ATEP/Moulins Mahjoub : Des racines et des arts





Poètes, écrivains, artistes, historiens, chercheurs, universitaires, oléiculteurs et autres associations célébreront, comme chaque année à pareille période, du côté de Tébourba, les noces de ce qui continue à faire notre fierté nationale, «Un olivier, une terre». Et le thème est chargé de plus qu’une lumière. Ils sont les Salma et Choubeïla Rached, Ali Riahi, Ahmed Hamza, Youssef Témimi, Safoua, Kacem Kéfi, Hichem Nagati, Mongi Ezzeddine et autres chorales et orchestres à chanter l’olivier. Un arbre fortement ancré dans notre terre et dans les «forges» de notre mémoire. Et qui continue à nous enduire bonnement la vie par son huile dorée. Aussi, nos scientifiques dans leurs laboratoires de par le monde, n’ont jamais cessé leurs recherches pour trouver les vertus au naturel de l’olivier. Ecrivains, poètes, photographes, peintres et autres, continuent eux aussi à trouver refuge sous le pied de son majestueux tronc, à l’ombre de ses feuilles, entre le lacis de ses rameaux pour féconder leur imaginaire à l’infini. On ne compte plus le nombre d’œuvres ayant peuplé la mémoire de l’homme. Et les grands musées du pourtour du Bassin Méditerranéen en témoignent, dans diverses disciplines. Dans la poterie comme dans la mosaïque ou autres sculptures. Sans oublier les tapissiers, qui ont donné libre cours à leur force créatrice pour orner leurs travaux par des rameaux, feuilles et autres olives, vertes, noires ou tirant sur le violâtre. Depuis l’antiquité, Athènes, Carthage et le monde d’aujourd’hui même, les gens ont toujours réservé un respect jusqu’au plus mystique pour cet arbre qui a «charpenté» leurs demeures et leurs facultés spirituelles, «alimenté leurs feux» et lumières, et portée une attention particulière à un arbre «béni» pour fêter leurs gloires en honorant leurs athlètes par des couronnes et diadèmes torsadés de tiges et feuilles et tous les symboles. Arbre ancestral, mais aussi à mille et une images, que les livres saints n’ont pas ignoré. Il a rythmé tant de versets. Mais aussi, auparavant, le quotidien des païens. «Allah est lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est à la ressemblance d’une niche où se trouve une lampe, la lampe est dans un (récipient de) verre, celui-ci semblerait un astre étincelant, elle est allumée grâce à un arbre béni, (grâce à) un olivier ni oriental ni occidental,dont l’huile (est limpide qu’elle) éclairerait même si nul feu ne la touchait. Lumière sur lumière. Allah, vers sa lumière, dirige qui il veut. Allah propose des paraboles aux hommes. Allah, de toutes choses, est omniscient», lit-on dans le Coran. Ni oriental ni occidental, l’arbre de nos ancêtres, de notre identité et avenir, symbolise la force, la résistance et la fertilité, et trame les fils d’échange et d’amitié entre les pays du monde, grâce à ses fruits généreux. Pour tout ceci, nous avons appris à aimer, à chanter, à magnifier et à respecter ces arbres qui épousent les «courbes et creux» de nos terres arides ou semi-arides. Et nous avons l’obligation de léguer cette passion à nos générations futures. Ici et là, et surtout en périodes automnales, les colloques se multiplient et les manifestations s’intensifient. Après le fameux festival de l’Olivier de Kalaâ Kebira (fin décembre), d’autres plus ou moins importants ont suivi. Celui de Tébourba reste un grand événement. Pour fêter l’olivier et la cueillette, l’ATEP (Association tunisienne d’esthétique et de poiétique), fondée en 1995 en collaboration avec les Moulins Mahjoub, qui gardent jalousement l’arbre légendaire, de paix et de santé, sur les hauteurs interminables d’une oliveraie du côté de Tébourba, organise une manifestation culturelle sur le thème: «Un olivier, une terre» et ce, le samedi 21 janvier à 15h00, au siège de l’huilerie familiale des Mahjoub. Et ce n’est pas tout, car l’après-midi sera tout en art et poésie. Au programme, une exposition artistique (La céramique, de la création artisanale à la création artistique) en hommage à Faouzi Chtioui, qui vient de nous quitter. Aura lieu aussi une exposition scientifique qui «décortiquera» «Notre histoire à travers la terre». Quelques objets en céramique ancienne, empruntés du Musée du Bardo, garniront momentanément le lieu. De la musique, il y en aura bien sûr. Samih El Mahjoubi, Foued Errafrafi, Mohamed Ben Abdelkader et autres Belhassen Kacem enchanteront les airs. Prévue aussi l’attribution du trophée «L’olivier d’or 2006». Sans oublier les poèmes qui seront déclamés, les interventions didactiques et surtout, avant de passer à la dégustation d’une huile extra-vierge et pressée à froid, le public aura droit de savourer du chant populaire avec «Ouled Ezzanga» dans une musique dirigée par Faouzi Gharbi. Zohra ABID ____________________________ Et... un travail continu sur la mémoire Participeront à cette manifestation, plusieurs hommes de culture d’ici et d’ailleurs. Nous citons notamment les Rachida Triki, présidente de l’ATEP et professeur à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis du 9 avril, Abdelwaheb Mahjoub, Habib Salha, Mohamed Mezzi, Khaled Ouaghlani, Taoufik Ben Ameur... A noter que l’ATEP, organisatrice du colloque de ce festival a à son actif cinq autres internationaux avec l’aide de plusieurs institutions tunisiennes et le concours de quelques services culturels étrangers. Quant aux thèmes précédents de cette manifestation, ils ont toujours traité tous les côtés qui entourent l’Olivier. Comme en 1996, «L’Archéologie industrielle de la production de l’huile d’olive», «L’Ecole du Moulin» (1997), «La symbolique de l’Olivier» (1998), «L’Olivier, l’environnement: une esthétique de vie (2000), «L’olivier vu par les photographes» (2001), «Un olivier, un livre» (2002) et «Un enfant, un olivier» (2004). A la mémoire du regretté Faouzi Chtioui, les artistes Khaled Ben Slimène, Mohamed Hachicha, Samia Achour, Houda Ghorbel, Hédi Bacha, Imed Jradi, Chokri Soltani, Skander Khlif, Mahsouna Sellami, Mohamed El Yengui, Hachmi Jmel, Amine Chawali et Saliha Tounsi, nous raconteront en plasticité leurs petites histoires avec l’arbre qui déambule avec fierté dans l’imaginaire , le temps et notre territoire. 1 500.000 hectares peuplés de 60 millions d’oliviers. Qui produisent en moyenne 150.000 tonnes d’huile par an nous classant en 4ème position dans le monde, après l’Espagne (1er producteur), l’Italie et la Grèce.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com