Rhany : «Les Jours» sur nos ondes en exclusivité





L’auteur de “Mahboub Khatri” et de “Money money” fait actuellement la promotion de son 9ème album “Al Ayam” (Les Jours) à Tunis. Avant même son Maroc natal et sa France adoptive. Son père, feu Mustapha Kabbadj, était journaliste. La Magheb Arab Press (MAP), l’équivalent de la TAP chez nous, l’a envoyé comme son représentant à Tunis de 1987 à 1994. C’était donc tout naturel, regroupement familial oblige, que femme et enfants le suivent. Tout comme ses trois frères cadets, Rhany a fréquenté pendant cette période les écoles de Tunis. Côté chic. Du lycée Imam Ibn Moslem d’El Menzah (appelé des Pères Blancs à l’époque) à Mutuelleville au lycée Mendès-France. C’est dans cet établissement français que Rhany avec une bande de copains et copines a commencé à gratter la guitare, meublant ainsi les heures creuses et s’adonnant à cette passion à cœur joie. Bien sûr, Rhany n’es pas différent des jeunes de sa génération et il a ses idoles. “Je suis un fan fou d’Elvis Presley”, nous dit-il de l’auteur de “Love me tender”, le “King” du rock. Mais aussi de toutes les chansons de variété, il est influencé. A cette époque, l’adolescent de Mutu se cherchait encore, surtout que son penchant pour le raï n’est pas rien, pour se créer son propre style qui sera au goût nord-africain et à la saveur de la salsa cubaine. Comment est-il venu au monde de la musique? Ce n’est pas sorcier. On l’a déjà compris. Quand on a quelqu’un dans la famille, qui exerce le métier de journaliste, ce ne sont pas les connaissances qui vont manquer. Et Rhany a eu la chance de naître dans ce milieu. “Derrière moi, j’avais ce père formidable qui m’a encouragé de son vivant. J’ai eu droit donc à une formation avec un professeur de musique pour m’aiguiller et m’encadrer. Du reste, je suis autodidacte”, nous raconte l’enfant de Marrakech. D’où tire-t-il cette passion? Il l’a d’après lui dans les gènes. Car son père était sensible à la poésie, à la musique et il se revendiquait mélomane averti. L’entourage aussi y est pour quelque chose. Parmi les grands amis des Kabbadj, nous citons notamment Abdelwahab Doukali qui leur “rendait souvent visite”, se rappelle l’artiste. La famille accueillait chez elle, lors de son séjour tunisien, plusieurs artistes du pays comme Soufia Sadok ou encore l’animateur, feu Néjib Khattab et autres paroliers, compositeurs et critiques. Quant à Jannette, la maman, c’est une femme sensible au verbe et à la rythmique bien agencée des mots et des phrases. Après la mort de son conjoint en 2000, elle a préféré rester à Paris où elle continue à donner des cours de français. Mais son vrai refuge c’est dans l’écriture. Son livre autobiographique intitulé “Dérive entre deux rives” est actuellement sous presse et ne tardera pas à sortir. * Paris-Maroc-Tunis Né à Marrakech, il y a une trentaine d’années, Rhany habite à Courbevoie dans la région parisienne et suit son petit bonhomme de chemin. De prestation en prestation, il occupe à souhait la scène artistique. “Après les petites scènes dans “les salons parisiens”, je suis souvent invité dans les festivals. Surtout dans mon pays natal. J’ai été à Casablanca, à Agadir, etc. Sans oublier le Palais des congrès à Marrakech 2004. En Tunisie et c’était un réel plaisir de travailler avec Scoop Productions qui m’a invité avec Faudel en 2001 au Festival de Tozeur”, nous a dit l’artiste. Il affichait un large sourire. Et il y a de quoi. Car, Nelson Mandella vient de le reconnaître comme “Meilleur artiste nord-africain”. “J’ai été heureux de l’apprendre de mon deuxième pays, la Tunisie, qui m’a donné l’opportunité de passer sur ses écrans, alors que je n’avais que 14 ans et de monter sur une vraie scène en 1990 à El Teatro, et qui m’a annoncé cette consécration”, ajoute Rhany qui ne cache pas sa fierté de se produire à Washington avec la Tunisienne Lilia Ben Yahia. Pour promouvoir son 9ème album “Al Ayam” qui vient de sortir il y a seulement quatre mois et dont le clip a été en grande partie tourné au Maroc et le reste à Paris, Rhany a voulu que les premiers extraits soient diffusés en première et en exclusivité à Tunis. Un album qui confirme ses talents. Pas uniquement en chant. * Silence en tourne “C’est mon premier clip que je réalise devant et derrière la caméra. C’est une nouvelle expérience où j’ai beaucoup appris. Comme les difficultés du tournage et la gestion d’une équipe. Mais quand on travaille dans l’humour, on oublie vite le stress. N’empêche qu’aujourd’hui je comprends la pression de la réalisation et surtout le cadreur qui est l’œil du réalisateur. Comme Hassen Maghrebi, qui a porté le poids de mes clips. Sans oublier Fatima Lahmadi, qui m’a toujours soutenu”, explique Rhany qui n’exclut pas d’être un jour le héros d’un film où il y aura “une mise en scène pour interpréter, jouer…comme un vrai acteur”, nous affirme-t-il. Aujourd’hui, il est aux anges. Accueilli à Tunis comme un roi. Il parle avec bonheur de ses “Ayam”, un album qui mêle critique et humour et qui porte en lui la touche de nord-africain avec, comme toujours chez lui, cette pointe de salsa. “Rhany représente bien ses textes”, dit de lui Jacques Chirac qui l’a écouté à Marrakech en Noël 2004. Des projets? “Oui avec Pierre Palmade, l’humoriste, acteur et metteur en scène, qui écrira mes textes”. “Il exerce son métier avec passion. Il est très perfectionniste et se moque royalement du temps. Ca prend le temps qu’il faut”, ajoute Fatima Lahmadi de cet artiste qui compose la nuit et qui s’inspire du silence pour donner la voix. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com