Egal à lui même : Sarkozy prône «l’excès»





Le Quotidien-Agences L'affaire des caricatures du Prophète Mohamed suscitait hier de profonds clivage en France, où vivent cinq millions de musulmans, certains médias soutenus par Sarkozy défendait la liberté de la presse face aux dénonciations des associations religieuses. Les organisations musulmanes de France, pays qui compte la plus large communauté musulmane en Europe, ont fustigé la publication de ces caricatures. Un rassemblement de protestation a eu lieu à Lyon (centre-est) hier jour de la grande prière hebdomadaire. L'aumônier musulman de deux prisons de la région parisienne a de son côté lancé un "appel au calme aux détenus" musulmans exprimant leur "colère". Le président du Conseil français du culte musulman, la plus haute instance de l'islam en France, Dalil Boubakeur a qualifié d'"odieux" les dessins publiés dans la presse danoise et reproduits pour la première fois mercredi en France, dans le quotidien France Soir. C'est "une vraie provocation vis-à-vis des millions de musulmans en France", a-t-il estimé. La Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) réfléchissent à une action en justice. Les plus hautes autorités religieuses catholiques et juives ont apporté leur soutien aux protestations musulmanes. L'archevèque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, a dit comprendre la "blessure" des musulmans, l'épiscopat français a estimé que la liberté d'expression comportait "des devoirs et des responsabilités" -— alors qu'à contre-courant, l'évêque contestataire Mgr Jacques Gaillot jugeait que "la liberté d'expression, c'est sacré". Le grand rabbin de France Joseph Sitruk "partage" pour sa part la colère des musulmans face à ces caricatures "déplacées". "On ne gagne rien à rabaisser les religions, à les humilier", a-t-il dit. D'abord prudents, les politiques ont défendu en nombre les droits de la presse en démocratie, certains rappelant toutefois qu'ironiser sur le Prophète Mohamed ne saurait légalement être puni mais était éthiquement discutable. "La caricature, c'est l'excès" mais "à tout prendre, je préfère l'excès de caricature à l'excès de censure", a défendu le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui est aussi chargé des Cultes. D'autres responsables politiques, moins nombreux, ont dénoncé le "risque d'amalgame" entre islam et extrémisme. L'ex-ministre socialiste Elisabeth Guigou a jugé les dessins incriminées "pour la plupart médiocres" et l'un "franchement odieux", "qui assimile islam et terrorisme".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com