Koweït : Le gouvernement appelle officiellement à destituer l’émir





Le Koweït était plongé hier dans une crise politique sans précédent, le gouvernement ayant officiellement demandé au Parlement de procéder à la destitution du nouvel émir en raison de son état de santé, alors que celui-ci veut prêter serment aujourd’hui devant l'assemblée. Le Quotidien — Agences Le président du Parlement, Jassem Al-Khorafi, a affirmé hier avoir reçu du gouvernement une requête officielle demandant à l'assemblée de prononcer la destitution du souverain, qui a accédé au trône le 15 janvier à la mort de son prédécesseur, cheikh Jaber Al-Ahmad Al-Sabah. Dans cette lettre, dont le texte a été publié ensuite par l'agence officielle Kuna, le gouvernement affirme avoir obtenu "des preuves" que l'émir, cheikh Saad Al-Abdallah Al-Sabah, "n'a plus les facultés pour exercer ses prérogatives constitutionnelles". C'est la première fois que le gouvernement, dirigé par cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, Premier ministre et homme fort de ce richissime émirat pétrolier qui détient 10% des réserves mondiales de brut, affirme officiellement que l'émir n'est pas en état de gouverner. D'après la lettre, le gouvernement a demandé au Parlement de se réunir en session extraordinaire mardi à 07h00 GMT. L'heure est capitale, car le Parlement a prévu d'organiser aujourd’hui une autre session extraordinaire, mais en fin de journée, à la demande de l'émir — et de son entourage — afin de lui permettre de prêter serment, condition sine qua non pour qu'il puisse assumer ses fonctions. Si le Parlement approuve la destitution de cheikh Saad dans la matinée, il n'y aura évidemment pas d'autre session, a-t-on ajouté de sources parlementaires. Le bureau du Parlement a tenu hier matin une réunion extraordinaire pour examiner la crise constitutionnelle ouverte par ces deux demandes de sessions extraordinaires. Si cheikh Saad est destitué, il s'agira d'une première dans l'histoire de la famille Al-Sabah, qui a pourtant déjà surmonté plusieurs crises graves au cours de ses 250 ans au pouvoir. Le président du Parlement avait espéré dimanche que "la sagesse" prévaudrait au sein de la famille régnante pour régler la crise, ajoutant toutefois que "si le Parlement est appelé à assumer ses responsabilités, il les assumera". Des membres de la famille régnante ont une nouvelle fois tenté dimanche une solution à l'amiable, mais en vain, ont indiqué des sources de cette famille. Cheikh Saad est soutenu par son cousin, cheikh Salem Al-Ali Al-Sabah, chef de la Garde nationale et doyen de la famille régnante.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com