Rejetant toute coopération avec Damas : Beyrouth dans le giron américain





Washington a apporté son soutien au Liban en y dépêchant hier son secrétaire d'Etat adjoint pour le Proche-Orient, au moment où Beyrouth a rejeté des propositions de la Syrie de coopérer avec le Liban pour régler la crise née entre les deux pays après l'assassinat de Hariri. Le Quotidien-Agences David Welch, accompagné d'Elliot Abrams, conseiller du président George W. Bush, est arrivé au Liban pour "une visite de soutien" au cours de laquelle il devait être reçu notamment par le Premier ministre, Fouad Siniora. Washington "n'appuie nullement un marché ou des promesses, qui menaceraient la souveraineté du Liban, en contrepartie d'une soit disant stabilité" dans la région, a déclaré, dans une allusion à la Syrie, Welch, à l'issue d'un entretien avec le patriarche maronite, Nasrallah Sfeir. "J'ai réaffirmé au patriarche maronite que le peuple américain et son administration se tiennent fermement aux côtés du Liban", a ajouté Welch. Cette visite intervient alors que Washington et Paris ont multiplié les appels pour une coopération de la Syrie avec la commission d'enquête de l'Onu sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, qui a demandé à pouvoir rencontrer le président syrien, Bachar Al-Assad, et son ministre des Affaires étrangères, Farouk Al-Chareh. Elle intervient également alors que Beyrouth a rejeté des propositions syriennes de coordination sur les plans sécuritaire et diplomatique transmises par l'Arabie Saoudite. * Entretiens Le président syrien avait effectué dimanche des visites en Arabie saoudite et en Egypte pour discuter avec le roi Abdallah et le président Hosni Moubarak de la crise née de l'implication présumée de Damas dans l'assassinat de Rafic Hariri, tué en février à Beyrouth alors que Damas exerçait une tutelle sur son voisin. David Welch a eu en début de matinée un entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères, Fawzi Salloukh, avant le départ de ce dernier pour une tournée africaine et a également rencontré le chef chrétien, Michel Aoun, principale figure de l'opposition. Salloukh a déclaré à l'issue de son entretien avec le responsable américain que "l'aboutissement de l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri et la coopération avec la commission d'enquête internationale faisaient l'unanimité parmi les Libanais". Welch devait également s'entretenir au cours de sa visite d'une journée avec le chef druze, Walid Joumblatt, et le Premier ministre, Fouad Siniora. Le responsable américain tiendra également une réunion de concertation avec l'ambassadeur de France au Liban, Bernard Emié, a indiqué un membre de la délégation américaine. Aucune rencontre n'est prévue avec le président libanais prosyrien, Emile Lahoud. Selon le ministre libanais de l'Information, Ghazi Aridi, les Syriens "ont fait des propositions sur une feuille sans en-tête, sans date et non signée, qui comportait sept points". Il a ajouté qu'il "ne s'agissait pas d'une initiative saoudienne", Ryad s'étant contenté de transmettre les propositions syriennes. Selon une source syrienne bien informée, les propositions de Damas portent sur une coopération sécuritaire et diplomatique entre le Liban et la Syrie, l'arrêt des campagnes dans la presse libanaise à l'encontre de la Syrie et l'engagement syrien à un tracé des frontières avec le Liban à condition que cela soit précédé par une normalisation des relations entre les deux pays. Le rejet de ces propositions par des ténors de la majorité parlementaire a eu pour effet de rapprocher les points de vues entre les représentants de cette majorité, notamment le chef druze Walid Joumblatt, et le chef chrétien Michel Aoun, qui dirige l'opposition.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com