Hazem Berrabah : Tel père, tel fils





Il est un peu partout, traçant sa trajectoire avec un regard pétillant et perlant des images projetées dans un avenir bien fondé de notre 7ème Art. C’est à l’Ariana, la ville des Roses que Hazem a vu le jour, il y a tout juste vingt ans. A voir seulement sa carrure si large, sa silhouette si élancée et ses pas si sûrs, on ne peut que le prendre au sérieux et sur tous les plans. Le jeune garçon a tout d’un grand en dégageant de la maturité et de la sagesse dans chaque geste, chaque expression. Nous l’avons croisé à plusieurs reprises lors des manifestations cinématographiques qui se déroulent dans nos murs. Mais nous avons eu à deux occasions le bonheur de causer avec lui et de le bien écouter. Car en lui prêtant attention, on apprend beaucoup. Monsieur a son mot à dire dans son domaine favori, l’image. Disposant d’une grande culture, il a sur le bout de sa langue tous les noms de ceux qu’on connaît et ceux qu’on ne connaît pas, acteurs et actrices, réalisateurs et films qui tournent ou d’archive et toutes les prochaines sorties en Orient et en Occident. Et pas seulement. Puisqu’il a toujours quelque chose à ajouter, pour agrémenter la discussion, à propos d’un thème, d’une interprétation, d’un son, d’une image... Quand il a fait son premier documentaire, il n’avait que dix-sept ans et quelques saisons. D’une durée de 15 mn de DV et qui lui a coûté un budget ne dépassant guère les dix-sept dinars (en fait, c’est le prix de la cassette). Ce documentaire nous rend compte des inondations ayant noyé en automne 2003, le Grand Tunis et pas mal de «poissons» (de beaux poissons) dans un océan d’humour intelligent, mâtiné de quelques notes de critique, très discrètes. Il nous a transmis des images vraies sur des gens désarmés devant la puissance de la Nature. Et bien sûr, parfois malheur est bon ou le malheur des uns fait de temps à autre le bonheur des autres et de voir les gens de la frime et de la folie des grandeurs — qui peuplent les hauteurs de la banlieue huppée de El Manar, d’Ennasr... —, perdre leurs richesses et pépites qui coulaient à flot (voitures, appareils, électro-ménagers...) en direction des gens d’en-bas, si désavantagés. Et la nature fait enfin le partage et impartialement. Les images bien perlées nous ont raconté dans «l’enthousiasme» les carences et les déséquilibres de la société et du capitalisme. Successivement passé au Festival de Jeunesse de Sousse (décembre 2003) et au Festival amateur de Kélibia (août 2004), le film a remporté des félicitations et la Mention Spéciale du Jury. Des projets ? Il en a plein la tête. Mais, il «prend tout son temps», nous a-t-il dit et il a parfaitement raison. Car à quoi ça sert de voler vite et de succomber à la médiocrité. Entre temps, le jeune cinéaste ne cesse de «consommer» et ne rate aucune sortie parisienne et ambitionne d’aller loin, plus loin, en Europe orientale, en Amérique Latine et ailleurs pour découvrir et sur le terrain, un autre regard, une autre sensibilité. Et il espère participer dans les manifestations à venir avec un court métrage, mais cette fois-ci du domaine de la fiction. D’où tient-il cette passion ? Inutile d’aller chercher loin. Car, tel père, tel fils. Le papa n’est que Abdelhak Berrabah, notre confrère à la télévision, auteur de plusieurs documentaires et autres reportages, spots publicitaires. Enfant de la balle, Hazem continue dans le sillon qu’a creusé le premier Berrabah qui l’a bien «contaminé» du «virus» de l’image et déjà dès l’âge de 7 ans. «C’est lui qui m’a filé les premiers secrets de ce beau travail sans s’en rendre compte. Je n’ai fait que prêter attention, et lui, de loin, n’a fait que m’aiguiller», nous a dit Hazem de son père avec qui il a partagé le plus clair de son enfance dans les studios. Aujourd’hui, Hazem est un jeune homme comblé. Avec sa tête bien faite et bien vissée sur les épaules, il poursuit ses études, en terminale à l’Ecole supérieure d’études cinématographiques (ESEC) du 12ème arrondissement de Paris. Le bonhomme n’a pas de temps à perdre et il en profite pleinement en participant dans des courts métrages de ses aînés à l’école, pendant les heures creuses. Sinon, il trimballe sa carcasse et son esprit dans les musées et les galeries de l’Hexagone. Et dans sa tête, il écrit ses scénarios futurs. «Je suis habité par l’image et j’affectionne tous les arts du théâtre, de la chorégraphie et surtout de la musique. Car la mélodie est un rythme. Et des notes cohérentes avec les images», nous a dit le jeune cinéaste. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com