Salem Bou Hajeb : Un témoin de son siècle





Beït Am-Hikma abritera ce vendredi, «La Journée du Cheïkh réformiste Salem Bou Hajeb». Au programme, des interventions et des débats autour d’une tranche de notre histoire. Creuser dans la vie de Salem Bou Hajeb, c’est fouiner dans le passé (tout récent) de notre Tunisie vieille de 3000 ans. Et le fait de consacrer à ce «monument» toute une journée veut dire quelque chose sur sa taille dans le Mouvement réformiste tunisien. Dans sa vie de près d’une dizaine de décennies (1827-1924), il y a une des pages les plus tumultueuses de notre histoire nationale. Bien sûr, il s’agit de toutes ces années fragiles ayant facilité l’entrée, et «confortablement», du colon français dans nos murs. Nous sommes au 19ème siècle et au début du 20ème. Le vieux continent se réveille, et en force, après avoir connu la révolution industrielle. Gourmand, il étend son empire au-delà des mers et océans pour grignoter des richesses des autres et profiter, et grandement, du chaos qui commence à frapper le grand empire de l’époque, celui des Ottmans. Où l’ascenseur du développement était à ces moments-là en panne et la politique connaissait la décadence d’une fin de règne. Les petites souverainetés dépendant à la dynastie turque, dans l’Egypte, l’Algérie, la Tunisie et ailleurs, étaient livrées à leur propre sort. Et toute la zone de plonger dans le macabre colonial qu’on connaît, et que les peuples ont payé de leur sang pour se libérer des griffes des Anglais ou autres Français. A cette époque, des militants se sont levés de par le monde et notamment chez nous pour combattre l’ennemi (ou les ennemis). Car, outre les colons, il y a l’ignorance qui rongeait de l’intérieur notre société, et c’est à combattre et violemment. Parmi ces hommes qui étaient au-devant de la scène, nous citons Salem Bouhajeb, un militant donc de premier rang, de la trempe de Chabbi et Haddad et autres venus plus tard, et qui méritent l’attention de nos contemporains. A chaque fois que l’occasion se présente, la Tunisie honore ses hommes, leur rend hommage et reconnaît le combat qu’ils ont mené. Même après tant d’années. Ils ne sont jamais oubliés. En collaboration avec l’association tunisienne des Etudes et Recherches sur le Patrimoine intellectuel et sous l’égide du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, l'Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, «Beït Al-Hikma», sise à Carthage Hannibal, organise «La Journée du Cheïkh réformiste Salem Bou Hajeb», 81 ans après sa mort. Chercheurs, poètes, essayistes, historiens et politiques seront au rendez-vous ce vendredi 27 janvier 2006, pour parler de l’homme éducateur, orateur éloquent, poète, juriste qui a milité au sein du mouvement réformiste tunisien et qui a côtoyé auparavant l’intelligentsia en Orient. Mais aussi en Occident où il a longuement résidé et surtout en Italie. Le débat portera aussi, en présence de Habib Bou Hajeb, membre de la famille de ce militant, sur les événement politiques d’une époque bien déterminée, qui a préparé le terrain pour le réveil national et dans tous les domaines qui touchent notre société et notre engagement politique et qui nous a conduit à l’émancipation totale. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com