Après l’invitation de Poutine au Hamas : Israël grince des dents





Israël s'est indigné de l'invitation adressée au Hamas par le président russe, Vladimir Poutine, qualifiant de "couteau dans le dos" cette initiative qui compromet ses efforts d'isoler le mouvement islamiste palestinien. Le Quotidien-Agences Des ministres, des hauts responsables et des dirigeants politiques ont exprimé leur amertume, alors que l'opposition de droite exploitait cette affaire pour illustrer la faillite du gouvernement face au Hamas, à six semaines des élections législatives en Israël. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, en visite à Washington s'est inquiétée de "l'effritement de la position internationale jusqu'alors unie face au Hamas", rapporte la radio militaire. Dans un langage moins diplomatique, le ministre israélien de l'Education, Meir Sheetrit a qualifié de "couteau dans le dos" l'invitation aux dirigeants du Hamas à se rendre à Moscou. "Cette initiative est un véritable couteau dans le dos (..) car elle vise à accorder une légitimité internationale à un groupe terroriste et nous devons nous y opposer par tous les moyens", a déclaré le ministre à la radio publique. "Que dirait Moscou si nous invitions, en réponse, les représentants des Tchétchènes" à Al-Qods, a ajouté le ministre. "La Russie, qui empêche la tenue d'élections libres en Tchétchénie, n'a pas à nous donner des leçons de morale sur la légitimité acquise par le Hamas à l'issue d'un scrutin", a-t-il ajouté. "Poutine joue avec le feu", a renchéri le ministre de l'Habitat, Zeev Boïm, qui a jugé "très préoccupante" la position de la Russie. Un haut responsable israélien avait déjà exprimé la veille le vif mécontentement d'Israël. "Quand des Tchétchènes commettent un attentat à Moscou, la Russie considère qu'il s'agit d'un acte terroriste, mais ce n'est plus le cas quand cela se produit à Al-Qods", avait-il déclaré, en référence aux dizaines d'attentats-suicide commis en dix ans par le Hamas. * Revers A droite, le dirigeant du parti Likoud, Benjamin Netanyahu, a estimé que l'initiative russe était un grave revers pour la diplomatie israélienne. Il a accusé le gouvernement, dirigé par le parti Kadima, d'avoir provoqué cet échec, manquant de fermeté face au Hamas, vainqueur des législatives palestiniennes du 25 janvier, et en acceptant notamment de transfert des sommes dues à l'Autorité palestinienne. Il s'agit d'une tranche de quelques 45 millions de dollars à l'Autorité palestinienne correspondant au produit de la TVA et des droits de douane prélevés sur les produits importés dans les Territoires palestiniens et transitant par Israël. Le chef d'un parti russophone, l'ultra nationaliste Avigdor Liberman, a pour sa part demandé le rappel "pour consultations" de l'ambassadeur à Moscou et proposé qu'Israël fasse campagne en Russie au sein de l'opinion publique, en se servant de l'appui de la communauté juive, pour casser cette initiative. Poutine, en visite à Madrid, avait annoncé avant-hier qu'il allait "inviter prochainement les dirigeants du Hamas à Moscou" pour rechercher une issue au conflit israélo-palestinien. Le parti islamiste palestinien a aussitôt salué l'initiative russe. Le président russe, dont le pays ne considère pas le Hamas comme terroriste, a souligné que le Hamas était arrivé au pouvoir "après des élections démocratiques et légitimes" et a appelé à "respecter le choix du peuple palestinien". Dans un communiqué publié dans la soirée à Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que la Russie a l'intention d'exhorter les leaders du Hamas à prendre des "décisions responsables" et à faire la paix avec Israël. _____________________________ Paris approuve L'initiative russe d'inviter les responsables du Hamas à se rendre à Moscou "peut contribuer à faire avancer nos positions" adoptées au sein du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Onu), a estimé hier le ministère français des Affaires étrangères. "C'est une initiative qui a été prise sans concertation avec les partenaires (du Quartette), mais pour autant que nous restons dans le cadre des objectifs et des principes que nous nous sommes fixé, nous estimons que c'est une initiative qui peut contribuer à faire avancer nos positions", a déclaré le porte-parole adjoint du ministère, Denis Simonneau. "Nous partageons avec la Russie l'objectif d'amener le Hamas vers des positions qui permettent d'atteindre l'objectif de deux Etats vivant en paix et en sécurité", a souligné le porte-parole. _____________________________ Washington, s'inquiète Les Etats-Unis, pris par surprise, se sont inquiétés des intentions de la Russie après que le président Vladimir Poutine a invité le mouvement islamiste palestinien Hamas à Moscou. "Nous avons demandé des éclaircissements aux Russes sur leurs intentions exactes, sur leurs projets", a indiqué le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, rappelant que Moscou appartient au Quartette pour le Proche-Orient, qui a appelé la semaine dernière le Hamas à reconnaître le droit à l'existence d'Israël. McCormack s'est gardé de protester contre cette invitation mais a indiqué que l'ambassadeur américain à Moscou avait contacté le ministère russe des Affaires étrangères pour en apprendre davantage sur cette invitation. _____________________________ Diplomate égyptien enlevé Les services de sécurité sans nouvelles Le Quotidien-Agences Les services de sécurité palestiniens étaient sans nouvelles hier du diplomate égyptien enlevé la veille par des hommes armés à Gaza, un rapt embarrassant pour l'Autorité palestinienne qui entretient d'excellents rapports avec Le Caire. "Jusqu'à présent nous ne disposons pas d'indices pouvant conduire aux ravisseurs", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Tawfiq Abou Khoussa. "Nous espérons pouvoir les arrêter le plus rapidement possible et mettre fin à cette affaire", a-t-il ajouté. Dans un communiqué publié avant-hier, le ministère a affirmé que les auteurs du rapt, qui n'a pas été revendiqué, "seront punis selon la loi et des mesures fermes seront prises pour empêcher que de tels actes se reproduisent". Le ministre sortant de la Culture et de l'Information, Yehya Yakhlef, cité par l'agence officielle Wafa, a pour sa part affirmé que l'Autorité palestinienne "considère les ravisseurs comme des criminels et des hors-la-loi qui nuisent aux intérêts du peuple palestinien et à ses relations fraternelles avec le gouvernement et le peuple égyptiens". Le diplomate, Houssam Al-Mousseli, se rendait à la Représentation égyptienne à Gaza lorsque sa voiture a été interceptée par des hommes armés et masqués qui l'ont contraint à descendre de sa voiture avant de l'emmener à bord d'un autre véhicule vers une destination inconnue. Il s'agit du premier enlèvement d'un diplomate dans la Bande de Gaza, où le rapt d'étrangers est devenue monnaie courante ces dernières semaines sur fond d'anarchie sécuritaire.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com