Territoires occupés : L’Autorité palestinienne au bord de la faillite





L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas est confrontée à une crise financière aiguë à la veille des législatives du 25 janvier et pourrait se retrouver dans l'incapacité d'assurer la paie de ses 130.000 fonctionnaires. Le Quotidien-Agences Le déficit du budget devrait atteindre cette année près d'un milliard de dollars, selon une estimation de la Banque Mondiale (BM). Ce trou a été creusé notamment par le gonflement de la masse salariale dû à l'augmentation du nombre d'employés des services publics et des salaires dans ce secteur. "Nous traversons une crise financière qui nous étrangle. Le chômage en est à l'origine, car lorsque nous donnons des emplois publics à ces chômeurs, la masse salariale augmente et les pays donateurs cessent leur assistance", a admis Mahmoud Abbas. Signe des temps: l'Union européenne, sur recommandation de la BM, a annoncé cette semaine la suspension du versement d'une tranche d'aide de 35 millions d'euros pour "manque de discipline budgétaire". "Nous n'avons pas payé car les conditions que nous avions fixées n'ont pas été remplies", a indiqué une responsable européenne. Selon Salah Abdel Shaffi, un économiste palestinien et ancien cadre de la BM, l'Autorité palestinienne embauche dans les services de police des membres des groupes armés afin de les neutraliser et réduire "l'anarchie sur le terrain". "Nous nous trouvons dans un cercle vicieux, le bouclage imposé par Israël et le désordre qui règne dans les Territoires font fuir les investisseurs privés. Si bien que le secteur public est le seul capable de créer des emplois, ce qui creuse un déficit que les pays donateurs hésitent de plus en plus à combler", constate Shaffi, prochain représentant palestinien en Suède. * Diagnostic Une analyse que confirme le récent diagnostic établi par l'ancien responsable de la BM dans les Territoires palestiniens Nigel Roberts, qui a achevé une mission de cinq ans dans la région. "Les dépenses salariales sont incontrôlées. Au lieu d'imposer une discipline budgétaire, l'Autorité palestinienne a cédé aux pressions, si bien que les salaires dans le secteur public ont augmenté de 7% par an depuis le début de l'Intifada" en 2000, a déploré Roberts. Selon lui, le gouvernement palestinien qui a un besoin vital de l'aide internationale "doit commencer à assumer ses responsabilités". Le montant de l'aide internationale aux Palestiniens a atteint 5 milliards de dollars en cinq ans, l'équivalent de 300 dollars par tête d'habitant, un montant sans précédent depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Pour maintenir ce flux, le gouvernement doit améliorer ses performances, a souligné Roberts. "Yasser Arafat a créé un système qui était taillé sur mesure pour un mouvement de libération, mais pas pour un Etat (...) Nous ne pensions pas que l'adaption à de nouvelles normes prendrait autant de temps", reconnaît-il en faisant notamment référence à la "corruption qui constitue un problème sérieux". A ces considérations financières s'ajoutent des menaces à peine voilées de l'Union européenne, le plus important donateur, de réduire son aide (280 millions d'euros en 2005) si les sondages prévoyant une percée des islamistes du Hamas se confirmaient aux élections. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos en visite à Ramallah en Cisjordanie a prévenu lundi que les Européens procéderaient à une réévaluation de leurs relations, surtout économiques en cas de victoire du Hamas.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com