Selon HRW : Les droits de l’Homme affaiblis par l’administration Bush





La défense des droits de l'Homme dans le monde a souffert des politiques du gouvernement Bush justifiant le traitement dégradant de prisonniers au nom de la lutte contre le terrorisme, a dénoncé l'organisation Human Rights Watch (HRW) dans son 16e rapport annuel. Le Quotidien-Agences Le directeur de l'organisation américaine des droits de l'Homme a comparé la période actuelle à la Guerre froide. Aux Etats-Unis, "le terrorisme a remplacé le communisme comme rationalisation majeure pour ignorer les abus des droits de l'Homme", a affirmé Kenneth Roth lors d'un point-presse à Washington. Le gouvernement Bush "n'a cessé de répéter, de manière incantatoire, qu'il ne se livrerait pas à la torture, tout en fermant les yeux sur des traitements inhumains", a-t-il ajouté, dressant une liste de méthodes d'interrogatoire musclées jugées acceptables par les responsables américains. La Maison-Blanche a rejeté ces accusations, derrière lesquelles elle voit une motivation "politique", assurant qu'aucun pays n'en faisait autant que les Etats-Unis pour la promotion des droits de l'Homme. L'organisation estime au contraire que les politiques de l'administration Bush ont affaibli la crédibilité du pays dans ce rôle. "Désormais, Washington se contente de parler +liberté+ ou +démocratie+, des notions plus vagues que les droits de l'Homme", a regretté Roth. Selon l'organisation, le refus initial "du président Bush de promulguer une loi contre les traitements inhumains et dégradants, les pressions du vice-président Dick Cheney pour exempter la CIA d'une telle loi", sont autant d'exemples évidents que "la responsabilité pour l'usage de la torture et les mauvais traitements ne peut plus être imputée de manière crédible aux mésaventures de sans grade en vacation de nuit". Le traumatisme du 11 septembre a favorisé l'idée que "rien ne pouvait choquer la conscience des Américains du moment que cela était justifié par la lutte contre le terrorisme". Mais aujourd'hui l'opinion estime "de manière croissante que les violations des droits de l'Homme ne font rien pour contrer le terrorisme, et même plutôt le contraire", a avancé Roth, le recours à des tactiques illégales étant "contreproductif" puisqu'il "attise le recrutement de terroristes". Le rapport de 500 pages, qui passe en revue les situations de 68 pays, égratigne aussi la Grande-Bretagne, allié privilégié des Etats-Unis, pour avoir proposé de renvoyer des présumés terroristes dans des pays pratiquant la torture. Face à l'absence des Etats-Unis sur le terrain de la défense des droits de l'Homme, l'Union européenne n'a pas comblé le vide, estime HRW qui attribue ce manque à la règle de l'unanimité des 25, un processus de décision "opaque".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com