Saber Rebaï à l’Olympia : Aux couleurs de la fraternité





Confirmation. Saber Rebaï connaît depuis au moins une décennie, un succès grandissant. De Carthage à Jarach et de l’Opéra du Caire en passant par les plus prestigieux théâtres du Moyen-Orient et d’ailleurs. Après le Zénith, l’an dernier, Paris récidive et l’invite à l’Olympia le 7 février. Après Julien Clerc (du 1er au 4 février) et avant Umberto Tozzi (le 15 février), Alain Souchon (fin février et début mars) et autres Johnny Halliday…, la salle la plus mythique de la capitale française, l’Olympia, sise au 28 rue des Capucines au 9ème arrondissement, avec ses deux mille cinquante places, accueillera le 7 février à partir de 20h30, notre Saber Rebaï national. Qui sera le premier Tunisien à fouler cette scène parisienne. Après Oum Kalthoum, Abdelhalim Hafedh et Fayrouz, des noms légendaires dans la musique arabe. En faisant appel à un chanteur arabe, qui plus est Nord-africain et d’identité tunisienne, on a l’impression, et c’est tant mieux, que Paris cherche et par tous les moyens à se réconcilier avec sa banlieue après les derniers incidents ayant enflammé agglomérations et politiques de l’Hexagone. C’est après un sondage effectué auprès du public français —composé de diverses communautés— que le choix a été porté sur le chanteur tunisien, Saber Rebaï. Et pour cause: le Tunisien a émergé ces derniers temps. Ses paroles, sa musique et sa présence sur scène forment un tout largement acclamé par le public là où il se déplace. A cet effet, son concert qui durera tout au plus 1h40 sera grandement médiatisé. France 2 lui consacre une belle page dans l’émission de Thierry Ardisson “Tout le monde en parle”, qui passera ce samedi soir vers 23h00, Beur F.M (sponsor principal avec Carthage-Air line et autres ONTT) donnera libre cours à ses ondes pour parler durant des jours de ce Tunisien, qui fait la une de tous les journaux du monde. Radio Orient et Radio Maghreb seront aussi au rendez-vous: “Avant que la chaîne MBC ne vienne proposer l’enregistrement du concert, j’ai proposé à Rotana, avec qui je travaille le plus souvent. La chaîne libanaise ne m’a pas répondu. Mais ceci ne va affecter en rien notre partenariat professionnel”, a précisé Saber Rebaï, lors de la conférence de presse qu’il a donnée avant-hier à El Teatro, devant un parterre de nos confrères. Et d’ajouter: “J’ai tenu à vous rencontrer, car l’opéra est un événement, non seulement pour moi, Saber Rebaï, mais pour tous les artistes et créateurs arabes. Certes, je représente ma Tunisie natale et j’en suis fier. Les théâtres étrangers s’ouvrent aux compétences et voix venues d’ailleurs et c’est tant mieux. Je souhaite que tous mes collègues aient cette chance. Comme auparavant Lotfi Bouchnak, sur la scène d’un grand théâtre de Sarajevo, et il a été à la hauteur de nos attentes. J’espère, de mon côté, être aussi à la hauteur de cette responsabilité”. Saber Rebaï a été informé, en fait, il y a six mois. Depuis, il s’est mis au travail. “J’ai toujours rêvé de monter sur la scène de Carthage. C’était mon seul objectif; mais je n’ai jamais ambitionné d’être un jour à l’Olympia. C’est pour cette raison que je n’ai pas aussitôt rendu public ce concert”, dit-il. Au programme du 7 février au soir, il y aura un peu de tout. Bien sûr pour les plus nostalgiques, Saber offrira son “cocktail fétiche” de toujours avec Sidi Ali et Am Hédi Jouini. Du répertoire, il tirera comme à l’accoutumée Sidi Mansour, repris et corrigé. Le menu sera encore plus appétissant avec “Meziana”, “Ezzet Nafsi”, “Barcha barcha”, “Machallah Aliha”, “Athadda Alâlam”… “D’autres chansons à texte ponctueront la soirée. Ainsi qu'un tableau dansant et une chanson en version française, écrite par Hatem Belhaj. Mon spectacle qui sera repris par onze stations radiophoniques, est de pur jus tunisien. Avec sa composition, ses solistes et ses paroles écrites dans une langue correcte, élégante et que tout le monde comprend”, a précisé Saber Rebaï. Qui a tenu à ajouter: “Je serai avec mes compagnons que j’ai connus depuis 1994. C’est le même orchestre”. En guise de conclusion, Saber Rebaï n’a pas oublié les amis qui lui ont donné le coup de pouce pour l’aider. Comme Faouzi Ben Naceur, un Tunisien résidant en France, et Samia Maktouf, une avocate qui était derrière chaque détail de son concert parisien. Egal à lui-même, Saber Rebaï a répondu avec franchise à tous les journalistes et leur a promis qu’il nous gratifiera de l’enregistrement de l’Olympia dans les jours à venir. Car, il tient à ce que cet événement soit sur nos petits écrans et que tous ses compatriotes le découvrent dans ses moments de bonheur. Comme tous les mélomanes qui vont assister à son concert et qui payeront le billet soit à 42 euros 50 ou 34 euros 80. Zohra ABID ___________________________________ A dossier ouvert Quand les journalistes ont rencontré Saber Rebaï, il leur a été quasiment impossible de laisser passer l’occasion sans aborder d’autres sujets d’actualité. Comme le Festival de la Musique tunisienne qui n’arrive pas à prendre l’envol à cause des frictions internes qui semblent l’empêcher de bien décoller. Pour notre chanteur, les choses sont claires: le Festival doit rayonner et la manifestation doit être une occasion propice pour promouvoir notre art. Il faut qu’on sorte de nos confins et qu’on invite des “têtes d’affiches” (des poètes, musiciens et chanteurs de talent…) qui créeront l’événement et honoreront notre festival. Ainsi les télévisions arabes viendront volontiers pour enregistrer nos festivités tout en passant de l’actualité. Ainsi, nos artistes pourront sortir de l’anonymat et trouver leur place dans le monde de la musique arabe. Et sur les voix tunisiennes, Saber Rebaï ne cache pas son enthousiasme: “Nous avons des voix sublimes qui n’attendent qu’à être prises au sérieux”, nous dit-il. “Nos stars doivent avoir les pieds sur terre pour réussir. L’exemple de Ahmed Cherif est à saluer et aux critiques de l’orienter. Il a des chansons succulentes et ses propres couleurs. Je lui souhaite un avenir radieux. Quant à Aymen, il a une belle voix et il peut rivaliser avec d’autres du monde arabe qui ne sont que le produit d’une industrie et dont on découvre les vraies dimensions sur scène et nous en sommes fort déçus”. Connu pour ses clips qui se défendent bien, Saber Rebaï a l’étoffe d’un acteur, mais il refuse d’incarner n’importe quoi. Quand on lui a proposé un rôle dans “Chakira fi Mounira”, “j’ai refusé tout de suite. Soit un bon produit, soit je reste dans mes CD et ma notoriété. Car le respect passe avant tout”, a-t-il déclaré. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com