La Semaine de la musique instrumentale : Naissance d’un festival





Du 8 au 14 février, Tunis sera noblement rythmée. Avec du qanûn, nay, de la guitare, clarinette, flûte et des percussions ainsi que la participation des grands maîtres de l’instrument de par le monde. Inutile de présenter aujourd’hui les M’raïhi. Car on ne cesse depuis quelques années de parler d’eux, de père en fils, et de présenter leur travail artistique. Rappel: Nous connaissons tous les frères M’raïhi qui jouent du qanûn et du luth. Actuellement, ils sont à l’étranger où ils poursuivent leurs études universitaires. En parallèle de leur scolarité, ils continuent à se produire dans les grandes manifestations culturelles européennes et se sont détachés (il était temps!) du giron paternel. Leur père, le médecin et homme de culture, Lotfi M’raïhi a trouvé, en fin de compte, de quoi meubler son temps libre, en dehors de son cabinet et de ses engagements avec les patients. Il continue donc à écrire des livres sur notre mémoire collective et autres articles de presse sur la musique. Mais il ne vas pas s’arrêter là. Car il y a une autre passion qui le démange: créer des festivals. L’un derrière l’autre. Il n’y a même pas une année, Lotfi M'raïhi, fort de l’équipe de l’Association des supporters à la création musicale (ASCM) qu’il préside, a pu donner naissance à un festival a capella qui s’est déroulé à Hammam-Lif à la Maison de la culture le mois de mars 2005. La 2ème session est donc pour bientôt et tout est dans l’ordre du jour. Ramadan dernier, il se lance dans une autre aventure et crée le festival liturgique, qu’a abrité Bir Lahjar. Il a été salué par les critiques et félicité par les accros de ce genre. Son autre festival international verra le jour le 8 février et se poursuivra jusqu’au 14 février. La Semaine de la Musique instrumentale est déjà sur toutes les lèvres. Et pour cause: vu le peu d’enthousiasme qui règne dans notre paysage artistique, il y a des gens, fins connaisseurs qui croient en ce “créateur” de festivals. C’est-à-dire, ils ont confiance en lui et en ses choix. “Créer aujourd’hui des festivals, ce n’est pas une tâche facile. Car l’atmosphère est trop polluée. Mais nous devons sauver ce qui reste à sauver (NDLR) et faire de notre mieux pour avancer les choses. Nous n’avons pas à baisser les bras et laisser régner la médiocrité”, a notamment souligné Lotfi M’raïhi lors de la conférence de presse qu’il a donnée avant-hier dans un hôtel de la place pour annoncer la naissance d’un troisième festival, démarche adoptée et les couleurs de la manifestation musicale. Et d’ajouter un mot sur le budget de cette série de festivals: “Notre association ne compte pas sur la subvention de l’Etat. Mais sur la sponsorisation de quelques privés. Ce qui explique notre indépendance dans le travail. De ce fait, nous devons apporter notre ajout. Pour notre festival international a capella, on n’avait dans notre caisse que 9 mille dinars, et le festival était une facture respectable”. La préoccupation majeure de l’ASCM est donc d’imposer le sérieux et de multiplier les bons festivals qui vont soigner l’image et la réputation de notre musique. “Je n’ai rien contre l’art populaire et le folklore. Au contraire, quand il est bien repris et avec sérieux, on peut même l’introduire et d’une façon savante dans la musique andalouse et ses “maqamat”. Comme ce “mezoued” qui est un instrument à vent très ancien. Nous sommes donc dans l’obligation de le revoir et noblement, comme l’ont fait les Anglais, les Suédois et autres Ecossais avec la cornemuse”, a précisé le musicologue, qui dès la première session de la Semaine de la musique instrumentale a vu grand, en invitant des monstres sacrés de cet instrument au monde. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com