«Le jardin de la fille du roi» : L’injustice noir sur blanc





La plume affûtée et l’imagination débordante, l’écrivain Abdelkader Belhaj Nasr vient de signer son nouveau roman: “Le jardin de la fille du roi” qui constitue une plongée dans l'univers tumultueux des princes et des sultans. Généreux, Abdelkader Belhaj Nasr a toujours des nouveautés à présenter et des pistes à explorer. Il multiplie les casquettes, change de styles avec une grande aisance grâce à sa maîtrise parfaite de la langue d’Al Mutanabi. Docteur en langue et lettres arabes et lauréat du prix des lettres et des sciences humaines, Abdelkader Belhaj Nasr a déjà à son actif plusieurs écrits dans divers genres littéraires: roman, récits, recherches littéraires, le théâtre et même des scénarios de feuilletons. Infatigable, Abdelkader Belhaj Nasr vient de donner le jour à un nouveau roman intitulé “Le jardin de la fille du roi”, né il y a quelques jours. Sur 204 pages, Abdelkader Belhaj Nasr a choisi de nous bercer par une histoire à mi-chemin entre la fiction et la narration des faits historiques. “Le roman, c’est la vie racontée avec art” disait George Sand et Abdelkader Belhaj Nasr semble partager avec cette romancière française cette vision spécifique de l’écriture romanesque. “Le jardin de la fille du roi” est le 9ème roman du même auteur. C’est sous le règne de l’Empire Ottoman que se déroulent les événements, à Tunis. Une période délicate dans l’histoire de cette régence de l’Afrique du Nord où Abdelkader Belhaj Nasr expose divers aspects de l’injustice et des rapports entre le gouverneur dit “Al Mouchir” et le peuple. Loin de la narration des faits historiques, Abdelkader Belhaj Nasr a brodé, avec soin, des histoires d’amour et de haine, de fidélité et de trahison… de deux monde paradoxaux qui vivent des conflits internes. L’histoire de la famille de Ali Al Hassan qui a été la cible des proches d’ “Al Mouchir” pour la simple raison que Ali Al Hassan, ce grand commerçant, a osé parler au gouverneur de ses problèmes financiers et demander le prix des achats faits par les proches pour le palais. C’est de cet incident que les problèmes ont éclaté pour relater les différentes facettes des injustices qu’a connues la régence à cette période. Abou Al Hassan, Fatma, Mahmoud, ces mendiants qui meurent au quotidien devant les portes des palais et des maisons des princes et de la catégorie aisée de la société… Dar Jouad, cette prison réservée aux femmes, où se passent des pratiques terribles… témoignent de la facette morose de cette régence; une facette qui se cache derrière une autre rose, rayonnante d’une vie luxueuse et dont le cadre spatial n’est que le palais d’Al Achouria et les maisons de ses proches: Mustapha, Abou Ennokhba et Al Agha. Ce trio du mal a souligné une vérité qui n’est que cette présence formelle du gouverneur passif. Présent absent, Al Mouchir n’avait aucune idée de tout ce qui se passe au-delà de ses soirées enflammées. Dans “Le jardin de la fille du roi”, Abdelkader Belhaj Nasr est resté fidèle à la structure classique du roman; une fidélité qui a été consolidée par une narration saisissante et une description détaillée et attrayante des héros et des cadres spatio-temporels et même des psychologies et des pensées de ces personnages qui ont participé dans l’élaboration de cette histoire. Avec Fatma, Mohamed, Mustapha et tous les héros de Abdelkader Belhaj Nasr, le lecteur dévore les pages de ce “Jardin de la fille du roi” avec goût et sans modération. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com