Caricatures du Prophète : L’UE tente d’apaiser les tensions





Le Haut représentant de l'Union européenne (UE) pour la politique étrangère, Javier Solana, a délivré hier un message de respect aux musulmans qui, selon un de leurs représentants, ressentent comme un "nouvel 11 septembre" l'affaire des caricatures du Prophète Mohamed. Le Quotidien-Agences "A l'Union européenne, nous vouons un profond respect (aux musulmans) aujourd'hui comme hier et demain", a déclaré Solana après un entretien à Jeddah, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, avec le secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique, le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu. Solana a entamé à Jeddah une tournée régionale destinée à tenter d'apaiser la colère suscitée par les caricatures du Prophète Mohamed publiées dans des journaux européens et jugées "offensantes" dans le monde arabe. "Nous n'avions jamais voulu, et en aucun cas, offenser leurs sentiments. Ce n'a pas été notre intention, elle ne l'a pas été et elle ne le sera pas", a ajouté le responsable européen. Il a indiqué qu'il était venu transmettre personnellement ce message qu'il avait déjà formulé au téléphone selon lui. "Malheureusement (...), il est regrettable que les gens dans le monde musulman commencent à ressentir cela comme un nouvel 11 septembre dirigé contre eux", a averti Ihsanoglu, dont l'organisation comprend 57 membres. Le secrétaire général de l'OCI, qui intervenait lors de la conférence de presse, a souhaité que l'UE combatte "l'islamophobie" par l'adoption au Parlement européen d'une législation appropriée. * Islamophobie "Les pays membres de l'OCI attendent de l'UE qu'elle identifie l'islamophobie comme un phénomène dangereux à surveiller et à combattre comme c'est le cas pour la xénophobie et l'antisémitisme", avait indiqué samedi le secrétariat général de l'OCI dans un communiqué. Le texte a appelé l'UE à "créer les mécanismes appropriés de surveillance et à reconsidérer sa législation afin de prévenir à l'avenir la répétition des récents événements malheureux", en référence aux réactions violentes aux caricatures dans des pays islamiques. Ihsanoglu a proposé que le futur Conseil des Nations unies pour les droits de l'homme, devant remplacer l'actuelle commission des droits de l'homme dans le cadre d'une réforme de l'Onu, prévoie dans ses statuts "le respect de toutes les religions et l'interdiction de diffamer les religions et des prophètes". "Si, dans la mise en place du nouveau Conseil des droits de l'homme (...), il y a une clause pour le respect de ces sentiments, il ne serait pas difficile de l'accepter", a répondu Solana, qui est demeuré évasif sur la question d'une législation. Solana avait annoncé mercredi qu'il se rendrait dans "différents pays" de la région, dont l'Arabie Saoudite, pour tenter d'apaiser cette colère. Il devait se rendre ensuite à Ryad pour rencontrer le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal et le roi Abdallah, dont le pays abrite les deux principaux lieux saints de l'Islam, à La Mecque et Médine. Après l'Arabie saoudite, Solana se rendra au Caire où il rencontrera le président Hosni Moubarak et le secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Moussa, puis en Jordanie, avant d'achever sa tournée jeudi par les territoires palestiniens et Israël. _____________________________ Poursuite des manifestations La police pakistanaise a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser hier une foule de quelque 4.000 manifestants qui protestaient contre la publication dans des médias européens de caricatures du Prophète. La foule en colère s'en est prise à des vitrines de magasins et des feux de signalisation, et a surtout endommagé une vingtaine de panneaux publicitaires de la société de télécommunications norvégienne Telenor. La plupart des commerçants du principal marché de Peshawar, le Saddar bazar, avaient fermé leurs échoppes pour participer à cette manifestation. Par ailleurs, des milliers d'étudiants égyptiens ont manifesté à l'université d'Al-Azhar, au Caire, pour dénoncer la parution des caricatures dans la presse européenne, selon l'agence gouvernementale Mena. Les manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles était notamment écrit "Nous nous sacrifions pour toi, Prophète" et ils ont appelé les pays arabes et musulmans à boycotter les produits danois. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu en Egypte contre les caricatures du Prophète. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a mis en garde hier contre un choc des civilisations, à la suite de la polémique née de la publication de caricatures du Prophète en Europe. _____________________________ Un site internet iranien publie une première caricature sur l’holocauste Le Quotidien-Agences Une première caricature sur l'holocauste a été publiée par le site internet de la Maison de la caricature de l'Iran, associée au quotidien iranien Hamshahri pour un concours international de caricature sur l'holocauste des juifs. Cette publication coïncide avec le lancement officiel du concours intitulé: "Où est la limite de la liberté d'expression en Occident ?". Selon le site internet de la Maison de la caricature (www.irancartoon.com), cette première caricature sur l'holocauste a été envoyée par le caricaturiste Michael Leunig, vivant à Melbourne (Australie), "par solidarité avec le monde musulman et pour exercer sa liberté d'expression". Il s'agit d'une série de deux dessins. Sur le premier, intitulé Auschwitz 1942, on voit un juif, portant l'étoile de David et un baluchon, entrant dans le camp de concentration par un portail surmonté de l'inscription "le travail apporte la liberté". Sur le second, intitulé Israel 2002, le même homme, portant cette fois un fusil, se dirige vers le portail de ce qui ressemble à un champ de bataille, avec l'inscription "la guerre apporte la paix". "La liberté d'expression est un prétexte pour les Occidentaux (...) d'insulter les croyances des musulmans", affirme le quotidien Hamshahri, pour expliquer le lancement de son concours, conçu comme une réponse à la publication de caricatures du Prophète dans la presse européenne. "Cette agression a lieu alors que la discussion et la critique de nombreux sujets comme les crimes commis par les Etats-Unis et Israël ou encore des événements historiques comme l'holocauste sont considérés comme des délits impardonnable en Occident", écrit le journal. Le quotidien ajoute que l'holocauste est un "événement dont de nombreux penseurs mettent en doute la véracité, mais (en Occident) même ce doute est puni par la loi".


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com