Mme Norhène Kanakan, DG de la société “Au nom de la rose” : «L’entreprise tunisienne souffre de plusieurs obstacles»





Comptant parmi les femmes chefs d’entreprises tunisiennes les plus actives, Mme Norhène Kanakan vient de confier au “Quotidien” que l’entreprise tunisienne souffre actuellement de plusieurs obstacles qui limitent son évolution, en particulier, la lourdeur des procédures administratives, et le manque de confiance des banquiers. * Le Quotidien : Comment évaluez-vous l’évolution de l’entreprise tunisienne durant ces dernières années? Mme Norhène Kanakan : En général, on peut dire que l’entreprise tunisienne a connu une croissance relativement importante sur l’ensemble des dernières années, mais cette croissance demeure encore peu satisfaisante. * Pourquoi ? L’entreprise tunisienne dispose aujourd’hui de plusieurs atouts économiques, politiques et humaines qui lui favorisent une évolution beaucoup plus importante que ce soit à l’échelle nationale ou internationale. Le climat de l’investissement est au centre de l’intérêt du gouvernement tunisien qui ne cesse d’inciter à l’investissement et à mettre en place des outils permettant le développement de l’entreprise. Cette dernière souffre, cependant, de plusieurs obstacles qui ralentissent son évolution. * Quels sont, donc, ces obstacles? Ils sont de différentes natures que ce soit à l’échelle internationale ou nationale. Au niveau international, les différents secteurs d’activités connaissent actuellement des mutations profondes et rapides qui influent remarquablement sur l’évolution de l’entreprise tunisienne, désormais incapable de suivre le rythme de ces changements stratégiques. Au niveau national deux principaux obstacles empêchent la croissance convenable de l’entreprise, à savoir, l’Administration et le comportement des banques tunisiennes. Pour l’Administration, force est de remarquer que les différentes réformes décidées jusque-là n’ont pas eu un impact assez positif sur la qualité des services administratifs. Les procédures administratives demeurent encore trop lourdes, alors que l’entreprise doit agir rapidement pour faire face aux mutations économiques et à la concurrence internationale. Par ailleurs, les banques tunisiennes se sont montrées indifférentes quant aux défis de l’entreprise et n’ont pas joué, convenablement leur rôle de soutien et d’appui financier aux côtés de cette entreprise. On a l’impression que les banquiers n’ont pas confiance en les performances et les capacités de l’entreprise tunisienne à résister à la concurrence durant la prochaine étape. * Justement, pensez-vous que l’entreprise tunisienne est capable de résister à la concurrence? Franchement, je crois que dans les conditions actuelles on n’est en mesure de faire face aux concurrents étrangers. Je ne mets pas en doute la compétitivité de l’entreprise, car je sais qu’il y a des compétences tunisiennes de haut niveau et dans les différents domaines. Mais j’estime que cette compétitivité pourrait être bien plus importante si l’environnement de l’entreprise s’implique davantage dans son soutien. Donc, je crois qu’on ne doit pas lâcher l’entreprise toute seule actuellement. * Ne croyez-vous pas que l’entreprise elle-même doit faire plus d’efforts? Bien sûr. Je pense que le programme de mise à niveau de l’entreprise tunisienne lui a apporté de bons résultats. Ce programme doit s’étendre, à mon avis, durant la prochaine étape et s’élargir pour toucher même les patrons, des entreprises dont certains ont besoin d’une formation approfondie dans plusieurs domaines. Je crois, également, que l’entreprise tunisienne doit s’orienter de plus en plus vers les jeunes compétences, et essayer d’en profiter pleinement. Aujourd’hui, on a un potentiel de jeunes compétences, très motivés et très bien formés, mais qui ne sont pas, malheureusement, bien exploités. Ces compétences pourraient être un des atouts de l’entreprise durant la prochaine étape. * Pour le secteur de la floriculture, comment jugez-vous son évolution? C’est vrai que la floriculture commence à s’imposer comme une des branches importantes du secteur agricole en général, mais je pense que cette branche n’a pas encore décollé. En effet, une restructuration générale de la branche demeure actuellement très importante. C’est dans ce même cadre qu’on se bat depuis quelques temps, pour créer une association pour la floriculture qui aura comme principal objectif d’encadrer les jeunes dans ce métier. Il ne faut pas nier, à ce sujet, que nos efforts sont appuyés par le Chef de l’Etat, qui ne cesse de nous soutenir pour restructurer le secteur, et aussi par quelques organismes professionnels tunisiens et aussi étrangers. Propos recueillis par Mohamed Zghal


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com