M. Ghannouchi à la 6e conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine : Permettre aux pays africains à gagner leurs paris





Khartoum-TAP Sur instructions du Président Zine El Abidine Ben Ali, M. Mohamed Ghannouchi, Premier ministre, a prononcé le discours de la Tunisie devant la 6e conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, réunie à Khartoum hier et aujourd'hui sur le thème «L'éducation et la culture». Au début de ce discours, le Premier ministre a transmis aux Chefs d'Etat et de gouvernement les salutations du Président Zine El Abidine Ben Ali et ses vœux de succès pour leurs travaux. Il a souligné l'importance majeure accordée par les pays africains à l'éducation et à la culture, partant de la conviction que la diffusion, sur la plus large échelle, de la culture et de l'enseignement, et la mise en valeur du patrimoine culturel du continent africain, en tant qu'attribut de l'identité et pilier de développement, sont une condition nécessaire pour assurer un avenir meilleur aux Africains. M. Mohamed Ghannouchi a mis également l'accent sur les efforts soutenus déployés par les Etats africains dans les domaines de l'enseignement et de la formation durant les dernières décennies, ce qui a permis d'améliorer les indicateurs dans ce domaine, comme en témoignent les rapports des différentes instances régionales et internationales spécialisées. Il a indiqué que malgré l'importance des efforts déployés, les taux de scolarisation demeurent encore en deçà de la moyenne mondiale et que le niveau de l'analphabétisme reste encore élevé, atteignant près de 37% en Afrique contre 19% à l'échelle mondiale. Le Premier ministre a fait remarquer que compte tenu de la relation étroite qui existe encore l'amélioration du niveau de l'enseignement et l'accélération du rythme de la croissance économique, il est impératif de redoubler d'effort dans ce secteur stratégique, dans le cadre d'une stratégie cohérente qui couvrira la prochaine décennie. Le Premier ministre a souligné que parmi les principales orientations qui doivent être inscrites dans le cadre de cette stratégie figure, notamment, l'institution du caractère obligatoire de l'enseignement pour les enfants âgés de 6 à 15 ans afin de leur garantir un seuil minimum de connaissances et de consacrer l'égalité des chances en matière d'enseignement entre les filles et les garçons, conformément aux objectifs onusiens du millénaire et afin d'adapter les programmes d'enseignement à la nécessité de promouvoir l'employabilité des diplômés, de manière à consolider les fondements du développement, outre l'intensification de l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour assurer la diffusion de l'enseignement sur la plus large échelle et améliorer ses programmes et son rendement. M. Mohamed Ghannouchi a fait observer que la Tunisie s'emploie, pour sa part, à consacrer, sans relâche, ses orientations, précisant que 7,5% du PIB et 22% du budget de l'Etat sont consacrés à l'éducation, à l'enseignement et à la formation. Il a passé en revue les profondes réformes engagées dans ce domaine à l'effet de gagner le pari de la qualité après avoir atteint durant la dernière décennie l'objectif de la quantité. Le Premier ministre a ajouté que le principal objectif que la Tunisie s'est fixé pour la prochaine étape consiste à augmenter la capacité d'accueil du système d'enseignement supérieur, à travers la multiplication des filières porteuses, pour accueillir un nombre sans cesse croissant de bacheliers, partant du principe que tout diplômé du baccalauréat a le droit d'accéder à l'enseignement supérieur. M. Ghannouchi a ajouté que l'autre objectif fixé concerne le renforcement du système de la recherche scientifique, précisant que la Tunisie consacre 1% de son PIB à ce secteur et au développement des technologies de l'information et de la communication qui contribuent désormais à hauteur de 5,5% au PIB. Il a fait remarquer que ces orientations sont de nature à renforcer l'infrastructure nécessaire à l'édification de la société du savoir que le Président de la République a placée en tant que priorité majeure pour les cinq années à venir. Le Premier ministre a réaffirmé la fierté de la Tunisie des relations solides et étroites qui l'unissent aux pays africains frères dans le domaine de l'enseignement et de la formation, rappelant que les universités tunisiennes accueillent un grand nombre d'étudiants africains dans les différentes spécialités, en plus de la contribution des compétences tunisiennes aux programmes de formation en Afrique, dans le cadre de la coopération établie entre la Tunisie et ces Etats, d'une part, et les instances régionales et internationales, d'autre part. Par ailleurs, le Premier ministre a indiqué que si l'éducation constitue un moyen idéal pour promouvoir les ressources humaines et les préparer à accéder aux connaissances et au savoir, la culture représente le fondement essentiel pour l'édification de la personnalité et de l'identité. C'est pour cette raison, a-t-il indiqué, que la Tunisie ne cesse d'accorder au secteur de la culture toute l'attention requise, soulignant que la culture devient, de nos jours, un facteur de rayonnement et un pilier du développement, grâce notamment aux industries culturelles et en particulier les industries du livre, du cinéma et de la musique. M. Mohamed Ghannouchi a fait observer que parmi les propositions devant être prises en considération dans ce domaine, figurent en particulier la nécessité d'inclure la culture parmi les secteurs stratégiques, et d'élaborer une stratégie concrète pour favoriser la complémentarité entre les pays africains, pour mieux faire connaître leur patrimoine culturel et développer leurs capacités créatrices, à travers l'intensification de la participation aux manifestations internationales et le renforcement du partenariat afin de promouvoir et de commercialiser la production culturelle africaine. Il a rappelé, dans ce contexte, que la Tunisie consacre plus de 1% du budget de l'Etat aux différents secteurs culturels, ce qui a permis de développer l'infrastructure de ce secteur et de l'intégrer dans le circuit économique. En conclusion, M. Mohamed Ghannouchi a formé l'espoir que la conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement africains parviendra à identifier les meilleurs voies et moyens de renforcer la coopération et la solidarité entre les pays africains dans tous les domaines et en particulier dans les secteurs de l'éducation, de l'enseignement et de la culture, afin de permettre aux pays africains de conforter leur aptitude à gagner les paris qui se posent et de favoriser leur intégration efficiente dans le processus des grandes mutations qui s'opèrent sur la scène mondiale.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com