Union des Artistes Plasticiens Tunisiens : Une passation sans anicroches





Dans une ambiance de haute facture, les élections du nouveau bureau de l’UAPT se sont bien déroulées avant-hier. Une première. Après trois mandats de deux ans chacun, le peintre et universitaire Sami Ben Ameur a préféré ne pas représenter sa candidature au nouveau bureau de l’Union des Artistes Plasticiens Tunisiens (UAPT) dont l’assemblée générale élective s’est tenue vendredi dernier à la Maison de Culture Ibn Khaldoun où siège l’Association. De l’avis général, le passage de Sami Ben Ameur à la tête de l’UAPT a été assez utile pour cette organisation qui semble aujourd’hui mieux outillée pour rendre service aux artistes plasticiens et défendre leurs intérêts. Lui et les autres membres du bureau ont su doter l’UAPT d’un budget conséquent (108 mille dinars et quelques poussières durant leur dernier exercice), d’un site Internet, consacré à la promotion des artistes tunisiens et d’une certaine crédibilité dans ses relations avec l’administration publique les opérateurs artistiques. Cela lui a permis de mettre en route de nombreuses activités, notamment l’organisation d’une exposition annuelle agrémentée d’un catalogue de qualité, de nombreuses rencontres et colloques en collaboration avec d’autres acteurs de la scène culturelle. C’est donc une association mieux structurée et en bon état de fonctionnement que le bureau sortant laisse au nouveau bureau composé de Mongi Maâtoug avec la majorité des voix (près d’une centaine), Brahim Bahloul, Kaouther Jallazi, Mona Jmal, Sami Sahli, Lotfi Dridi et Moncef Naouar. Ces nouveaux promus auront la tâche difficile de préserver les acquis, d’enrichir et d’apporter leur contribution au développement et au rayonnement de l’organisation. A en juger par la présence importante des artistes à cette assemblée générale (près de 200 personnes sur les 413 adhérents ont fait le déplacement à Ibn Khaldoun), on peut estimer que l’organisation, jadis critiquée pour son inactivité, rassemble aujourd’hui la scène artistique. Ce qui est déjà, en soi, un grand acquis sur lequel les artistes peuvent bâtir. Comme à l’accoutumée, le bureau sortant a présenté un rapport moral et un autre financier, assez exhaustifs et précis, qui n’ont pas suscité beaucoup de discussions. Les artistes présents ont évoqué ensuite les problèmes de leur corporation : les relations avec la commission d’achat du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, les municipalités et les institutions publiques en général, l’exposition annuelle que certains voudraient voir élargie à tout le pays, les difficultés éprouvées par d’autres pour acquérir les matériaux dont ils ont besoin dans leur travail, les problèmes avec les galeristes (plus marchands de tableaux que promoteurs d’art), l’absence d’une critique d’art digne de ce nom etc. Certains présents ont soulevé le problème de la Maison du Plasticien, dont la création a été annoncée il y a plus de dix ans et qui tarde à ouvrir ses portes. D’autres ont évoqué furtivement (comme s’ils n’y croyaient plus) l’éternelle gestion de l’absence d’un vrai musée d’arts modernes en Tunisie, et déploré que les œuvres acquises par la tutelle continuent à moisir dans les dépôts, dans des conditions de conservation déplorables. Ces œuvres sont-elles répertoriées et gardées? Les artistes voudraient être rassurés sur le sort de leurs travaux. Et ils ont parfaitement raison. Après tout, c’est leur droit le plus légitime. Zohra ABID ________________________________ L’UAPT en bref — L’Union des Artistes plasticiens tunisiens a été créée en 1969. Zoubeïr Turki a été le premier à tenir les rênes de cette association. Depuis, plusieurs artistes se sont succédé au poste de la présidence. Parmi eux, nous citons bien sûr Sami Ben Ameur (1999-2006) et auparavant les Abderrahmane Moutajaoulli (1994-1999), Samir Triki, Youssef Rekik, Ibrahim Azzabi et autres Hédi Turki. Mais aussi Nejib Belkhodja lors de l’amendement de quelques lois internes de l’association. — C’est pour la première fois que les artistes plasticiens se sont réunis et ont débattu de leurs problèmes sans que la séance ne tourne au vinaigre. Jadis nous avons assisté à des assemblées plutôt chaudes. Où les “artistes” ont presque mené “à coups de gourdin et de sabre” des discussions stériles et d’aucun intérêt. — “J’ai conduit successivement trois mandats. C’est-à-dire gérer six ans de suite notre monde d’artistes et ce n’est pas donné. C’est donc amplement suffisant. Il faut que je cède la place aux autres. Ils ont certainement d’autres idées pour que notre association aille au mieux. Mais je vais continuer à être présent et dans toutes les manifestations”, nous a dit le président sortant de l’UAPT qui a “d’autres chats à fouetter” à l’Université où il a sur son bureau près d’une quarantaine de dossiers de doctorat et mastère à évaluer. L'universitaire a quand même laissé dans les caisses de l’Union près de dix mille dinars qu’il a confiés à ses successeurs. Z.A.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com