Les jeunes et les mensonges : Ils recourent aux bobards… pour se tirer d’affaires





Certains mentent lorsqu’ils se retrouvent dans une situation embarrassante. D’autres mentent comme ils respirent. Pour les uns, le mensonge est conçu comme la seule échappatoire pour éviter le pire. Pour les autres, il s’agirait d’une réelle pathologie. Dans quelle catégorie se classent les jeunes? Pourquoi, quand et à qui mentent-ils? Sans mensonges… les jeunes vident leur caisse. Tunis-Le Quotidien “Papa m’a promis une pièce montée faite par un traiteur de renom installé à Paris pour mon anniversaire. J’étais désagréablement surprise lorsqu’il m’a apporté un gâteau en une seule pièce. J’ai exigé qu’il rebrousse chemin, qu’il reprenne le premier vol pour Paris et m’apporte le gâteau en question. Il n’a pas pu rattraper l’avion. Il s’est donc rendu chez l’un de ses amis qui possède un avion privé. Il est monté à bord de cet avion et m’a rapportée mon gâteau. Certes, j’ai dû reporter ma fête à deux heures plus tard, mais les choses se sont très bien passées. J’ai reçu des diamants et des perles de culture de la part de mes amis et quinze paires de chaussures de la part d’une amie…”. Fabuleuse, cette histoire? Elle l’est quelque part puisqu’il s’agit d’une jeune candidate au bac qui habite dans l’un de ces quartiers huppés et qui est reconnue mythomane par tous ses camarades. Et pourtant ce n’est pas un gage puisque cette histoire s’est bel et bien déroulée, il y a quelques années nous raconte Salma, 23 ans, étudiante, “Cette fille est un cas pathologique. Elle est mythomane, cleptomane et réellement malade! Ses parents sont de simples fonctionnaires et face à la frime et à l’ostentation massive de nos camarades du lycée, la pauvre a piqué des dépressions. Pour se sentir égale par rapport aux autres, elle s’est mise à fabuler, à inventer de toutes pièces des histoires et elle s’est mise aussi à voler les habits de ces camarades. Je pense d’ailleurs que la frime pousse un bon nombre de personnes à mentir”, dit-elle. Amira, 18 ans, ne ment pas. Mais elle reconnaît qu’elle ne dit pas toute la vérité. “Il y a des degrés de mensonge. Chez certains, il s’agit d’une pathologie. Ils mentent à longueur de journée et c’est vraiment pitoyable! D’autres mentent pour éviter le tracas et le ennuis. Il y a aussi ceux qui ne disent pas toute la vérité et j’en fais partie. Je suis obligée de cacher certaines choses aux parents pour ne pas risquer de les énerver. Je ne leur dis pas toute la vérité aussi parce que je crains qu’ils ne me permettent pas de faire certaines choses. Cela dit, j’ai une nature discrète. Lorsque je parle avec des personnes que je connais à peine, je ne crache jamais le morceau et je pense que c’est une sorte d’auto-défense. D’ailleurs, celui qui se montre très transparent est immédiatement désarmé et devient une proie facile”, dit-elle. Hichem, 23 ans, étudiant, ne ment jamais aux copains. C’est aux parents et aux filles qu’il raconte parfois des bobards. “Les filles se montrent parfois superficielles et elles sont plutôt éblouies par ce qui brille. Cela peut me pousser à jouer aux vantards pour avoir une place au milieu de ce monde de bluff. Je peux aussi mentir à une fille qui me pique une crise de jalousie pour éviter les quiproquos et les situations embarrassantes. Il m’arrive aussi de mentir aux parents sur le tas pour ne pas les énerver, mais dès qu’ils se calment je finis par tout révéler”, dit-il. Oussama, 20 ans, étudiant, n’est pas un menteur-né, mais il lui arrive de bluffer face à certaines situations. “D’abord certaines personnes m’obligent à mentir parce qu’elles ne méritent pas de connaître toute la vérité. Si je suis sûr que mon vis-à-vis n’agit pas sans calcul, j’entre dans le jeu et je me mets, à mon tour, à mentir. En revanche, s’il s’agit d’une personne honnête, je regrette de lui mentir et je tâche d’agir avec honnêteté et je finis donc par révéler toute la vérité une fois l’orage passé. Par ailleurs, je cache aussi certaines choses à mes parents. Je gonfle le prix de certains articles pour avoir un peu d’argent en plus. Je peux leur mentir aussi pour pouvoir sortir à ma guise. Mais je ne fais jamais tout en ayant le cœur net. Je le fais à contrecœur et généralement je me rattrape et je leur révèle plus tard toute la vérité”, dit-il. Chayma, 16 ans, n’a jamais menti à ses parents. La jeune fille n’a d’ailleurs rien à cacher. “Je connais mes limites et mes parents sont compréhensifs. Ils m’ont habituée à agir dans la transparence la plus totale. Je ne peux pas leur mentir et je ne peux rien leur cacher puisque je sais que je suis en train d’agir correctement. Cela dit, il m’arrive de dissimuler ou de cacher certaines choses s’agissant d’inconnus. En général, c’est sur mon âge que je mens. Parfois pour être admise dans certains endroits ou pour faire partie d’un groupe, je dis avoir 18 ans. C’est d’ailleurs le sujet sur lequel mentent la majorité des filles. Il m’arrive aussi de cacher mes sentiments. Je ne peux pas dire que ce sont des mensonges. C’est plutôt une forme de discrétion”, dit-elle. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com