“Jeunes Virtuoses” : Sur les bonnes cordes





Si la première édition de “Jeunes Virtuoses” a été l’an dernier un succès, la seconde qui aura lieu du 11 au 18 février 2006 à Sidi Bou Saïd, s’annonce encore meilleure. Et pour cause. Déjà, le fait de voir le nombre de soirées et partenaires européens passer de quatre à sept (presque le double) prouve que dans cette manifestation, il y a beaucoup de sérieux. “Je ne vous cache pas que les contacts du côté européen, facilités par les sections culturelles à Tunis, se font dans la rapidité. Quant aux contacts avec les pays arabes, ils vont au ralenti (NDLR), et nous comptons beaucoup sur nos relations personnelles. Ce qui explique le manque de talents arabes dans cette manifestation. Nous n’avons par exemple reçu la confirmation des Saoudiens qu’hier matin. Pour les encourager à revenir, ils auront vers la fin une quinzaine de minutes pour jouer. A part les Tunisiens, il y aura des Libanais, des Palestiniens, des Syriens et des Turcs”, a précisé Mourad Sakli, l’organisateur de Jeunes Virtuoses, directeur du Centre des Musiques arabes et méditerranéennes, professeur à l’ISM (Institut Supérieur de Musique) de Tunis et surtout luthiste et compositeur, lors de la conférence de presse qu’il a tenue avant-hier à Ennejma Ezzahra, en présence de plusieurs représentants des sections culturelles européennes à Tunis qui parrainent l’événement. Concernant le programme, le conférencier a insisté sur l’importance et la facture de tous les concerts, et évité de braquer les lumières sur la soirée inaugurale et celle de la clôture. Car pour lui: “Il est inutile de présenter Yasmine Azaïez, la violoniste (formée à Yehudi Menuhin Grande Bretagne) ou d’autres comme Samar Ben Amara, mon étudiante à l’ISM et que j’ai découverte avec le nay. Elle m’a fasciné. Pour les Européens, ils sont tous des lauréats dans des concours internationaux et d’un niveau appréciable. Ils ont aussi une expérience avec la scène et sont souvent en tournées. Et il y a de quoi, puisque ces jeunes sont pris totalement en charge chez eux et leur carrière est quasiment tracée et dès leurs débuts”. Après avoir passé en revue les grands moments et les découvertes de la précédente session, comme Béchir Gharbi ou Zied Zouari, Mourad Sakli a insisté sur l’objectif de cette “manifestation-découverte” doublée de rencontre entre jeunes de divers horizons. “Relativement à d’autres pays arabes, nous sommes bien en avance. Mais il nous est tout de même très difficile de détecter un jeune, voulant s’exprimer et s’épanouir en soliste. Dans la plupart des cas, les jeunes talents finissent par se fondre dans les orchestres de variété, un secteur prédominant (et je n’ai rien contre) ou carrément disparaître”. Elsa Schifano, chargée de mission culturelle: action artistique à l’ambassade de France depuis septembre dernier, qui, pour l’occasion, s’est “revendiquée” porte-parole des autres partenaires”, a tenu de son côté à affirmer que: “Nous tenons à soutenir cette manifestation annuelle. Il s’agit d’un rendez-vous dédié au rayonnement musical. C’est-à-dire le développement culturel et artistique et à la découverte des jeunes de moins de 25 ans. Il nous est important d’accompagner ces virtuoses et de mettre les lumières sur ces découvertes. Nous faisons de notre mieux et au maximum pour l’évolution de nos relations, pour l’ouverture et pour le dialogue”. Encore une bonne nouvelle pour ces talents qui se cherchent, étudiants ou autres confirmés: “Pour les encourager, nous sommes en train de faire les démarches nécessaires pour présenter nos virtuoses aux radios européennes et leur donner une chance”, promet le professeur qui compte beaucoup sur l’intérêt des rencontres entre jeunes musiciens et surtout cet intérêt des ateliers qui se tiendront à l’ISM de Tunis, vu la commodité de son emplacement. Ainsi assisteront en grand nombre étudiants et autres concernés. Et la manifestation de se graver dans les mémoires: pour la 1ère session, les partenaires ont déjà tiré un CD qui rend compte de la totalité des concerts. Une autre bonne nouvelle, le directeur du CMAM a prévu la distribution d’une médaille écrite en arabe à chaque participant ou accompagnateur en guise de souvenir de l’édition. Zohra ABID _____________________________ Les moments forts Tunisie Yasmine Azaïez (violon) et Samar Ben Amara (nay) Liban Rami Khalifa (piano) Ukraine Valeriy Socolov (violon) Turquie U.K Yçli et Hassan Sezer Yilmaz (ûd et qanûn) Italie Stefano Cerrato (violoncelle) Belgique La Tuniso-Belge Nadia Jradia (piano) France Fanny Clamagirand (violon) Pays-Bas Christiaan Kuyvenhoven (piano) Pologne Maksymilian Grzesiak (violon) Espagne Erica Ramallo (violon) Palestine Yakoub Hamouda (qanûn) Syrie Kinan Idnawi (ûd) Allemagne Julian Steckel (violoncelle) Tous ces virtuoses joueront accompagnés. Ils seront tour à tour soutenus par les pianistes Misako Osada (Japon), Evgeny Izotov (Russie), Elena Enrico (Italie), Aleksandra Szczenowiez (Pologne), Vadim Gladkov (Ukraine) et Rahn Stephan (Allemagne), et Chawki Kifaya et M.A Bel H. Kacem de Tunisie, à la contrebasse et à la percussion.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com