Jeunes virtuoses : Dans la cour des grands





Les trois musiciens qui se sont produits avant-hier soir à Ennejma Ezzahra de Sidi Bou Saïd dans le cadre de la 2ème édition de «Jeunes Virtuoses» étaient Maksymilian Grzesiak et Aleksandra Szczesnowicz de Pologne et Christiaan Kuyvenhoven de Hollande. Ils ont la vingtaine et la musique dans les veines. Au terme de la soirée, des interminables bravos ont éclaté de partout. Pas un seul siège de vide dans la salle et les présents étaient, du début jusqu’à la fin, chevillés à leur chaise. Dans un silence quasi religieux. «Ils ont un niveau extraordinaire. C’est d’une autre facture. J’aurai bien aimé voir nos jeunes s’épanouir dans leur passion de la sorte», nous a dit le luthiste, professeur de musique et directeur du Centre des Musiques arabes et méditerranéennes, Mourad Sakli. Il était d’un côté fasciné et de l’autre peu réjoui du niveau de nos jeunes musiciens. Le public, ce beau public, était composé en grande partie par des étrangers de tout âge (qui vivent chez nous), des universitaires et autres étudiants mordus de l’archet et du clavier. Ils sont tous des fins connaisseurs. La première partie était meublée par le duo polonais. Maksymilian Grzesiak au violon et sa «grande complice», la pianiste Aleksandra Szczenowicz ont excellé en nous offrant quatre extraits de l’œuvre d’Edward Grieg (1843 - 1907) de Ludwig Van Beethoven (1770 - 1827), Pablo de Sarasate (1844 - 1908) et Henryk Wieniawski (1835 - 1880). Ils ont plongé leur public tunisien dans des océans d’enthousiasme, des airs communicatifs à souhait et les morceaux immortels joués avec une rare précision ont magnétisé ces gens avertis. Car ils ont donné de leur âme, de leur sensibilité et ont surpris avec ce côté personnel le plus exigeant de la musique savante. Pour la deuxième partie, le pianiste hollandais Christiaan Kuyvenhoven a été, à son tour, égal à lui-même. Comme on nous l’a présenté dans l’affiche. Avec un petit changement dans son programme, il n’est pas sorti du temple des grands. Avec du Liszt (1756 - 1791), Mozart (1810 - 1849) et Chopin (1810 - 1886). Lui aussi était surprenant en ne tombant pas au travers de la facilité. Sur les grands textes, il y ajoute d’autres rythmiques, les unes plus éloquentes que les autres. Et de plus inattendues avec une extrême tendresse. Sa musique, à lui aussi, était éblouissante, entraînante, enveloppant la sensibilité du public d’une douce chaleur. Qui était aussi étincelante, «clean» comme un manteau de neige qui couvre les montagnes. Il s’agit d’une musique qui nous mène à l’intérieur de paysages très colorés, sous un climat à la fois chaud et froid. Des airs qui nous invitent à méditer, à romancer, et surtout nous bercer le corps mais aussi l’imagination dans la tête. Cette rare délicatesse conjuguée par la justesse dans le jeu a subjugué l’assistance qui s’est levée pour applaudir, des minutes durant. Et le pianiste de revenir à son piano et d’offrir un autre morceau, encore plus accrochant que les précédents. Nous avons passé une soirée haut de gamme. C’était du grand art et ceux qui étaient présents ne nous démentiront pas. Chapeau pour les trois jeunes. Ils sont déjà des maîtres. Zohra Abid _____________________________ Qui sont-ils ? Maksymilian Grzesiak En 1986, Maksymilian Grzesiak, voit le jour dans une ville très artistique. Wroclaw est réputée par son centre administratif et culturel mais aussi administratif. Sa cathédrale, son hôtel de ville et son musée de Silésie, de pur art gothique font la fierté de l’Etat polonais. A l’âge de 7 ans, il commence à tripoter le violon. Il est aujourd’hui considéré parmi les espoirs de la musique classique dans son pays. L’enfant de Wroclaw étudie aujourd’hui à l’Académie de musique «Fréderic Chopin», la plus prestigieuse des écoles de Varsovie, et suit les cours de Tadeusz Gadzina. Classé 2ème au XXVIIème concours de Bach «Stanislaw Hajzer» à Zielone G?ra, le violoniste est aussi à la deuxième place au concours organisé par la Revue internationale des Ensembles de Musique de Chambre à Jawor. Toujours en Pologne. Mais aussi au concours international Europa Musiziert. Sous la direction des plus grands maîtres, le Polonais s’est produit dans diverses scènes dans le monde. En février 2005, il participe aux ateliers musicaux du «Fonds National pour les Enfants». Christian Kuyvenhoven Il a 20 ans et dans son sac mille et un prix. Les plus importants sont : le troisième prix à la VIIème édition du Concours International de Piano Franz Liszt. Il ne faut pas oublier que depuis 16 ans, les Pays-Bas n’avaient pas décerné de prix Liszt. En parallèle de ses fréquents engagements de concerts dans son pays, il est souvent sollicité à se produire dans toute l’Europe, les USA, les Caraïbes, le Japon et même en Algérie où il a été très salué par la presse de ce pays. En 2006, il sera en tournée et en solo (comme un grand) en Chine. A ne pas oublier que Christiaan Kuyvenhoven a en 1998 remporté le premier prix au concours mondial de la Princesse Christina à La Haye et le Concours «Steinway» à Amsterdam. Proclamé «Jeune Talent Musical 2000», l’élève de Michail Markov continue à suivre les masterclasses avec les grosses pointures comme Menahem Pressler, Jerome Rose, Alexander Toradze et autres Mitsuko Uchida.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com