L’UE épingle Washington : Une centaine de personnes enlevées en Europe par la CIA





Un rapport du Conseil de l'Europe a indiqué hier que plus d'une centaine de personnes ont été enlevées en Europe par la CIA ces dernières années pour être livrées dans des pays où elles ont été torturées, mais qu'il n'existe pas de "preuves irréfutables" de l'existence de prisons secrètes en Europe. Le Quotidien - Agences "Les livraisons intéressant l'Europe semblent concerner plus de cent personnes au cours de ces dernières années", relève un rapport intérimaire sur de possibles prisons secrètes de la CIA en Europe, rédigé par Dick Marty, un parlementaire du Conseil de l'Europe. Dans ce rapport, Marty note également que "des centaines de vols d'avions affrétés par la CIA sont passés par de nombreux pays européens", mais qu'à ce stade, "il n'y a pas de preuves formelles et irréfutables de l'existence de centres de détention secrets" de la CIA en Europe. Le document, qui intervient après un premier rapport intérimaire publié le 13 décembre, ne contient pas de révélations, mais précise les contours de l'enquête et le procédé des "livraisons". Elles consistent à enlever en Europe des personnes suspectes pour les emmener par avion vers un pays où elles seraient torturées. Se référant aux déclarations de fonctionnaires américains, le parlementaire suisse et ancien procureur déclare que "de nombreux indices, cohérents et convergents, permettent de conclure à l'existence d'un système de +délocalisation+ ou de +sous-traitance+ de la torture". Selon Marty "il est fort improbable" que les gouvernements européens, ou tout au moins leurs services de renseignements, n'aient pas été au courant de ces "livraisons". Evoquant l'enlèvement musclé en février 2003 à Milan par la CIA d'Abou Omar, soupçonné d'être un activiste islamiste, il s'étonne que Rome ait démenti avoir été informé. "La présence d'au moins 25 agents étrangers qui procédent à l'enlèvement d'une personne placée sous surveillance par les Italiens, aurait dû susciter une vive réaction", selon Marty. Il estime que cet enlèvement vers l'Egypte "illustre de façon exemplaire la procédure de +livraison extraordinaire+". Rome a depuis lancé des mandats d'arrêt contre plusieurs agents de la CIA. "L'Administration américaine semble partir du principe que les règles de l'Etat de droit et les droits de l'homme ne sont pas conciliables avec une lutte efficace contre le terrorisme", note encore le rapport qui souligne que la délocalisation de la détention "à Guantanamo et ailleurs" et les détentions clandestines "facilitent le recours à la torture et aux traitements dégradants". __________________ Plainte contre le gouvernement US Six musulmans arrêtés et déportés par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, ont été admis à revenir brièvement aux Etats-Unis pour déposer dans un procès intenté au gouvernement américain, pour traitements inhumains et abusifs, ont indiqué leurs avocats. Deux d'entre eux, deux frères égyptiens, Yasser et Hany Ibrahim ont déposé à New York devant des représentants du ministère de la justice et les avocats des personnalités poursuivies, notamment l'ancien ministre de la justice John Ashcroft et le directeur de la police fédérale (FBI) Robert Mueller. Les poursuites lancées contre des membres du gouvernement ont été lancées dans le cadre d'un procès en nom collectif concernant les traitements d'environ un millier d'immigrants musulmans arabes ou asiatiques, qui avaient été détenus après les attentats du 11 septembre et qui depuis ont été blanchis de tout soupçon de terrorisme. La plainte fait état de traitements dégradants, de mise au secret, de fouilles corporelles abusives, d'abus physiques par des gardes et de la privation de tout contact avec les familles et des avocats.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com