Nasrallah lance un dernier appel aux Arabes : S.O.S. Liban





Le chef du Hezbollah libanais prosyrien Hassan Nasrallah a lancé un "dernier appel" aux Arabes pour aider à apaiser les tensions entre Beyrouth et Damas et surmonter la crise interne au Liban. "La situation au Liban est mauvaise et a de dangereuses répercussions. Nous lançons un dernier appel à l'intervention des frères arabes", a déclaré le secrétaire général de la formation chiîte dans une interview au journal arabe Al-Hayat publiée hier. Cette intervention est nécessaire "non seulement pour aider le Liban et la Syrie à surmonter la crise, mais nous avons également besoin de l'intervention de sages arabes pour dépasser nos problèmes internes" a-t-il précisé. Selon lui, la crise au Liban, où le fossé entre pro et anti-syriens se creuse chaque jour davantage depuis la suspension le 12 décembre de la participation des ministres chiîtes au gouvernement, "prouve qu'il est difficile que les Libanais gèrent eux-mêmes leurs affaires". L'Arabie saoudite mène, de concert avec l'Egypte, des efforts pour réduire les tensions entre Damas et Beyrouth, après l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri pour lequel la Syrie a été pointée du doigt. Le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal a révélé que Ryad avait proposé au Liban et à la Syrie un plan destiné à apaiser les tensions mais sans donner des détails. Cheikh Nasrallah a dit son "refus qu'une guerre contre la Syrie soit menée au Liban" ou "l'implication des Libanais dans tout projet de faire chuter le régime syrien", critiquant nommément le chef druze et député Walid Joumblatt qui prône la chute du régime du président Bachar Al-Assad. "C'est dangereux tant pour la Syrie que pour le Liban. Nous considérons que toute guerre politique, sécuritaire ou médiatique dans laquelle certains veulent entraîner le Liban, est contraire aux intérêts nationaux libanais (...) car c'est une guerre perdue sur tous les plans", a-t-il jugé. * Mise en garde Cheikh Nasrallah s'est défendu de vouloir maintenir l'influence syrienne au Liban mais a mis en garde contre l'accusation contre Damas dans l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, avant la fin des investigations. "Il n'y a aucune preuve de l'implication de la Syrie jusqu'à présent (...) et s'il s'avère qu'elle ne l'est pas, cela signifierait que toute la structure politique, psychologique et sociale édifiée sur la base de cette accusation va s'effondrer en un clin d'oeil", a-t-il dit. Dans ses deux rapports d'étape, la commission d'enquête de l'ONU a évoqué des "preuves convergentes" sur l'implication de services de sécurité libanais et syriens dans l'assassinat de Rafic Hariri, tué le 14 février alors que la Syrie régnait en maître absolu au Liban. L'ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, a de son côté accusé Assad d'avoir donné l'ordre de tuer Rafic Hariri. La Syrie a démenti toute implication dans cet assassinat. Cheikh Nasrallah a par ailleurs qualifié de "sans fondement" le projet, évoqué notamment par le roi Abdallah II de Jordanie, d'un "Croissant chiîte" qui s'étendrait de l'Iran au Liban, en passant par les pays du Golfe. "Les chiîtes du Liban n'ont nulle intention de gouverner le Liban, leur ambition est la participation aux côtés des autres Libanais", a-t-il assuré. Ce projet "n'existe que dans l'imagination de ceux qui l'ont lancé (...) qui gravitent dans l'orbite des Anglais et des Américains". Selon lui, évoquer un tel projet vise à exacerber les tensions entre sunnites et chiîtes, saboter les mouvements islamistes et les pousser à mener des actes contraires à l'islam, à l'instar des attentats antichiîtes en Irak.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com