Khaddam : L’apparatchik syrien passé à l’opposition





Paris-Agences L'ex-vice-président syrien Abdel Halim Khaddam qui mène une offensive médiatique pour obtenir la chute du président Bachar Al-Assad est engagé dans une épreuve à l'issue aléatoire, l'opposition se méfiant de cet ancien pilier du régime, selon des opposants et des experts. Réfugié avec sa famille dans un somptueux hôtel particulier à Paris, Khaddam multiplie les interventions depuis près de deux semaines pour expliquer vouloir provoquer une "intifadha populaire" contre Bachar Al-Assad. Il accuse le président syrien d'avoir ordonné l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri en février dernier à Beyrouth lors d'un attentat pour lequel Damas fait figure de principal accusé. Le peuple syrien "n'en peut plus de l'oppression et de la corruption", a déclaré il y a quelques jours Khaddam, 73 ans, qui affirme être "en contact avec des forces politiques et des personnalités". S'il confirme avoir rencontré l'ancien chef d'état-major de l'armée syrienne, Hikmat Chehabi, "en tant qu'ami", Khaddam a souligné ne pas coordonner son action politique avec lui. "Chehabi ne rêve que de se faire oublier", confirme à Paris un proche de cet officier qui vit aux Etats-unis et dont le nom est cité dans certains médias comme œuvrant dans l'opposition. A Damas, des opposants se sont démarqués de Khaddam, le plus fidèle compagnon de l'ex-président Hafez Al-Assad qui a régné d'une main de fer sur son pays. Le cinéaste Omar Amirallay a accusé Khaddam d'être "responsable de crimes", l'avertissant qu'il "n'aura aucune chance de trouver sa place dans une Syrie démocratique". ____________________________________ Un gouvernement en exil L'ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam a affirmé qu'il préparait un gouvernement en exil et s'est dit convaincu que le président Bachar Al-Assad serait contraint de quitter le pouvoir cette année, dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel. Dans ce gouvernement en exil, "je n'exclurai aucun groupe politique qui respecte les règles du jeu démocratique", a déclaré Khaddam au magazine allemand, soulignant qu'il était ouvert aux groupes islamistes et aux membres du parti Baath dont il a été exclu au début de l'année. La Syrie est exclusivement dirigée par le clan familial du président Assad "dans le style d'une bande de gangsters", a ajouté Khaddam qui prédit que les jours de Bachar Al-Assad au pouvoir sont comptés. "La chute a commencé. Je ne crois pas que le régime survive à cette année", a-t-il affirmé. Il s'est par ailleurs dit à nouveau "convaincu" que le président Assad avait donné l'ordre de tuer l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com