Les Artistes unis contre le Sida : La solidarité, côté cour, côté «chœur»





Pour la bonne cause. Une foule d’artistes ont alterné, avant-hier soir au théâtre de la Ville de Tunis, plusieurs genres musicaux (rock, blues, pop-music…), humour, légèreté et simple envie de (se) faire plaisir… Pour ce concert de Solidarité avec les personnes affectées par le VIH/Sida, organisé par l’Association tunisienne de Lutte contre les MST et le Sida, Section de Tunis, un bon public a répondu présent. Mieux encore: les artistes ayant animé la soirée étaient tous bénévoles. Ce genre d’événement qui ne se déroule que rarement dans nos murs est à saluer. Nous regrettons et grandement de ne pas y avoir vu nos artistes et autres hommes de lettres qui ont brillé par leur absence, comme si la manifestation ne les concernait pas. Dès huit heures trente, le ton a été donné par le groupe bizertin, Les Garby's. Les trois guitaristes ont joué et chanté dans diverses langues du répertoire mondial dans la pop-music. Peu à peu, les sons étranges ou familiers et ultra rythmés ont fait jubiler le public. Et la première partie de s’achever. Les présents étaient enchantés, mais semblaient, malgré tout, restés sur leur faim. Pas de doute, le deuxième set est encore plus vivant que son précédent. Maintenant que le public est de plus en plus averti, les membres du groupe Sidi Blues peuvent s’adonner à cœur joie. Et sans avoir le blues, les deux Tunisiens accompagnés de deux Belges et deux autres Français s'avançaient tour à tour au devant de la scène pour des solos, duos, trios… aux sonorités multiples, enflammant les spectateurs et amplement. Ici on pause à souhait au vocal qui s’accorde parfaitement et langoureusement avec un harmonica jubilatoire, les rythmes saccadés de diverses percussions et les guitares enjouées. C’était une pure merveille musicale. La percutante prestation de Atef Lakhoua et sa “bande” tranche avec l’ambiance non feutrée dans la salle. Un défilé musical qui a illustré une véritable complicité entre les différents artistes. Ces derniers ont pris un malin plaisir à se répondre à travers les sonorités du rock les plus surprenantes, les plus succulentes. Au final, tous les artistes de trois groupes d’investir la scène et d’offrir un grand moment et une version suave. Certains des spectateurs ont hésité à se lever pour quitter la salle et les applaudissements se sont fait tonitruants. Et la foule s’est animée une dernière fois. Mais au-delà de la performance musicale, on salue cette génération sans limites, cet humour, cette humilité de ces grands artistes qui font qu’on en redemande. Zohra ABID ____________________________ Sidi Blues vient de naître Derrière cette idée, c’est bien sûr le délégué général de Wallonie de Bruxelles à Tunis depuis 2004 Zénon Koval. Qui a réuni des hommes autour de lui pour donner naissance à Sidi Blues (inspiré de Sidi Bou Saïd). Ils sont Mustapha Dargouth un ingénieur conseil dans l’industrie qui joue de la guitare depuis 1964, Si Azaïz, fonctionnaire au ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et qui joue de la batterie au conservatoire de Riadh Fehri de Sidi Bou depuis plusieurs années. Il y a aussi Jan Demeulemeester, chanteur de rock et peintre de père en fils et qui a choisi de s’installer en Tunisie. Résidant chez nous depuis seulement une année, il est en train d’apprendre notre langue. Mieux encore, il se mariera avec une Tunisienne dans les prochains jours. Le professeur Pierre Lenoir qui enseigne le français à Mendès France, lycée français de Mutuelleville est aussi heureux d’appartenir à Sidi Blues. Tout comme l’autre français Alex Brayle, délégué du Bureau Europe de l’Ouest et Maghreb de l’agence universitaire de la Francophonie qui aime jouer à l’harmonica et qui a connu dans les années 1997-2003, Zénon Koval au Vietnam et a monté avec lui un groupe de blues. “Je suis heureux de me produire sur une scène tunisienne en cette année Senghor et de la francophonie”, nous a confié Alex. En fait, Zénon Koval n’est pas à sa première action outre son travail de diplomatie. A Hanoï, il a fondé trois festivals. Comme le festival européen de jazz à Hanoï et Hôchi Minh-ville qu’il a dirigé trois années successivement. Avec son ambassadeur à Prague, le belge a donné un concert en 2000 et en a tiré même un CD. Aujourd’hui, il est heureux de participer à ce concert et de monter ce groupe depuis seulement quatre mois, dans un pays qu’il affectionne. ____________________________ Sensibilisation et repères Après le succès de l’an dernier à El Teatro avec “Klam Ellil” de Taoufik Jebali, l’Association tunisienne de Lutte contre les MST et le Sida est aujourd’hui fière d’organiser ce concert dans l’intention d’aider d’un côté les contaminés, et de l’autre de sensibiliser les citoyens. “On compte en Tunisie 1200 cas. Le premier contaminé date de 1985. Chaque année on détecte entre 70 et 80 cas nouveaux. Qui sont des jeunes de deux sexes entre 20 et 40 ans. Et que la majorité des femmes atteintes par ce virus sont les victimes de leur mari”, nous a précisé une responsable de l’Association présidée par le dermatologue Mohamed Ridha Kammoun. Ce dernier s’est entouré d’une équipe de médecins comme Hana Mhalla, une jeune médecin très active et autres jeunes et moins jeunes de divers domaines, sensibles à ce fléau endémique qui touche le monde entier. A l’entrée du TVT, plusieurs bénévoles ont distribué des pin’s, préservatifs et autres cartons indiquant le danger du Sida et de la nécessité d’être informé. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com