Défaillances à la pelle





Le jeu et les joueurs. «La victoire dans la défaite». Ce thème cher à Ernest Hemingway devrait bien servir à nos représentants qui ont pris eaux de partout face à des Guinéens qui ne demandaient pas tant. C’est qu’après ce waterloo connu avant-hier soir à Alexandrie, toutes les parties prenantes de l’équipe sont appelées à tirer les enseignements nécessaires pour repartir du bon pied et négocier convenablement le quart de finale programmé pour samedi prochain. En effet, les camarades de Ghodhbène ont appris cette fois-ci à leurs dépens qu’en football rien n’est jamais acquis définitivement et que chaque jour on doit se remettre en question pour continuer à progresser et que dans une compétition comme la CAN 2006 chaque distraction se paye cash. Bien sûr outre le volet mental qui était défaillant, la qualification étant acquise d’avance, bien des erreurs ont été commises et à tous les niveaux, à commencer par les choix initiaux des joueurs. Et qu’on ne vienne pas nous dire que ce soir-là Lemerre a aligné sa seconde équipe car le Français a toujours défendu l’idée, qu’il n’y a jamais de place dans sa stratégie à des titulaires et des remplaçants. Au niveau de jeu, peut-on parler de choix tactique ou de match quand la majorité des joueurs étaient hors du coup. Le 4-3-1-2 pouvait-il fonctionner quand les acteurs avaient oublié leurs rôles ? Assurément non. A part les quatorze premières minutes où les Aigles de Carthage s’étaient créés trois opportunités, c’était le néant. Et c’est tout dire. Espérons enfin que la leçon sera retenue et que samedi, nos représentants retrouveront leurs vertus habituelles, à savoir le collectif, la concentration et la rage de vaincre. * Défense Face à des Guinéens déchaînés et sans un vrai soutien de la part du milieu du terrain, les Jaïdi, Clayton, Haj Messaoud, Merdassi et plus tard Hagui qui n’étaient ni complémentaires ni concentrés, ont perdu presque tous les duels et tout leur jeu. Voilà un compartiment qui faisait naguère notre fierté et qui devient lors de cette CAN, le vrai point faible de l’équipe. * Milieu de terrain Sans vrai repère, ni distribution claire des rôles, on a vu les Mnari, Ghodhbène, Melliti et Namouchi errer comme des âmes en peine. Lâchant la défense à son triste sort et les attaquants dans un jeu brouillant. Melliti, joueur de couloir, ne peut jamais se transformer en régisseur, alors que Ghodhbène et Namouchi appelés à soutenir Mnari ont cherché plutôt les flancs laissant des espaces béants au milieu devant les Guinéens qui ne croyaient pas leurs yeux. * Attaque Orpheline de son avant numéro un, Dos Santos, la ligne offensive a péché par un manque de percussion et d’inspiration. Guemamdia qui souffre d’un manque évident de compétition n’a pas eu le rendement escompté alors que Letifi se cherche encore. Même Lemerre, d’habitude lucide, a sombré lui aussi en injectant Jomaâ, un joueur de couloir, à la place de Letifi alors que l’équipe avait besoin d’un avant de pointe pour espérer égaliser ou peser sur la défense adverse. En somme, il y a eu trop de maladresses pour que l’équipe évite cette lourde défaite. Après la rencontre, Roger Lemerre a reconnu sa responsabilité dans cet échec, laquelle responsabilité est partagé par des joueurs qui avaient l’esprit ailleurs. Il appartient à tous maintenant de rebondir et de défendre chèrement ce sacre africain remporté haut la main, il y a deux ans à Tunis. Car on ne peut, à l’évidence, aborder un match de Coupe d’Afrique avec un état d’esprit de dilettantes alors qu’on est de vrais professionnels. Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com