L’ONU à la rescousse des détenus de Guantanamo : Jugés ou libérés !





Les Etats-Unis doivent juger rapidement tous les prisonniers qu'ils détiennent sur la base de Guantanamo ou "les libérer immédiatement", selon un rapport rendu public hier par l'ONU, qui accuse Washington de maltraiter ces détenus. Le Quotidien-Agences Dans ses recommandations, ce rapport de 54 pages (annexes comprises) affirme que les Etats-Unis "devraient fermer les installations de détention de Guantanamo Bay sans délai supplémentaire" et transférer éventuellement les détenus vers des prisons aux Etats-Unis avant leur procès. En attendant, le gouvernement américain doit "s'abstenir de toute pratique équivalant à de la torture ou à des traitements ou punitions cruels, dégradants ou inhumains" de ces prisonniers. "En particulier, ajoute le texte, toutes les techniques spéciales d'interrogatoire autorisées par le département de la Défense devraient être révoquées imédiatement". Les suspects de terrorisme doivent être détenus dans des conditions qui respectent les principes du droit international, estiment les experts indépendants de l'ONU auteurs du rapport. "En conséquence, ajoute le texte, le gouvernement des Etats-Unis devrait soit juger rapidement tous les détenus de Guantanamo (...) soit les libérer immédiatement". Le rapport préconise d'examiner aussi la possibilité de juger les suspects de terrorisme "devant un tribunal international compétent". Toujours selon le document, Washington devrait renoncer à transférer ou extrader des détenus de Guantanamo vers des Etats "dans lesquels il y a des raisons valables de croire qu'ils risqueraient d'être torturés". Selon les conclusions du rapport, qui avaient fait l'objet de fuites dans la presse ces derniers jours, "les conditions générales de détention" à Guantanamo, dont la durée de la détention et l'isolement, "équivalent à un traitement inhumain (et) violent les droits à la santé" des prisonniers. Dans certains cas, les traitements infligés aux détenus "s'apparentent à des cas de torture". * Discrimination religieuse "Certaines techniques d'interrogatoire sont fondées sur une discrimination religieuse et visent à offenser les sentiments religieux des détenus", précise le texte. Les auteurs du rapport dénoncent aussi "la violence excessive" utilisée lors du transport de prisonniers ainsi que l'alimentation de force des détenus observant une grève de la faim. Le rapport a été rédigé par des experts indépendants désignés par la Commission des droits de l'homme de l'ONU, parmi lesquels le rapporteur spécial sur la torture Mandred Nowak et celui sur la détention arbitraire, Leila Zerrougui. Les Etats-Unis avaient condamné par avance le rapport, estimant que ce document reposait sur des "on dit", aucun enquêteur de l'Onu n'ayant visité la prison qu'abrite cette base. Quelque 500 prisonniers sont détenus sans procès à Guantanamo, pour la plupart capturés après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 et certains sont en grève de la faim. Les inspecteurs de l'Onu avaient renoncé à une visite prévue en décembre après que Washington a rejeté leurs conditions, dont des entretiens en tête-à-tête avec les détenus.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com