Tunisie-Guinée L’analyse technique de Taoufik Ben Othmen : «A remplaçants boitillants… automatismes défaillants»





Le regard naturellement perçant de l'Aigle a, cette fois-ci, terriblement manqué d’acuité visuelle. Résultat, un camouflet qui était tout près de se transformer en Waterloo. Pour Taoufik Ben Othman, notre consultant technique, la prétendue valeur foncière égale de tous les joueurs, est un leurre. Explications. Selon l’entraîneur de l’ASM, qui vient de relever Ali Selmi dans ses fonctions, il y a une logique à laquelle on ne peut nullement faire entorse. C’est qu’il est insensé d’exiger un rendement collectif, de joueurs n’ayant pratiquement pas opéré ensemble. Pour Ben Othmen, les joueurs alignés face à la Guinée sont censés supplanter, selon les données situationnelles du moment, les titulaires. Mais qu’ils soient rassemblés de la sorte pour jouer à l’unisson, cela relève de l’aberration. Par ailleurs et sur le plan individuel, Ben Othman estime qu’il y a un clivage net entre la valeur intrinsèque des titulaires habituels, à l’exception de Clayton qui est nul au niveau défensif, et celle des autres. Que ressort-il de la dissection du match? Le jeu de la Tunisie “Avant tout, j’exprime tout de go ma totale désapprobation à l’égard de la défense plate. Cette dernière signifie que la couverture est absente, si bien que chaque balle expédiée dans le dos des défenseurs ou dans les intervalles, entre les arrières, constitue un grand danger. Et ce défaut de couverture se fait ressentir aussi bien dans l’axe que sur les flancs. Face à la Guinée, notre défense a pris eau de toutes parts. Venons-en au milieu. Cette partie vitale du terrain fut sans âme. Le seul qui ait quelque peu tiré son épingle du jeu est Namouchi, alors que la grande déception est venue de Ghodbane qui, bien qu’étant un pivot, aurait pu s’apparenter au régisseur de l’équipe. Le naufrage collectif du milieu est généré par l’absence d’automatismes entre des joueurs n’ayant jamais joué ensemble. L’entre-jeu tunisien a péché au niveau des trois attributs majeurs dont il devrait se prévaloir, à savoir la récupération, l'organisation et l’orchestration des attaques et le soutien offensif, seul à même de créer la supériorité numérique en attaque. Celle-ci fut, par ricochet et tout naturellement, comme marginalisée du reste de l’équipe. Du moment que les balles à l’adversaire ou celles distillées aveuglément étaient légion, nos attaquants n’ont jamais bénéficié de situations avantageuses, malgré la valeur technique indéniable d’un Guemamdia par exemple. Le jeu de la Guinée Grâce à leur pressing asphyxiant, les Guinéens n’ont jamais donné l’occasion aux nôtres de développer leur jeu. Ils nous ont outrageusement dominés au milieu du terrain et à la faveur de leur désarçonnante rapidité d’exécution, ils ont constamment porté le danger dans la zone des Tunisiens. Ils auraient pu, d’ailleurs, nous infliger un cinglant carton. Ce qui a fait la différence Je suis persuadé que ce qui a fait nettement pencher la balance du côté adverse, c’est la qualité technique des remplaçants guinéens. La Guinée possède une bonne équipe titulaire et des suppléants de même valeur. Cette qualité individuelle a, tout naturellement, engendré une appréciable teneur collective. La Tunisie possède, quant à elle, 10 bons joueurs, les titulaires facilement identifiables (hormis Clayton) alors que les autres leur sont nettement inférieurs. C’est une évidence à ne plus cacher sous de faux-fuyants. Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com