses pores», explique la jeune Meryem Romani, une de ces nombreux mordus de Najoua Karam. - D’une estrade à une autre Après un concours réussi, la fille de Karam Karam quitte, en 1985, l’enseignement où elle était maîtresse d’école. Depuis, elle s’est imposée comme maîtresse de la scène dans le style jabali et a jeté dernière elle craie et chiffon. - La voix et son double Avec son orchestre dirigé par Antoine Chaâri, Najoua Karam a démontré que l’art du peuple est l’art véritable. Tout comme Wadiî Essafi, qui lui a succédé, le monument vivant du chant arabe classique, ce dernier était soutenu, en fin de soirée, par ses enfants et notamment par George Wadiî Essafi dont la voix ressemble énormément à celle de son père. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com