Exposition : Les petites choses de la vie





Loin de se préserver le cachet de l’artiste bohème, Ahmed Abbès «Bouha», le compagnon de route de Bouabana et de Néjib Belkhoja est le genre de personnes qui ont leurs petites choses de la vie. «Bouha» agrémente son quotidien de mots croisés, de petits coins à fréquenter et surtout «d’amitié à partager». C’est d’ailleurs le titre de son exposition à El Teatro depuis le 7 février jusqu’au 20 du même mois. «L’amitié à partager» n’est pas le genre d’expositions qui se livrent à la première lecture. Car il fallait connaître l’artiste et l’imaginer dans le cadre amical et intellectuel où il évolue pour pouvoir apprécier son œuvre. Chez Bouha, il y a ce besoin incessant d’aller à l’essentiel en limitant sa palette à ces quelques couleurs. Couleurs qui explosent comme un feu d’artifice qui marque l’avènement d’une grande occasion, voire même pour dresser un bilan. Il dit à ce propos «Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage traversé çà et là par de brillants soleils. Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. C’est du Baudelaire. Et c’est tout ce que je me rappelle de ma vie vraiment». Dans son œuvre, il réalise une peinture expressive, gestuelle, parfois calligraphique pour marquer cette volonté de capter la vie de faire émerger de sa toile l’ambiance d’un lieu ou d’une scène sans s’égarer dans l’étude de la couleur, de sa représentation ou de sa symbolique. «Beaucoup de travail et de trouvailles alimentent cette œuvre», commente Mahmoud Chalbi alias Mach, l’animateur de la galerie Aire Libre. Et notre interlocuteur de continuer «Ce travail ressemble à un exercice d’école en ce sens où l’on y trouve de l’esprit de recherche. Il y a du Azzabi, du Asma M’naouar dans la modestie du personnage qui, à 65 ans, trouve son chemin dans l’art». Imed Ben Hamida, notre confrère, qui fréquente les mêmes lieux de prédilection de l’artiste, écrit «Bouha est au cœur de l’avenue, il en est le pouls, la mémoire et le repère inévitable des points de ralliement de ses intellectuels». En peignant à un moment où d’autres auraient pensé à remballer leurs chimères, «Bouha» ne s’est pas découvert une vocation, c’est son âme d’artiste qui a pris son envol. Elle était là, elle courait loin des bouillonnements, des tentations créatrices et puis elle a décidé de sortir en plein jour, comme pour retenir le temps et régénérer le rêve. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com