Entretiens russo-iraniens sur le nucléaire : Arrêter la réaction en chaîne





Moscou reçoit lundi une délégation iranienne pour tenter de convaincre Téhéran d'enrichir son uranium en Russie, lors d'une rencontre censée arrêter la réaction en chaîne aux conséquences imprévisibles autour du nucléaire iranien. Le Quotidien-Agences Selon le plan de Moscou, l'enrichissement de l'uranium iranien en Russie permettrait à Téhéran de mettre en oeuvre son programme nucléaire civil, tout en garantissant à la communauté internationale que le combustible nucléaire ne puisse être détourné vers un projet militaire secret. La partie russe attend "des consultations fructueuses sur l'ensemble des questions touchant au dossier nucléaire iranien" et elle compte "appeler avec insistance les partenaires iraniens à revenir au régime de moratoire" concernant l'enrichissement, a déclaré hier un haut responsable de la diplomatie russe cité par l'agence Itar-Tass sous couvert de l'anonymat. Selon lui, la délégation iranienne sera dirigée par le numéro deux du Conseil supérieur de la sécurité nationale Javad Vaidi. Cependant, la perspective de voir l'Iran accepter le compromis proposé par Moscou semble incertaine, après l'annonce par Téhéran de la reprise de l'enrichissement dans l'usine de Natanz (centre), une initiative jugée inacceptable par les Etats-Unis et les Européens. Les Occidentaux ont haussé le ton, avec la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, annonçant mercredi son intention de renforcer la pression sur l'Iran, pour contenir l'influence de Téhéran au Proche-Orient et l'empêcher d'accéder à l'arme nucléaire. Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy a accusé lui aussi jeudi pour la première fois l'Iran d'avoir un programme nucléaire "militaire clandestin", suscitant une réaction immédiate de Téhéran qui a nié vouloir la bombe et insiste sur le caractère civil de son programme atomique. Si l'Iran rejetait le plan russe, la tension monterait rapidement à la veille de la réunion du Conseil de sécurité de l'Onu en mars, risquant de le conduire à envisager des sanctions, une évolution dont les analystes pensent qu'il pourrait avoir des conséquences imprévisibles. Des analystes occidentaux et russes ont évoqué la possibilité de frappes américaines pour détruire les installations nucléaires iraniennes, si aucun accord n'est trouvé. Et Téhéran affirme qu'il y aura une riposte de sa part. "Nous avons travaillé sur tous les scénarios défensifs et offensifs face à toute attaque possible", a déclaré à la télévision le chef des Gardiens de la Révolution, le général Yahya Rahim Safavi. Un journal russe, Vremia Novosteï, évoque un autre scénario : en cas d'attaque, toute la direction iranienne se replierait au Turkménistan. _____________________________ Plan US Les Etats-Unis proposent un partenariat international pour approvisionner des pays tiers en combustible nucléaire afin de prévenir le risque de "nouveaux Iran". "Cette initiative est destinée à éviter de nouveaux Iran, des pays qui cherchent à acquérir des technologies sensibles associées à l'enrichissement et au retraitement et dont les véritables buts sont autres que l'énergie nucléaire", a dit le secrétaire d'Etat adjoint chargé du contrôle des armes et de la sécurité internationale, lors d'une conférence de presse.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com