Les jeunes et la starmania : Entre pieds sur terre et têtes dans les étoiles





Bon nombre de jeunes caressent le rêve de la célébrité. Etre au beau milieu d’une rangée de lumières, se mettre sous les feux de la rampe et avoir une réputation qui va au delà des frontières ne déplairait pas à une partie des jeunes. Certains rêvent d’être célèbres. D’autres rêvent de devenir stars. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui ne sont pas tentés par la notoriété... Tunis - Le Quotidien A priori, le mot star rime bien avec art. Mais à bien observer ce qui se passe sur la scène artistique, l’on remarque que nombre de stars n’ont pas de dons artistiques spécifiques. Certains parviennent à devenir des vedettes grâce à leur beauté physique. D’autres, y sont parvenues grâce à la chirurgie plastique et les effets spéciaux de la scène... A croire que pour être star, il suffit de le vouloir ! Une voix assez douce quelques faux-cils, des lentilles de contact colorés, des «nichons siliconées» et une dose forcée de séduction et nombre de nénettes ont de fortes chances d’entrer par la grande porte dans le monde du showbiz. Cette disparité dans l’industrie du spectacle rassemble les plus doués et les plus médiocres. Ce qui donne des espoirs à nombre de jeunes. Vrai ou faux ? Les jeunes rêvent-ils de devenir stars? Pourquoi la célébrité les tenterait-elle ? Et sont-ils prêts à faire des concessions pour y parvenir? Mayada, 18 ans, confirme qu’elle rêve de devenir star. N’ayant pas de dons spécifiques, la jeune fille pense qu’il suffit de savoir se déhancher en dansant sur des airs bien rythmés pour aspirer à la célébrité. «Je suis très tentée par cette idée. D’ailleurs pourquoi pas si les starlettes poussent comme des champignons sans pour autant avoir des dons artistiques notoires ! A mon sens, il suffit d’avoir un physique agréable, du savoir-faire et d’avoir l’air sympathique pour être adoptée par les producteurs du showbiz. Celle qui a la chance de faire partie de ce monde n’a plus aucun souci à se faire. Elle sera riche et son capital est sa beauté. Franchement à voir le fan-club de Hayfa Wahbi et de Nancy Ajram, j’ose espérer rivaliser avec elles. Un relooking et la partie sera gagnée. Il faut dire par ailleurs, que ces deux stars me plaisent beaucoup. Elles ont tout pour réussir et ont un effet destressant. D’un autre côté, je suis prête à tout pour réaliser ce rêve», dit-elle. Lobna, 20 ans, rêve de devenir actrice et de partir en Egypte. Etre star fait partie de ses rêves, mais pas à n’importe quel prix. «Le monde de la célébrité, les lumières, les caméras et l’atmosphère glamour empreint d’éclat me fait fantasmer. Toutefois, je ne suis pas partisane de l’art médiocre. Je veux devenir célèbre pour mes dons artistiques et non pas pour mes atouts physiques. J’aime faire partie de célèbres à vocation culturelle et constructive. Cela dit, je sais que la célébrité nécessite parfois des concessions; Si je serais amené à sacrifier mon temps et mon énergie, je serais d’accord. Mais, en revanche, je ne sacrifierai pas mes valeurs constantes et je ne ferais rien sans l’approbation de ma famille», dit-elle. Sonia, 19 ans, a une jolie voix et une grande élasticité et habileté des mouvements. Des atouts qui pourraient l’encourager à rêver d’être une star du show. Or, la jeune fille se contente de chanter dans la salle de bain et de danser devant la glace. «La célébrité ne me tente pas du tout. Je crois que c’est une illusion qui fait courir nombre de personnes. Ce monde fascinant de l’extérieur peut cacher une facette très dangereuse. Je ne veux pas devenir star et je suis d’ailleurs partisane de l’art, du vrai et non pas de celui qui nourrit la médiocrité, dit-elle. Akram, 21 ans, n’a jamais été tenté par la «starmania». Discret et pondéré le jeune homme pense que le monde du showbiz a une durée de vie courte et qu’il entraîne certains dans une spirale interminable d’illusions. «A quoi bon devenir star? D’abord je n’ai pas une vocation artistique et je suis contre le fait de courir derrière un objectif tant qu’on n’a pas les moyens qu’il faut pour y parvenir. En outre, je ne suis pas fan des show reality qui encouragent justement les jeunes à avoir de faux espoirs. Nombre d’entre eux négligent leurs études et courent derrière la gloire pour se retrouver en fin de compte sans rien. Ni célébrité, ni études... A mon avis, il n’y a pas pire !», dit-il. Saber, 20 ans, n’est pas tenté par le fait de devenir star. En revanche, il rêve d’avoir une grande renommée et une célèbre carrière professionnelle. «Moi, Star ! Alors là, c’est la dernière des choses à laquelle je penserai. Actuellement, j’étudie, je bosse et je rêve d’être lauréat. Ensuite, je rêve de faire une bonne carrière professionnelle et de laisser des œuvres légendaires et immortelles. C’est le genre de célébrité qui me fait rêver. Par ailleurs je suis contre le fait qu’on crée des stars à tort et à travers. Et même si j’ai visionné quelques épisodes de la télé-réalité, c’était juste pour suivre les Tunisiens lancés dans la course. Mais en général je suis contre ce genre de métissage qui réunit filles et garçons. Cela est contre notre culture arabo-musulmane et contre nos croyances et nos traditions», dit-il. Abir CHEMLI-OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com