Alia Babbou n’est plus : Un ange au «Paradis des enfants»





Alia Babbou nous a quittés avant-hier, à l’âge de 82 ans. Après une vie très remplie. Hier dans l’après-midi, toute la famille artistique et culturelle a accompagné, dans la douleur, le cortège funèbre de feu Alia Babbou, de son domicile à La Soukra à sa dernière demeure au cimetière du Jellaz. La regrettée Alia Babbou ou «Saïda Alia» comme on aimait l’appeler, était cette première grande dame à marquer, des années durant, plus d’une génération. Alia Babbou qu’on a connue d’une rare élégance, était cette jeune demoiselle des années 1940 - 1950 qui aimait s’habiller et sobrement à l’européenne. C’est à la rue Mongi Slim, dans la capitale, qu’elle a fondé son propre atelier de couture où on confectionnait et sur mesure des robes et des tailleurs d’une haute qualité sans jamais sortir de la simplicité. A l’orée de l’Indépendance, Saïda Alia forte d’une bonne équipe, a fait à la radio nationale (récemment créée) son entrée et en beauté. La fameuse et seule émission à l’époque, destinée pour les jeunes, «Paradis des enfants» avait du succès près de dix ans, et sans jamais être interrompue. Tous les dimanches au matin, tous les enfants du pays avaient de quoi s’occuper et s’instruire. Ils se clouaient devant le petit poste-radio pour la bonne écoute. Et la productrice et animatrice, avec le réalisateur Hassen Khalsi, le regretté Mohamed Mouaddab ou «Baba Sombal», puis Am Rached de s’adresser aux petites filles et petits garçons avec tendresse et sagesse. Il y avait un peu de tout. On y trouvait de la bonne musique de la bonne animation, de l’instruction et on apprenait dans la spontanéité. On apprenait beaucoup. Car Madame savait comment parler aux enfants. Elle avait tout l’art de le faire. A l’époque, il y avait Ouannès Kraïem et Mahmoud Thameri (musique). Sans oublier Mekki Karboul qui s’est joint dans l’animation et à l’équipe avec un bol d’air juvénile. Dans les années 1960, Saïda Alia est passée au petit écran et a longtemps animé «L’univers des enfants». Son émission était portée par une autre facture: la compétitivité intellectuelle entre les jeunes. Et tenait en haleine des milliers de spectateurs jeunes et moins jeunes. Une fois à la retraite, il a été impossible à «Saïda Alia» de prendre congé et de se confiner chez elle et dans l’oubli. C’est ainsi qu’elle adhère dans des associations et organisations où elle était membre très active et sur qui on pouvait toujours compter. Madame avait aussi un autre hobby. Elle adorait voyager et bien se nourrir des civilisations et cultures des autres. Quand on lui donnait la parole sur un sujet quelconque, on sentait sa grande culture et ses connaissances sans limites. La doyenne de l’animation nous a certes quittés. Mais, elle nous a légué un livre, «Alia Babbou, itinéraire» paru en 2002 aux Editions Apollonia. C’est dans cet ouvrage sous une belle jaquette et d’un contenu consistant et écrit fluidement où Saïda Alia a tout noté de ses cinquante années d’activité ininterrompue, de sa vie privée, de femme et de mère et enfin de grand-mère. Ses petits-enfants ont pu profiter de sa présence, les trois dernières années de sa vie. Toujours lucide, aimable et surtout éducatrice. Sans craie ni crayon. Elle était toute une école. Avec le bon mot, le mot qu’il faut. Quand il faut et dit là où il faut, avec savoir et amour. Ses paroles continueront à résonner dans nos têtes. C’est pour cette raison que Saïda Alia demeure, inoubliable, dans nos cœurs et pour toujours. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com